Sam Oosterhoff, 19 ans, a connu une entrée en matière houleuse à Queen's Park lorsque les journalistes l'ont interrogé sur ses opinions tranchées sur l'avortement et l'éducation sexuelle.

Le petit dernier et la doyenne

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Les derniers arrivés à Queen's Park ont l'habitude de faire parler d'eux. Glenn Thibeault, vainqueur de l'élection partielle de Sudbury en janvier 2015, voit son nom associé au pire scandale du gouvernement libéral sous Kathleen Wynne. Pour d'autres raisons, les assermentations cette semaine de Sam Oosterhoff et Nathalie Des Rosiers ne sont pas passez inaperçues.
Tout sépare pourtant le nouveau député de Niagara Ouest-Glanbrook et la successeure de Madeleine Meilleur dans Ottawa-Vanier. Le premier vient à peine d'obtenir son diplôme de l'école secondaire, la seconde occupait jusqu'à sa prise de fonction le poste de doyenne de la Section de common law de la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa.
Ils ont bénéficié d'un traitement de faveur différent de leur parti. Si c'est secret de polichinelle que le Parti libéral avait choisi Mme Des Rosiers comme sa candidate pour l'investiture dans Ottawa-Vanier, M. Oosterhoff n'a pas reçu le même adoubement du Parti progressiste-conservateur (PC de l'Ontario).
Du haut de ses 19 ans, le jeune homme a pourtant surpris. D'abord en écartant à l'investiture le président du parti et ancien député fédéral Rick Dykstra, puis en dominant très largement ses concurrents lors de la partielle du 17 novembre. Les 54 % obtenus sont même supérieurs aux résultats de l'ex-chef du PC, Tim Hudak.
Le hic, c'est que le chef progressiste-conservateur, Patrick Brown, se serait bien passé de cette victoire. La raison ? M. Oosterhoff n'est pas un « progressiste ». Opposé à l'avortement et au nouveau programme d'éducation sexuelle, le nouveau député se situe à l'extrême droite d'un parti écartelé entre plusieurs tendances. De quoi déclencher les surnoms de « Trump » à son encontre. S'il veut déloger les libéraux de Kathleen Wynne en 2018, M. Brown sait qu'il doit absolument porter son parti vers le centre de l'échiquier politique, et réprimander les plus récalcitrants, comme ceux de la frange des « Landowners ». En avril dernier, le député Jack MacLaren avait été dépouillé de toutes ses responsabilités parlementaires après des propos misogynes.