«La baisse du nombre de ces ACFO - souvent l'acronyme pour les désigner les Associations canadiennes françaises de l'Ontario - n'est donc pas vertigineuse, mais inquiétante», analyse l'auteur.

Le difficile chemin des ACFO

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE  / La situation était devenue ingérable, voire irrespirable, ces derniers temps. L'ACFO de London-Sarnia a décidé, jeudi, de mettre les clefs sous la porte après 35 ans d'existence.
Un coup extrêmement dur sur fond de manque d'argent. Depuis quelques mois, l'organisme faisait face à une dette de plus de 300 000 $ auprès de l'Agence du revenu du Canada. Entre l'impossibilité d'obtenir de nouvelles subventions gouvernementales, la frustration des employés impayés, le destin de l'ACFO de London-Sarnia était dès lors scellé.
Mais les mésaventures pour cette communauté du sud-ouest de l'Ontario ne sont pas un cas isolé. En 2006, l'ACFO de Nipissing-Ouest, dédiée aux francophones dans la région de Timmins et Sturgeon Falls, fermait. Cinq ans plus tard, l'ACFO de Kirkland Lake dans le Nord connaissait le même sort. 
La baisse du nombre de ces ACFO - souvent l'acronyme pour les désigner les Associations canadiennes françaises de l'Ontario - n'est donc pas vertigineuse, mais inquiétante. Surtout que dans le même temps, aucune n'a vu le jour. Pour les plus mal en point, un second souffle reste difficile. C'est le cas de l'ACFO Cochrane et Iroquois Falls dont le plan de relance tarde à se concrétiser.
Considérées comme l'organisme porte-parole des francophones et francophiles, la quinzaine d'ACFO ont donc une véritable mission sur le terrain. Elles servent souvent de relais à l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), l'association-mère. 
À qui la faute ? Le premier réflexe serait de pointer du doigt le gouvernement fédéral, et l'argent de la Feuille de route pour les langues officielles gelé depuis quelques années. Conséquences pour les organismes souvent dépendants de l'argent de Patrimoine canadien : l'inflation rend la situation intenable. Avec la location des bureaux, les factures de téléphones, le salaire des employés, il faut bien souvent faire plus, avec moins...