Guy Caron, Charlie Angus, Jagmeet Singh and Niki Ashton via transmission satellite lors du dernier débat de la course à la direction du NPD tenu le 10 septembre dernier.

Deux NPD en mode séduction

CHRONIQUE / Les destins sont différents pour le Nouveau Parti démocratique selon les provinces. Si le « parti orange » est dorénavant au pouvoir en Alberta et en Colombie-Britannique, ses chances sont en revanche limitées en Ontario, après les élections provinciales de juin 2018.
En poste depuis 2009, la chef du NPD de l'Ontario, Andrea Horwath, a pourtant connu deux défaites électorales. C'est une de plus que Thomas Mulcair, qui termine son mandat de chef sortant du NPD fédéral.
Un paradoxe quand on sait que le député fédéral d'Outremont avait débuté la campagne électorale de 2015 largement en tête des sondages. Un privilège dont Mme Horwath n'a jamais bénéficié. Mais les tergiversations du parti sur le niqab lui ôtèrent en grande partie le soutien du Québec. Une sortie de « vague orange » à l'envers, quatre ans après.
Comment expliquer dès lors cette mansuétude des militants envers Andrea Horwath, alors que M. Mulcair a reçu un vote de défiance quelques mois après les élections ? De manière numérique, le NPD à Queen's Park compte 20 députés, contre 44 à la Chambre des communes.
Au sein de son caucus, Mme Horwath a subi des contestations plus feutrées. La vieille garde constituée de Gilles Bisson et France Gélinas n'a pas fait état de ses ambitions. Le plus charismatique d'entre eux, Jagmeet Singh, a quant à lui décidé de viser la tête du NPD... au niveau fédéral.
Une impression s'en dégage : si les militants provinciaux ont conservé Mme Horwath au terme du congrès de novembre 2014, faute de meilleur choix, leurs homologues fédéraux ont eu la main leste avec Thomas Mulcair. Dans les deux cas, le mécontentement vis-à-vis du chef était bien présent.