Le Droit: un combat à mener pour les Franco-Ontariens

CHRONIQUE / À force de le voir dans les dépanneurs ou étalé sur les tables des cafés, on avait fini par le croire éternel. Comme tout, le quotidien Le Droit, bien que centenaire, est condamné un jour à une fin.

La semaine dernière, la faillite de Groupe Capitales Médias (GCM) conjugué au plan de sauvetage de cinq millions de dollars in extremis du gouvernement québécois est venue brusquement nous rappeler la fragilité de nos médias. Sauf que Le Droit, seul quotidien franco-ontarien, et de surcroît fondé en 1913 pour contester le sinistre Règlement XVII, n’est pas qu’un simple média. Jusqu’au 31 décembre, le voilà en tout cas sous respirateur artificiel…

Ce faisant, la réaction de la plupart des leaders de la communauté franco-ontarienne n’a pas été à la hauteur de la crise. Certes, la menace pesant sur Le Droit ne déclenche pas un sentiment d’injustice comme peut le faire une décision gouvernementale. Ce fut le cas avec la crise de l’hôpital Montfort, et plus récemment avec la fin de l’indépendance du Commissariat aux services en français.

Les esprits chagrins se consoleront peut-être, en se disant que Radio-Canada est là, TFO, les journaux communautaires. C’est oublier que Le Droit, découlant de fonds privés, est pour beaucoup le média le plus capable d’incarner cette indépendance journalistique.

Pour toutes ces raisons, Le Droit représente une institution franco-ontarienne aussi précieuse et vitale que peut l’être le Commissariat aux services en français. Et son salut ne viendra que de la communauté.

Renouvellement des abonnements, prises de parole, interpellation des élus... autant d’outils capables de convaincre un éventuel acquéreur de la valeur du journal des deux côtés de la rivière des Outaouais. Le président de chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, intéressé par un rachat, serait au moins avisé de la dimension franco-ontarienne du quotidien. Mieux vaut prévenir que guérir…