Sébastien Pierroz

Immigration francophone: une lueur d’espoir

CHRONIQUE / Il est rare que les chiffres démographiques sur l’Ontario français ne soient pas révélateurs d’un déclin. À défaut de verser dans le jovialisme, on peut aujourd’hui se satisfaire d’un point : les résidents permanents francophones ont augmenté de 55 % dans la province entre 2018 et 2019.

D’après les chiffres obtenus par ONFR+ de la part d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), quelque 5245 résidents permanents « d’expression française » ont choisi l’Ontario en 2019. La province comptant sur cette même période un peu plus de 150 000 nouveaux arrivants, le calcul nous indique donc une proportion de 3,4 % d’immigration francophone… contre 2,15 % pour 2018.

Ces chiffres reflètent une tendance pour les communautés en contexte minoritaire. En 2019, l’immigration francophone a augmenté pour les neuf provinces et trois territoires « hors Québec », avec une proportion de 2,82 %. Jusqu’à maintenant, la courbe ne dépassait pas les 2 %.

Inutile cependant de sortir le champagne. L’Ontario est encore loin de sa cible de 5 % fixée en 2012, tandis que le gouvernement fédéral vient seulement de franchir la moitié du chemin, son objectif initial se situant à 4,4 % d’immigration francophone.

Deux raisons majeures expliquent cette soudaine hausse. La première, c’est la réussite du programme Entrée express. L’initiative lancée en 2015 par le gouvernement fédéral pour accélérer les démarches d’immigration d’un nouvel arrivant porte ses fruits. En 2019, la moitié des résidents permanents francophones acceptés en dehors du Québec avaient utilisé ce programme.

Le gouvernement provincial reste dépendant des choix d’Ottawa. Par l’intermédiaire du Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI), l’Ontario ne peut choisir qu’entre 6 et 8 % de ses nouveaux arrivants. Une misère.

Le changement subtil de définition d’un immigrant francophone par Statistique Canada au moment des calculs a aussi offert une perspective plus large. Dorénavant, l’agence fédérale n’utilise plus seulement la première langue officielle parlée comme unité de mesure, mais plutôt la « connaissance du français », avec certaines conditions toutefois.

Autant d’éléments démontrant que le problème structurel d’une immigration francophone en panne est loin d’être résolu.

L’auteur est rédacteur en chef et journaliste pour la production ONFR+ du Groupe Média TFO.