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Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz
Il y avait cette semaine, dans la francophonie ontarienne, des relents des crises de l’Hôpital Montfort et celle de l’automne 2018. En supprimant 69 programmes dont 28 en français, l’Université Laurentienne s’est attiré les foudres des Franco-Ontariens.
Il y avait cette semaine, dans la francophonie ontarienne, des relents des crises de l’Hôpital Montfort et celle de l’automne 2018. En supprimant 69 programmes dont 28 en français, l’Université Laurentienne s’est attiré les foudres des Franco-Ontariens.

Des jours meilleurs pour les francophones ?

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ANALYSE / Il y avait cette semaine, dans la francophonie ontarienne, des relents des crises de l’Hôpital Montfort et celle de l’automne 2018. En supprimant 69 programmes dont 28 en français, l’Université Laurentienne s’est attiré les foudres des Franco-Ontariens.

La «mort» du bilinguisme à La Laurentienne pour l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, «un bain de sang» pour la politologue Stéphanie Chouinard, ou encore les accusations de «honte» exprimées sans fioritures pour la centaine de professeurs congédiés, rarement le ton n’aura été si acrimonieux.

Les réactions sont à la hauteur d’un choc aux conséquences triples pour la région de Sudbury et le Nord de l’Ontario.

Humaines, tout d’abord. L’Université Laurentienne mettra plusieurs années à rebâtir la confiance avec son corps enseignant, et pour attirer de futurs étudiants. Certes, l’institution avait entamé une restructuration sous supervision judiciaire en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Beaucoup s’attendaient à des coupes, mais pas à une telle faucheuse.

Pour ce qui l’en reste de la deuxième université bilingue de l’Ontario, les conséquences pour la région sont économiques. Pendant des années, l’Université de l’Ontario a formé des milliers de professionnels. Une main-d’œuvre souvent bilingue et ô combien précieuse pour la région en proie à une pénurie de travailleurs et un déclin démographique.

La suppression du programme de sage-femme, le seul bilingue au Canada, aura un impact certain à long terme.

Enfin, impossible de passer sous silence le coup de semonce porté à la francophonie. Berceau des éditions Prise de parole, de CANO, ou du Théâtre du Nouvel-Ontario, La Laurentienne coupe la voix à des leaders d’opinion francophones importants. Depuis lundi, les professeurs Aurélie Lacassagne, Serge Miville, et Nadia Verrelli sont sans emploi.

Dans le tombereau de réactions suscitées par les annonces, une éclaircie est tout de même apparue. Ce jeudi, l’Université de Hearst s’est déclarée autonome. Jusqu’ici affiliée à La Laurentienne, l’institution recevait de l’argent du gouvernement, mais sans pouvoir décerner ses propres diplômes. Ce projet d’autonomie était sur les rails depuis plusieurs mois… se concluant à un moment clé de l’histoire de l’éducation postsecondaire de langue française en Ontario.

Sébastien Pierroz est rédacteur en chef et journaliste pour la production ONFR+ du Groupe Média TFO.