Sébastien Pierroz
Lors de ses conférences de presse pour faire le point sur la COVID-19 en Ontario, le premier ministre Doug Ford s'exprime uniquement en anglais.
Lors de ses conférences de presse pour faire le point sur la COVID-19 en Ontario, le premier ministre Doug Ford s'exprime uniquement en anglais.

Le Canada tousse, le bilinguisme aussi

CHRONIQUE / Sur les bords de l’Atlantique, Charlottetown, 36 000 résidents, est une ville calme. Chaque jour, la médecin hygiéniste en chef, la Dre Heather Morrison, y dirige la conférence de presse sur l’état des lieux de la COVID-19 dans cette province jusqu’alors largement épargnée (25 cas). Des réponses données en anglais… mais aussi en français.

Avec un peu plus de 5 000 Acadiens, l’Île-du-Prince-Édouard ne possède pas l’historique francophone de l’Ontario. À Toronto, le français n’est pourtant guère mis de l’avant depuis le début du confinement dû à la pandémie de COVID-19.

L’Ontario est unilingue anglophone, le Québec officiellement la seule province francophone au Canada. La première province compte un peu plus de 600 000 résidents dont la première langue est celle de la minorité, la seconde, un million. Au Québec, les conférences quotidiennes sur la pandémie de COVID-19 sont bilingues. En Ontario, le premier ministre Doug Ford et le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario s’expriment exclusivement en anglais.

Tout n’est pas noir. Depuis quelques jours, la province fait même quelques efforts. Tout d’abord avec la présence parfois d’un ministre capable de répondre en français. Caroline Mulroney, de son côté, offre quotidiennement des capsules vidéos francophones.

Mais en même temps, les couacs se multiplient. Mercredi dernier, la province lançait un portail de recrutement de bénévoles… uniquement en anglais.

Deux jours plus tard, lors de sa conférence de presse quotidienne, Doug Ford était incapable de répondre à une question en français. Le Nouveau-Brunswick a pris un cran d’avance sur l’Ontario, puisque le premier ministre provincial, lui aussi unilingue, fait maintenant appel à la traduction simultanée lorsqu’une question lui est posée dans la langue de Molière.

On ose à peine imaginer le tollé si le million d’anglophones du Québec n’avaient pas accès à ces traductions essentielles destinées à se prémunir contre l’épidémie et sauver des vies. Et avec raison.

Pour lire la chronique de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'ONfr+.