La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde

L'ambitieux projet de l'Ontario dans l'OIF

CHRONIQUE / Arrivée sur la pointe des pieds au gouvernement, Marie-France Lalonde peut se targuer d'avoir déjà deux réalisations majeures sous son mandat de ministre des Affaires francophones : l'autonomie de ce même ministère et l'adhésion à l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Dans le second cas, le flou demeure toujours.
L'annonce de l'adhésion le 26 novembre 2016 a pourtant concrétisé un long parcours du combattant. Le résultat de plusieurs années de demandes pour adhérer à l'institution dirigée par Michaëlle Jean. 
Neuf mois après, certains restent encore sur leur faim. En déplacement à Ottawa en juin dernier, Mme Jean avait annoncé une première retombée : une entente de coopération entre l'Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) et le Réseau de développement économique et de l'employabilité de l'Ontario (RDÉE-Ontario). C'est encore trop peu au regard du poids international de l'organisme. 
Pour le reste, la nomination du « sherpa » censé représenter l'Ontario n'a pas été faite. La province manque donc toujours une voix officielle à la table de l'OIF.
Franco-Ontarienne d'adoption, Mme Jean a exprimé son souhait de voir l'Ontario rejoindre l'institution en tant que membre à part entière. Une position aussi occupée par le Québec et le Nouveau-Brunswick. Il faut dire que le statut des membres observateurs - soit un quart des adhérents à l'OIF - est pour le moins limitatif. L'Ontario n'a pas le droit d'intervenir dans les grandes réunions de l'institution, ne peut pas présenter de candidats aux postes à pourvoir, et n'est pas autorisé à faire partie des séances à huis clos.
Le souhait de Mme Jean n'est pas si facile à mettre en pratique. Si ce « statut de plein droit » a bien été mentionné par la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, dans sa lettre d'adhésion envoyée à son homologue fédéral, Justin Trudeau, il y a quand même quelques obstacles pour l'obtenir. 
Le premier, c'est qu'à la différence du statut d'observateur, la « membriété à part entière » n'est pas gratuite...