Doug ford, premier ministre ontarien

Doug Ford à toute vitesse à Queen’s Park

CHRONIQUE / Rarement un gouvernement élu n’a voulu donner l’impression d’agir aussi vite. Le premier ministre, Doug Ford, et son équipe ont mené tambour-battant les cinq semaines de la « session d’été » à Queen’s Park. Au nom du slogan « promesses faites, promesses tenues », le nouveau gouvernement a depuis mi-juillet mis en place ses promesses électorales.

Retrait du marché carbone, abolition du programme d’éducation sexuelle, ou encore la bière à un dollar, M. Ford a fait vite. Quitte à surprendre ses opposants et les observateurs politiques.

Dès son élection le 7 juin, le chef progressiste-conservateur a voulu montrer qu’il était un homme d’action et de parole. Objectif : mettre en scène la rupture avec ses prédécesseurs libéraux soi-disant mous et si éloignés de leurs électeurs. Force est d’admettre que sur la forme, M. Ford a réussi ses débuts. 

Mais sur le fond, le premier bilan des débats à Queen’s Park est plus contrasté. Parmi les bons coups, citons quand même la fin du monopole de la Régie des alcools de l’Ontario sur la vente de cannabis. L’idée que cette vente soit confiée au secteur privé a été saluée par beaucoup comme une décision équilibrée, le tout dans la lignée de ce qui est déjà fait pour la cigarette, et dans certaines régions, pour l’alcool et la bière. Logique donc.

Mais d’autres secteurs sont d’ores et déjà sacrifiés pour permettre des « efficacités » économiques. C’est le cas de l’environnement avec le retrait du marché du carbone et la volonté de mettre fin à la taxe sur le carbone. Dans son style anti-élitiste, M. Ford entend ainsi lutter contre le fardeau fiscal. Sauf que le retrait des termes « Changements climatiques » du titre de ministre de l’Environnement et l’annulation des subventions pour les autos électriques prouvent que le gouvernement n’est pas très vert.

Plus inquiétant : l’adoption d’une loi réduisant le conseil municipal de Toronto de 47 à 25 élus. Ce régime minceur permettra d’économiser 25 millions de dollars pour le gouvernement. Reste que les élus torontois n’ont pas le don d’ubiquité. Et que la proximité avec les électeurs, semble-t-il si chère à Doug Ford, s’en trouve malmenée.

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.