Le premier ministre ontarien, Doug Ford

Le moment de retourner ses cartes

CHRONIQUE / Rares sont les énoncés économiques du gouvernement qui avaient attiré autant les regards, les espoirs… mais aussi les craintes. Nul doute que l’annonce du ministre des Finances, Vic Fedeli, jeudi à Queen’s Park, sera le premier véritable rendez-vous du gouvernement Ford avec les citoyens.

L’énoncé économique de la province représente une sorte de mise à jour des comptes du gouvernement à mi-chemin entre les deux budgets déposés. On y parle un peu de projets, de lignes directrices dans l’économie, mais beaucoup de chiffres.

Depuis quelques semaines, Doug Ford aime se référer à ces fameux chiffres. La méthode de calcul pour déterminer le budget provincial diffère manifestement entre son équipe et le précédent gouvernement. Quand les premiers parlent d’un trou de 15 milliards $ dans les finances, les libéraux ne voyaient que 6,7 milliards de déficit au moment de quitter le pouvoir en juin dernier.

Au-delà de l’éternel débat de savoir qui a tort ou raison, le chef progressiste-conservateur pourrait être contraint de revenir sur sa promesse de campagne : aucun emploi coupé dans la fonction publique ontarienne.

En vérité, tout semble même cousu de fil blanc ces derniers temps. D’abord la découverte « surprise » par les progressistes-conservateurs d’un déficit plus élevé que prévu, puis les quolibets contre l’ancienne première ministre, Kathleen Wynne, « dépensière » et « menteuse ».

On a vu que ces derniers temps un gouvernement désireux à préparer l’opinion publique à de profonds sacrifices. « Le travail devant nous sera difficile », a encore répété Vic Fedeli, la semaine dernière. Au même moment, le président du Conseil du trésor, Peter Bethlenfalvy, promettait « un changement de culture », et la « transformation d’une machine ».

Qu’est-ce que cela signifie ? L’hypothèse la plus plausible serait de demander aux Ontariens de se serrer la ceinture. Traduction : moins d’argent pour les ministères. Une situation qui augurerait probablement des compressions, ou l’abandon de projets.

Reste à savoir si le coût à payer serait le même pour tous, ou si certains ministères seraient plus touchés. Avec la hausse des besoins pour les aînés, difficile par exemple de demander à celui de la Santé et des Soins de longue durée les mêmes sacrifices qu’aux autres.

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.