Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz
Depuis sa création en 1975, l’emblématique drapeau franco-ontarien a franchi plusieurs jalons.
Depuis sa création en 1975, l’emblématique drapeau franco-ontarien a franchi plusieurs jalons.

Drapeau franco-ontarien: une avancée, en attendant mieux

CHRONIQUE / Les années passent, et le drapeau franco-ontarien s’impose. Depuis sa création en 1975, l’emblème vert et blanc des plus de 600 000 francophones de l’Ontario franchit des jalons. Après sa reconnaissance comme symbole de la communauté francophone en 2001, il deviendra dans quelques jours un emblème de la province.

Il faudra patienter jusqu’à jeudi, la veille de la Journée des Franco-Ontariens. Le projet de loi 182 de la députée conservatrice Natalia Kusendova sera alors voté en troisième lecture, reconnaissant le drapeau comme un symbole, le tout par une modification de la loi de 2001.

Concrètement : le drapeau franco-ontarien fera partie des huit symboles de l’Ontario aux côtés du drapeau provincial, du trille blanc, du tartan, du huard, du pin blanc, de l’améthyste, et des armoiries.

Une avancée est une avancée, et les Franco-Ontariens sortent gagnants.

Tout aussi importante que la reconnaissance de 2001, celle-ci passe davantage inaperçue. Il faut dire que le premier dépôt du projet de loi le 12 mars correspondait… à l’annonce de la fermeture des écoles en raison de la pandémie. Un mauvais « timing » du calendrier auquel s’ajoutait la faible notoriété de Natalia Kusendova dans les cercles franco-ontariens. Il y a 19 ans, l’instigateur de la reconnaissance du drapeau, Jean-Marc Lalonde, bénéficiait d’une certaine aura.

Natalia Kusendova a fait son apparition à Queen’s Park en 2018, en remportant l’élection dans Mississauga-Centre. Née en Slovaquie, infirmière, la candidate comptait sur son élection pour mettre fin à la « médecine de couloirs ». S’exprimant bien en français, et avenante, Mme Kusendova est parfois pressentie pour succéder à Caroline Mulroney, si cette dernière venait, un jour, à quitter le ministère des Affaires francophones.

Reste que cette reconnaissance du drapeau revêt une dimension symbolique, en aucun cas politique ou légale. Il serait toutefois hasardeux de blâmer les conservateurs pour l’utilisation des symboles.

Au crépuscule de leurs 15 années de pouvoir, les libéraux version Kathleen Wynne ont trop souvent eu recours aux symboles, furent-ils honorables. En 2016, Kathleen Wynne s’excusait pour le Règlement XVII, avant d’annoncer un monument pour la francophonie à Queen’s Park, et de reconnaître Notre Place comme l’hymne officiel des Franco-Ontariens. Autant de gestes qui avaient inspiré une chronique à Denis Gratton : « Les bonbons de tante Kathleen ».

Sébastien Pierroz est rédacteur en chef et journaliste pour la production ONFR+ du Groupe Média TFO.