Indicateurs négatifs pour les Franco-Ontariens

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / On en sait maintenant un peu plus sur le visage démographique de l'Ontario. Certes, il faudra attendre le mois d'août pour que les données comprennent la lentille des langues officielles, et même octobre, pour les chiffres de l'immigration. Deux critères qui permettront de dresser un portrait exhaustif de la communauté franco-ontarienne.
Mais les premiers indicateurs du recensement de 2016 publiés mercredi ne sont pas forcément une bonne nouvelle pour les Franco-Ontariens.
Si les chiffres ne font état que de l'évolution de la population et des logements, cette première lecture ne va pas dans les sens des 542 000 Franco-Ontariens qu'avait identifiés Statistique Canada en 2011.
Premier indice : beaucoup de villes en proie à une décroissance de la population sont avant tout des places où vivent les francophones. C'est surtout vrai dans le nord avec Timmins (- 3,2 %) ou encore North Bay (-2,6 %). Avec une croissance de 0,8 %, le Grand Sudbury fait aussi pâle figure. Bien loin en tout cas de la moyenne de 4,6 % affichée par l'Ontario.
Ça baisse...
Un rapide coup d'oeil vers les municipalités où les Franco-Ontariens sont encore majoritaires n'est guère rassurant. À Hearst, la population a légèrement baissé (- 0,4 %), tout comme à Hawkesbury dans l'Est ontarien (- 1,3 %). Plus inquiétant, Casselman, dont la croissance était jusqu'à maintenant à deux chiffres, commence à se vider (- 2,2 %).
Deuxième élément peu avantageux pour les Franco-Ontariens : le phénomène d'étalement urbain qui s'est accentué par rapport au recensement en 2011. Concrètement, la population est plus dispersée, et loin des centre-villes.
La croissance de population est désormais plus faible dans la grande région métropolitaine de Toronto qu'elle ne l'était auparavant. En contrepartie, les Ontariens sont de plus en plus nombreux à venir s'établir à Guelph, Oshawa, ou encore Kitchener-Cambridge-Waterloo. À une heure de route environ du centre-ville de Toronto...