La prise de pouvoir du controversé Doug Ford n’a pas tari l’attrait suscité par le Parti PC.

Le sentiment que tout est déjà joué

CHRONIQUE / Le déclenchement de la campagne électorale ontarienne n’est plus qu’une question d’heures. Les pancartes vont commencer à fleurir les parcs et bords des routes des 124 circonscriptions. Il s’en dégage pourtant l’impression que les jeux sont déjà faits. Que le Parti progressiste-conservateur va rafler toute la mise le 7 juin.

En trois mois, la formation politique a résisté aux tempêtes annoncées. La démission surprise de son chef, Patrick Brown, après des allégations d’inconduites sexuelles, la prise de pouvoir du controversé Doug Ford, et pour finir, le budget fort « généreux » des libéraux ; rien n’a tari l’attrait suscité par le Parti PC. Au contraire.

La semaine dernière, les libéraux ont sorti les gros canons pour dénoncer la volte-face de M. Ford dans le dossier de la Ceinture verte à Toronto, et se sont engagés à investir des millions de dollars... Rien ne semble y faire. Les sondages prédisent aujourd’hui un raz-de-marée bleu, et une défaite cuisante du Parti libéral. Il s’agirait d’un tournant politique majeur pour la province, dont le dernier changement de couleur remonte… à 2003. C’est un cas d’exception, puisque toutes les provinces ont connu une transition politique au cours des 15 dernières années.

Cette usure du pouvoir est à la base du désamour des libéraux, amplifié depuis 2014. Car le parti de Kathleen Wynne reste le même que celui qui avait obtenu la majorité à Queen’s Park, il y a quatre ans. Un parti résolument centriste, mais, dans la pratique, très interventionniste en économie. 

Le discours des progressistes-conservateurs, lui, n’a guère varié : moins d’impôts, plus de responsabilité financière. À cela s’ajoute cette fois l’antiélitisme affiché de Doug Ford, lequel répond parfaitement au sentiment de ras-le-bol. 

Prompt à taper sur les dépenses excessives du gouvernement, le chef du Parti PC est jusqu’à présent très discret sur ses économies. Il n’a pas dit non plus comment son parti financerait le manque à gagner de la taxe carbone. 

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