En cas de victoire, Tim Hudak promettait d'administrer un véritable remède de cheval à l'économie de l'Ontario afin de juguler le déficit de la province, qui frise encore les 12,5 milliards.

Le départ de « l'ami des francophones »

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Depuis vendredi, le siège de député de Tim Hudak est vacant. L'élu de Niagara West-Glanbrook a quitté la vie politique sur la pointe des pieds. Car c'est sans doute il y a deux ans que l'ancien leader du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario est mort politiquement.
Pour Tim Hudak, il y aura toujours un avant et un après le 12 juin 2014, date des élections provinciales en Ontario perdues par son parti. Avant, ce titulaire d'une maîtrise en économie affichait un parcours presque parfait : député à 27 ans, étoile montante du gouvernement de Mike Harris, chef de son parti à 41 ans en 2009... qu'il a finalement mené à deux défaites, en 2011 et 2014.
Réélu malgré tout dans sa circonscription lors de la dernière élection, il n'était devenu que l'ombre de lui-même, officieusement réduit par son parti au mutisme sur les bancs de Queen's Park.
La soudaine chute de Tim Hudak est à l'image de lui-même : difficile à comprendre. L'ex-chef du Parti PC reste l'une des figures les plus complexes de la politique ontarienne contemporaine.
M. Hudak n'est pas à un paradoxe près. Tout d'abord, un homme que d'aucuns décrivent comme chaleureux et sympathique, mais manifestement incapable de matérialiser ce capital sympathie lors des deux campagnes électorales. Ensuite, on peut s'interroger d'avoir vu cette économiste de formation flirter avec des messages vides de substance au niveau de la création d'emplois, et dénoncés même dans son propre camp.