Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz

Les Acadiens nous montrent souvent la voie

CHRONIQUE / Le tricolore étoilé sera déployé aujourd’hui aux quatre coins de l’Acadie, malgré le contexte particulier de la pandémie. Plus que jamais, les 600 000 Franco-Ontariens doivent marcher main dans la main et revendiquer avec les « cousins » Acadiens.

Au cours des dernières années, des zones de convergence se sont dessinées entre les francophones des différentes provinces en contexte minoritaire. Des alliances forgées sur les vestiges du délitement d’une « société francophone » centré sur la Belle Province.

En dépit d’une démographie déclinante, des francophones formés dans les différentes institutions scolaires arrachés aux gouvernements provinciaux dans les années 80 et 90 ont développé un nouveau type de militantisme.

Réunis sous le couvert de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Franco-Ontariens et Acadiens — épaulés entre autres par les « Francos de l’Ouest » —, défendent avec une ardeur nouvelle des objectifs communs : une revitalisation de la Loi sur les langues officielles, une immigration francophone bonifiée, ou encore une enveloppe financière rehaussée pour les communautés.

Ces deux dernières années, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, qui représentent environ les trois quarts des francophones en contexte minoritaire, ont connu des inquiétudes parallèles.

Les progressistes-conservateurs qui ont pris le pouvoir dans les deux provinces avaient moins pour objectif de gouverner au centre comme le firent Bill Davis et Bernard Lord que d’assainir les finances publiques. Résultats en Ontario : la suppression de l’indépendance du Commissariat aux services en français, et celle provisoire du projet d’Université de l’Ontario français (UOF) lors du fameux « jeudi soir » de novembre 2018.

Les Acadiens du Nouveau-Brunswick n’ont pas connu d’attaques directes de la part du gouvernement de Blaine Higgs. Mais comme en Ontario, l’urgence de revitaliser la loi provinciale sur les services en français est aujourd’hui mise de côté.

Preuve que la sensibilisation et la résistance payent, les Acadiens de Nouvelle-Écosse ont célébré une victoire précieuse l’automne dernier, en obtenant du gouvernement provincial le retour des circonscriptions électorales francophones de Clare, Argyle et Richmond.

À l’image des mesures sanitaires pesant sur les rassemblements de ce soir, l’année 2020, exceptionnelle en raison de la pandémie, met sur la glace certains projets communs des francophones en contexte minoritaire.

Sébastien Pierroz est premier rédacteur et journaliste aux Affaires francophones pour ONFR+ du Groupe Média TFO.