Le président sortant de l'AFO, Denis Vaillancourt

Le legs de Denis Vaillancourt

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Au fil des années, son visage était devenu familier dans tous les grands événements francophones. Son fameux « réflexe franco » implorant les Franco-Ontariens de demander les services dans leur langue, était devenu tout aussi incontournable. Dimanche, Denis Vaillancourt transmettra son flambeau de président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) à Carol Jolin.
Pendant six ans, M. Vaillancourt a arpenté sans relâche les quatre coins de l'Ontario pour donner une voix forte à l'AFO, et par conséquent aux 611 500 Franco-Ontariens. Et c'est là l'une des grandes réussites du président sortant : avoir donné à l'organisme francophone une réelle stabilité.
Car rien n'a été simple lors de la création de l'AFO en 2005, à la suite de la fusion de l'Assemblée des communautés franco-ontariennes (ACFO) et la Direction de l'Entente Canada-communauté Ontario (DECCO). Ébranlé par problèmes de gestion -- climat de travail tendu, roulement de personnel élevé, dépenses mal avisées --, l'organisme avait d'abord peiné pour s'imposer comme un joueur de poids chez les francophones.
Ancien sous-ministre adjoint au ministère de l'Éducation de l'Ontario, Denis Vaillancourt est de ceux qui pèsent chaque mot prononcé, et évitent les déclarations fracassantes. Une prudence rhétorique qui a pu agacer. C'est ici sous-estimer les effets positifs de cette politique de mains tendues vers plus de partenaires.
Épaulé par le directeur général Peter Hominuk qu'il a embauché en 2011, M. Vaillancourt a oeuvré dans les coulisses pour gommer l'étiquette très « libérale » de l'AFO. Une image plus inclusive qui a permis à l'organisme de solidifier ses liens avec le Nouveau Parti démocratique et de l'Ontario et d'avoir une oreille plus attentive du Parti progressiste-conservateur.