La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne

Kathleen Wynne en terrain miné

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Lors de la fin de session parlementaire en décembre, Kathleen Wynne et le gouvernement libéral avaient probablement poussé un soupir de soulagement. En quatre ans à la tête de la province, la première ministre Wynne n'avait jamais vu les flèches voler autant à son endroit pendant les quelques mois que représentent une session.
Les eaux calmes actuellement traversées par son gouvernement ne sont qu'une illusion. Dès le retour à l'Assemblée législative, mardi, les accusations portées avec le Sudburygate et la hausse des factures d'électricité viendront de nouveau nourrir les critiques de l'opposition.
Discrets depuis deux mois, le chef du Parti progressiste-conservateur, Patrick Brown et la leader néo-démocrate Andrea Horwath fourbissent leurs armes contre un gouvernement toujours à la traîne dans les sondages.
En affirmant vendredi en conférence de presse que Mme Wynne ne « savait pas ce qui se passait dans la vie des Ontariens », Mme Horwath relaye un sentiment généralisé depuis quelque temps. D'autant que certains reprochent à la première ministre son manque de déplacements à Ottawa ou dans le Nord.
Solutions contestées
La volonté et le sens tactique de Mme Wynne devront être immenses jusqu'à la fin de session, si elle veut déjouer les pièges. Le terrain est ici miné, puisque les solutions apportées par la chef du Parti libéral sont contestées.
Tout d'abord au niveau du budget. Cette semaine, la vérificatrice générale a encore fait part de ses inquiétudes. Bonnie Lysyk doute de la nécessité d'utiliser 10,7 milliards $ des fonds de retraite comme un actif de l'État afin d'équilibrer les finances de la province. Un souhait ici des libéraux, pourtant validé par un groupe d'experts indépendants.