Marie-France Kenny

Immigration francophone ou désillusion

CHRONIQUE - Collaboration spéciale / L'ancienne présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne, Marie-France Kenny, avait une formule bien à elle pour décrire l'urgence d'agir sur le dossier de l'immigration francophone : « il est minuit moins une. » Force est de constater que l'Ontario n'a pas la même notion du temps.
Un an et demi après avoir dévoilé une cible ambitieuse de 5 % d'immigrants francophones, le gouvernement de Kathleen Wynne n'a toujours pas livré les outils pour atteindre son objectif. Le comité d'experts mandaté pour trouver des solutions n'a pas encore livré son rapport. Fâcheux.
Comme sur beaucoup d'enjeux, la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, veut avant tout rassurer.
De tous les dossiers franco-ontariens, l'immigration est pourtant le plus urgent de tous. D'une, parce que le rouleau compresseur de l'assimilation continue de faire des ravages. Les francophones de l'Ontario sont certes 611 500, soit une proportion de 4,4 % dans la province, mais en valeur relative, il faut parler d'un recul.