Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz
Certaines dates font partie de l’histoire franco-ontarienne. Le 15 novembre 2018 en est une. Ce jour-là, le gouvernement provincial conservateur profite d’un énoncé économique pour annoncer l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), et la fin de l’indépendance du Commissariat aux services en français. L’onde de choc est à la mesure de la surprise.
Certaines dates font partie de l’histoire franco-ontarienne. Le 15 novembre 2018 en est une. Ce jour-là, le gouvernement provincial conservateur profite d’un énoncé économique pour annoncer l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), et la fin de l’indépendance du Commissariat aux services en français. L’onde de choc est à la mesure de la surprise.

Les leçons du « jeudi noir », deux ans après

ANALYSE / Certaines dates font partie de l’histoire franco-ontarienne. Le 15 novembre 2018 en est une. Ce jour-là, le gouvernement provincial conservateur profite d’un énoncé économique pour annoncer l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), et la fin de l’indépendance du Commissariat aux services en français. L’onde de choc est à la mesure de la surprise.

Ce dimanche, deux années se seront écoulées exactement depuis ce « jeudi noir ». L’inquiétude face à la pandémie tend à donner moins d’ampleur au souvenir de ce 15 novembre lequel avait déclenché une crise linguistique de deux semaines, la plus importante depuis celle de Montfort.

Confrontés à une économie en berne, des dizaines d’organismes francophones se battent aujourd’hui pour les joindre les deux bouts. Pour beaucoup, l’heure est plus à remettre le navire à flot qu’à la mobilisation générale.

Deux ans après, La Résistance — ce noyau de leaders franco-ontariens prêts à en découdre avec le gouvernement Ford — a pris une forme moins vindicative. Voilà la première leçon du « jeudi noir ».

D’une parce qu’un accord financier entre le gouvernement Ford et le fédéral a remis sur les rails le projet de l’UOF. Le bâtiment ouvrira ses portes en septembre 2021.

Par ailleurs, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), l’organisme-pilier de La Résistance, a mis de l’eau dans son vin.

Devant les très faibles garanties d’une victoire devant les tribunaux pour le retour à l’indépendance du Commissariat aux services en français, le président Carol Jolin et son équipe ont commencé une relation plus cordiale avec le bureau de la ministre aux Affaires francophones, Caroline Mulroney.

C’est sans doute le deuxième enseignement du « jeudi noir » : le gouvernement Ford par l’intermédiaire de Mme Mulroney, mais aussi de la députée Natalia Kusendova, fait désormais montre de prudence vis-à-vis des francophones. La crise linguistique de l’automne 2018 a laissé des séquelles politiques évidentes.

Preuves de ces avancées : fin septembre, le gouvernement a donné au drapeau franco-ontarien un statut d’emblème provincial, tout en mettant en place les accents et cédilles sur les permis de conduire, une revendication de longue date.

Sébastien Pierroz est rédacteur en chef et journaliste pour la production ONFR+ du Groupe Média TFO.