Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin

L’AFO veut plus de sous

CHRONIQUE / Mieux partager la part du gâteau cédé aux organismes francophones. L’objectif de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) n’est pas nouveau. Sauf que le président, Carol Jolin, a maintenant un chiffre. Que 30 % de cette part du fédéral aille directement en Ontario.

Chiffres à l’appui de Patrimoine canadien, l’AFO cite un argument de taille. Les francophones de la province n’ont obtenu sur l’année financière 2015-2016 que 23 % des investissements du ministère. Un chiffre qui serait bien trop faible pour une province qui représente plus de 50 % des francophones en contexte minoritaire.

Les calculatrices de l’AFO sont même formelles. Un Franco-Ontarien recevrait même moins de 4 $ par tête sur la même période, contre quasiment 600 $ pour les francophones des autres régions du Canada, en excluant le Québec.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario veut profiter du dévoilement du Plan d’action pour les langues officielles, dans quelques semaines, pour réajuster le chiffre. Le calcul est simple : il ne s’agit pas de prendre l’argent des autres provinces, mais plutôt profiter de l’éventuelle augmentation pour mieux répartir.

Les 1,1 milliard $ du Plan d’action, autrefois appelé Feuille de route, ne sont bien sûr pas les seuls deniers des investissements de Patrimoine canadien. Mais ils constituent la plus grosse partie des sommes de ce ministère pour les communautés francophones de Saint-Boniface, Moncton ou encore Sudbury.

Pourquoi donc une telle sortie ? Il y a fort à parier que derrière les portes closes la démarche de l’AFO doit faire grincer les dents des autres organismes provinciaux. En réalité, Carol Jolin sait qu’il a les coudées franches pour agir de la sorte. Outre les chiffres éloquents, le président a plutôt une bonne oreille de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

L’AFO a aussi peu à craindre d’une réaction publiquement hostile de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA). D’une, l’AFO reste le plus gros joueur de l’organisme porte-parole des francophones en milieu minoritaire. Secondo, on ne peut aller contre la vertu en exigeant une hausse de la Feuille de route sur les langues officielles, et une meilleure répartition.


Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.