En novembre 2017, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen disait vouloir dépasser la cible du 4,4% en matière d'immigration francophone.

Des cibles réalistes ?

CHRONIQUE / «Nous souhaitons dépasser les cibles » : le 1er novembre 2017, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, annonçait la couleur en matière d’immigration francophone. Manifestement peu ou mal informé de l’incapacité de son gouvernement à atteindre le fameux 4,4 %, le ministre plein d’optimisme voulait faire encore mieux.

Sur le dossier de l’immigration francophone, le volontarisme politique ne suffit malheureusement pas. En Ontario, la cible de 5 % fixée en 2012 reste un doux mirage. Avec une proportion de 2,15 % de résidents permanents admis en 2018 d’après les chiffres obtenus par ONfr+, on ne peut pas dire franchement que tout va bien. D’autant qu’en 2017, on parlait alors d’un chiffre un peu plus élevé de 2,36 %.

Il existe pourtant différentes lectures de ces données. Pour certains, ce 2,15 % ne refléterait pas une réalité de l’immigration beaucoup plus large. Centrer l’approche sur les résidents permanents, c’est oublier par exemple les personnes avec permis de travail, et surtout les migrations provinciales, comprendre ceux entrés par le Québec qui choisissent au bout de quelques mois ou plusieurs années, de tenter leur chance en Ontario. Il y a du vrai là-dedans…

Pour d’autres moins optimistes, les chiffres ne tiendraient pas compte de l’assimilation. Un francophone atterrissant à Ottawa, ou à Toronto, aurait de grandes chances de se retrouver immédiatement noyé dans la marée anglophone.

La vérité, c’est que l’immigration francophone en Ontario ne bénéficie d’aucun dynamiteur. Il y a bien eu le lancement du programme fédéral Entrée express, puis Destination Ontario au Maroc et en Algérie, l’adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), autant de leviers disait-on pour donner un souffle à l’immigration francophone. Force est d’admettre que les résultats sont bien minces.

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.