Jean Johnson, président de la FCFA

Le style Johnson un an après son élection

CHRONIQUE / Techniquement, il est le porte-voix des francophones en milieu minoritaire. Jean Johnson n’est d’ailleurs pas de ceux qui aiment se taire. Il y a quelques semaines, il a célébré son premier anniversaire à la tête de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).

Jean Johnson n’avait pourtant pas reçu un blanc-seing de la part des organismes membres, le 10 juin 2017. Celui qui était alors président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) l’emportait par une seule voix sur la présidente sortante, Sylviane Lanthier. Un scénario qui était loin d’être prévisible.

Mais l’élection avait coïncidé avec la «saga Madeleine Meilleur». La décision de Justin Trudeau de nommer l’ancienne ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario comme commissaire aux langues officielles n’avait pas plu à tout le monde. La division des francophones sur la place publique, ajoutée aux hésitations de Mme Lanthier à prendre position, avaient déclenché une crise à la FCFA. Et c’est Jean Johnson, jamais avare de mots et de promesses, qui avait émergé du chaos.

Le Franco-Albertain avait fait campagne sur le rapprochement de la FCFA avec les élus fédéraux. Un an plus tard, le train est en marche Ce repositionnement politique des organismes porte-paroles est une tendance depuis plusieurs années. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a, par exemple, déjà commencé ce travail dès 2012 en multipliant les visites aux élus – peu importe la couleur politique – à Queen’s Park. Un exercice diplomatique intense, mais ô combien nécessaire.

À la différence de ses deux prédécesseurs, Marie-France Kenny et Sylviane Lanthier, Jean Johnson peut se targuer d’être là au bon moment. À cet égard, la première partie de l’année 2018 a été encourageante avec le dévoilement du Plan d’action pour les langues officielles et la promesse par Justin Trudeau d’une refonte de ladite loi.

Reste que les 500 millions $ supplémentaires obtenus dans ce Plan d’action sur cinq ans sont sensiblement moins que ce qu’avait demandé Jean Johnson, à savoir 575 millions $ juste pour les francophones.