Le premier ministre ontarien, Doug Ford

Clause dérogatoire : un impact politique limité

CHRONIQUE / Il y a des images qui resteront pour longtemps : Doug Ford défendant bec et ongle sa clause dérogatoire, Andrea Horwath expulsée de la Chambre pointant du doigt les élus progressistes-conservateurs, ou encore des citoyens menottés. La semaine dernière, un climat de chaos flottait à Queen’s Park.

La raison ? La volonté du premier ministre de recourir à la fameuse clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés dans le dossier de la réduction du conseil municipal de Toronto. Une réaction à la suite de la décision de la Cour supérieure de l’Ontario, quelques jours avant, d’invalider son projet. Il n’en fallait pas plus pour enflammer les débats à l’Assemblée législative. 

Mais que risque politiquement Doug Ford avec cette démonstration de force ? Car la loi 31 en passe d’être votée, qui ramène le nombre de conseillers municipaux torontois de 47 à 25, a suscité bon nombre d’oppositions. Même l’ancien premier ministre de l’Ontario, Bill Davis, et Justin Trudeau – de manière plus indirecte – ont rappelé l’importance de la Charte canadienne des droits et libertés. 

En vérité, le premier ministre de l’Ontario ne risque pas grand-chose. Aussi brutale fût-elle, l’utilisation de la clause dérogatoire est sans risque pour Doug Ford dont le parti est largement majoritaire en Chambre, le tout… à quatre ans du prochain scrutin. Les électeurs auront le temps d’oublier. 

Mais surtout, la décision du chef du Parti progressiste-conservateur dérange principalement les quartiers du centre-ville de Toronto. Or, ce n’est pas ici véritablement le cœur de la Ford Nation. Des mécontents qui ne seront pas synonymes de pertes pour M. Ford. Ailleurs en Ontario, on a beau grincer un peu des dents et compatir, l’impact de la décision de Doug Ford reste confiné dans la Ville-Reine. 

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.