Beaucoup de francophones sont inquiets à l'idée de voir Doug Ford remporté les prochaines élections provinciales ontariennes.

Entre méfiance et attente

CHRONIQUE / Depuis plusieurs semaines, il est celui dont les moindres prises de parole et déplacements sont épiés. Direct et sans fard, Doug Ford attire autant qu’il repousse. Derrière les portes closes, beaucoup de francophones s’inquiètent.

Car s’il reste le grand favori des élections du 7 juin, le chef du Parti progressiste-conservateur n’est pas très branché francophonie. Il ne parle pas français, et a contribué au retour d’un site web de son parti dans sa version unilingue.

De plus, il n’a pas livré ses communications dans les deux langues officielles lors de son lancement de campagne, comme il s’y était engagé.

Les autres arguments sont plus de l’ordre de l’interprétation. Pour certains, Doug Ford serait un nouveau Mike Harris, capable, par des coupes budgétaires inconsidérées, de mettre en péril la francophonie, quitte à déclencher une crise digne de celle de Montfort. Doug Ford, enfin, ne pourrait pas différencier les Franco-Ontariens des Québécois, ne saurait même pas que le français reste, en 2018, la deuxième langue de la province.

Où est la vérité ? M. Ford se situe même dans la longue tradition des chefs unilingues du Parti PC, où Patrick Brown faisait figure d’exception.

L’aîné de la « Ford Nation » considère simplement le français comme une langue parmi d’autres. L’embauche dans son équipe de la francophone Cozette Giannini, à titre de directrice des relations communautaires et des relations avec les parties prenantes, en est l’exemple. Il s’agit d’une petite subtilité avec le poste de conseiller aux Affaires francophones qu’avait créé M. Brown.  Malgré les craintes et l’exaspération qu’il suscite chez bon nombre de francophones, Doug Ford possède tout de même bon nombre de partisans. Qu’on se le dise, une bonne partie des 622 000 Franco-Ontariens ne sont pas des défenseurs de leur langue. Pour eux, leurs factures passent bien avant l’Université de l’Ontario français ou la revitalisation de la Loi 8. 

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.