Doug Ford a marqué l'histoire des franco-ontariens le 15 novembre en prenant une décision qui rappelle un peu la crise de Montfort.

Ford et les francophones: une rupture d’entrée

CHRONIQUE / Le terme « historique » est peut-être l’un des plus galvaudés de la langue française. Il ne faut pourtant pas en sous-estimer l’emploi après les annonces du gouvernement ontarien, la semaine dernière. La journée du 15 novembre 2018 est entrée dans l’histoire franco-ontarienne.

En annulant le projet de l’Université de l’Ontario français, mais surtout en supprimant le poste du commissaire aux services en français, François Boileau, le premier ministre ontarien a frappé fort. Trop fort. La neutralité bienveillante des militants franco-ontariens envers Doug Ford est maintenant terminée. À l’image de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et son slogan « Résistance », la guerre est maintenant déclarée.

Il y a véritablement des airs de la crise de Montfort en 1997 qui flottent depuis quelques jours. C’est en tout cas la première rupture ouverte entre le gouvernement de l’Ontario et les Franco-Ontariens depuis cette époque.

Difficile encore à dire si le premier ministre avait prémédité son coup, ou s’il n’a pas tenu compte de la fameuse « lentille francophone ». Deux choses certaines désormais : d’une, l’aîné de la Ford Nation considère bel et bien les francophones comme une minorité parmi d’autres.

Surtout, Doug Ford a ruiné quatre années d’efforts de certains progressistes-conservateurs pour renouer avec un électorat franco-ontarien jusque-là méfiant. Patrick Brown, l’ancien chef du parti ou encore Roxanne Villeneuve-Robertson, sa conseillère aux Affaires francophones, incarnaient cette nouvelle génération plus ouverte, moins unilingue et « Toronto-centriste ».

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.