Sébastien Pierroz

Baisse des droits de scolarité: un impact certain pour les francophones

CHRONIQUE / Les institutions scolaires francophones font la grimace après l’annonce gouvernementale de ce mercredi d’une baisse des droits de scolarité. À partir de la rentrée 2019/2020, les étudiants devraient dépenser 10 % de moins pour étudier dans les collèges ou universités. Un manque à gagner important pour ces pôles d’éducation.

«De prime abord, ces frais de scolarité représentent deux millions de dollars pour notre collège», laisse entendre Pascale Montiminy, gestionnaire des communications pour La Cité. «Cela nous étonne, car les frais de scolarité ne sont pas nécessairement un enjeu dont on entend parler souvent. L’impact est un risque pour la formation d’une main d’œuvre qualifiée qui peut répondre au marché du travail.»

À savoir la part de ces frais de scolarité dans le budget de La Cité, Mme Montiminy s’en tient aux chiffres. «Les frais de scolarité constituent environ 18 % des revenus du collège et les subventions 57 %. Les autres revenus proviennent de contrats et autres.»

D’après nos informations, ces mêmes frais de scolarité représenteraient environ la moitié des revenus des universités.

Si La Cité affirme qu’il est encore «prématuré» de faire des spéculations, il y aura peut-être, selon elle, «des décisions difficiles à prendre par rapport aux programmes et aux services».

Le Collège Boréal reste de son côté un peu plus prudent dans ses déclarations. Mais l’institution francophone sudburoise admet que l’impact sera évident. «Les frais de scolarité représentent environ 2 600 $ par étudiant», explique le président Daniel Giroux. «Ça peut représenter trois à cinq millions de dollars par an pour nous, dépendamment des inscriptions.»

Sébastien Pierroz

Minuit moins une pour l’Université de l’Ontario français

CHRONIQUE / Le couperet devait tomber sur l’Université de l’Ontario français le 15 janvier. C’était en tout cas la date décrétée par le gouvernement progressiste-conservateur après le « jeudi noir ». Sauf que Dyane Adam a quelque peu vendu la mèche avant l’heure en fin de semaine dernière.

Dans les colonnes du journal Le Droit, la présidente du conseil de gouvernance de l’UOF a assuré qu’une annonce pour la survie de l’institution était imminente.

Sébastien Pierroz

La «résistance» conservatrice

CHRONIQUE / Certaines unes et couvertures font plus parler que d’autres. Début novembre, la couverture du magazine Maclean’s intitulée pour le coup Résistance montrait le chef conservateur Andrew Scheer entouré de quatre homologues provinciaux, l’Ontarien Doug Ford, le Manitobain Brian Pallister, l’Albertain Jason Kenney et le Saskatchewanais Scott Moe.

Cette résistance, c’était avant tout contre la taxe carbone de Justin Trudeau, l’impôt de trop pour ces chefs conservateurs. Ironie du sort, et similarité du choix des mots, c’est pourtant une autre « résistance » qui s’est érigée contre le premier ministre ontarien, Doug Ford, quelques jours plus tard. Celle de la résistance franco-ontarienne à la suite des compressions aux services en français.

Sébastien Pierroz

Tout sera à rebâtir pour les Francos en 2019

CHRONIQUE / En 2017, le crépuscule du gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait correspondu à quelques avancées pour les Franco-Ontariens. Reconnaissance du statut bilingue de la Ville d’Ottawa, feu vert définitif pour l’Université de l’Ontario français, ou encore l’engagement de nouvelles subventions pour les organismes, les francophones en avaient pour leur bonbon.

Stratégie électoraliste ? Sensibilité du gouvernement aux causes francophones ? Probablement un peu des deux. Autant de bonnes intentions qui arrivaient un chouia trop tard, laissant planer une ombre sur ces nouveaux financements promis en cas d’arrivée au pouvoir d’un nouveau parti politique.

Le couperet est finalement tombé le 15 novembre dernier. Dans son énoncé économique, le nouveau gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford annulait le projet de l’Université de l’Ontario français, et tout aussi grave, supprimait le poste de commissaire aux services en français de François Boileau. 

En quelques heures, les Franco-Ontariens rangeaient leur aspiration pour une refonte de la Loi sur les services en français, une immigration plus massive, pour se concentrer sur la sauvegarde de leurs propres acquis. Une situation ubuesque et jamais vue depuis la fermeture annoncée de l’Hôpital Montfort en 1997.

Les premiers cinq mois de collaboration entre les progressistes-conservateurs et les militants francophones avaient jusque-là étaient relativement neutres. L’engagement répété du gouvernement le 23 juillet sous forme de communiqué pour une université de langue française apparaissait alors comme un gage de sérieux. À la déception, s’est donc ajouté pour les Franco-Ontariens un sentiment légitime de trahison.

C’est dans ces conditions qu’à la veille du premier jour de l’année 2019, une relation de confiance est à rebâtir avec le gouvernement Ford. Face au premier ministre dont les décisions contestables sont adoubées par la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, il faudra s’armer de fermeté, mais aussi de patience et de persuasion. 

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.

Sébastien Pierroz

Queen’s Park: digne d’un roman

CHRONIQUE / Il y a un an jour pour jour, le 24 décembre 2017, Patrick Brown s’apprêtait encore à passer un temps des fêtes bien tranquille. Dans les sondages, l’ancien chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) disposait d’une avance confortable sur la première ministre de l’époque, Kathleen Wynne. Queen’s Park lui était plus que jamais promis. Les néo-démocrates, eux, restaient loin derrière, condamnés à un naufrage aux élections de juin.

Douze mois plus tard, ce scénario a volé en éclats. Doug Ford est maintenant chef du Parti progressiste-conservateur et aux commandes de l’Ontario. Avec le slogan « For the people » déclamé en toutes circonstances, il gouverne même avec une large majorité. Les néo-démocrates, première force d’opposition, sont revenus à leur plus grand nombre de députés depuis 1990. Avec sept élus, les libéraux ne sont plus qu’une peau de chagrin. À cela s’est ajoutée la présence d’un premier député vert en la personne de Mike Schreiner.

Sébastien Pierroz

Un bilinguisme de surface

CHRONIQUE / Le débat sur le bilinguisme officiel de la capitale du Canada reste le plus gros projet franco-ontarien des années 2010 après celui de l’Université de l’Ontario français. L’un bat de l’aile depuis l’énoncé économique du fameux « jeudi noir », tandis que l’autre paraît a priori réglé.

Entre le maire d’Ottawa, Jim Watson, et les militants francophones, la hache de guerre est bel et bien enterrée depuis le 14 décembre 2017, il y a un an déjà. Ce jour-là à Queen’s Park, la loi « omnibus » 177 reconnaissait entre autres « le caractère bilingue d’Ottawa ».

Ottawa donc officiellement bilingue ? Un an après, la formule divise, et laisse libre cours à l’interprétation. Pour certains, cela va de soi que la capitale du Canada est aujourd’hui officiellement bilingue. Pour d’autres, la formule légale est creuse, ne signifiant rien du tout que l’enchâssement du statu quo.

Chose certaine, le vrai vainqueur de cette loi passée n’est autre que Jim Watson. Dès la relance de l’idée du bilinguisme officiel en 2014, le maire d’Ottawa avait lancé un non catégorique aux militants pour des ajouts au bilinguisme déjà existant. Comprendre une possible révision de la politique sur les services en français tous les cinq ans, une politique d’offre active des services en français plus élaborée notamment pour les bibliothèques, les pompiers ou bien les policiers, enfin, des rapports sur la progression du français et de l’anglais.

Considérée comme une victoire face au Jim Watson, la loi 177 n’était en fait qu’un accord « gagnant-gagnant » entre l’ancien gouvernement libéral et le premier magistrat. Rien de nouveau, juste une officialisation de ce qui marchait déjà. Les premiers ont soigné leur électorat francophone en vue des élections finalement perdues, tandis que le second s’est enlevé l’épine du pied que lui avaient plantée les francophones.

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Sébastien Pierroz

Les résistants

CHRONIQUE / Plus de 14 000 personnes présentes, des centaines de drapeaux vert et blanc déployés, le « nous sommes, nous serons » entonné par des foules entières aux quatre coins de la province. Si Doug Ford a pris les Franco-Ontariens par surprise le 15 novembre dernier, les francophones se sont aussi surpris quelque peu. Les objectifs chiffrés des rassemblements ont tous été dépassés.

On disait pourtant çà et là qu’un ralliement du type de celui de Montfort en 1997 était devenu impossible. Que les ravages de l’assimilation avaient freiné tout esprit de révolte des nouvelles générations. Que la participation somme toute relative aux États généraux de la francophonie à Ottawa en 2012, puis ceux du postsecondaire l’année suivante, corroboraient ce désintérêt. Que nenni !

Sébastien Pierroz

Ford et les Francos : l’impasse politique

Et maintenant ? La question est sur toutes les lèvres après la grande réussite des manifestations un peu partout dans la province. Mais la crise linguistique la plus intense en Ontario depuis SOS Montfort s’apprête à entrer dans une seconde phase. Une période moins belliqueuse, où les deux parties seront plus dans l’attente.

Outre la centaine de drapeaux vert et blanc déployés devant les bureaux des députés samedi dernier, un pic de tension entre le gouvernement progressiste-conservateur et les francophones avait été atteint deux jours auparavant.

Sébastien Pierroz

Université de l’Ontario français : les raisons obscures d’un refus

CHRONIQUE / Rarement les Franco-Ontariens n’auront fait autant parler aux quatre coins du pays. Les nouvelles de la crise linguistique qui secoue la province se sont même propagées jusqu’à la presse européenne.

Malgré la fronde, le gouvernement provincial n’a pas modifié d’un iota sa position sur l’Université de l’Ontario français. Le léger recul du premier ministre matérialisé par un communiqué-surprise parlait très peu du projet d’université. Une petite mention quand même puisque Caroline Mulroney «attend avec impatience» le jour où les finances publiques permettront de la construire.

Sébastien Pierroz

Ford et les francophones: une rupture d’entrée

CHRONIQUE / Le terme « historique » est peut-être l’un des plus galvaudés de la langue française. Il ne faut pourtant pas en sous-estimer l’emploi après les annonces du gouvernement ontarien, la semaine dernière. La journée du 15 novembre 2018 est entrée dans l’histoire franco-ontarienne.

En annulant le projet de l’Université de l’Ontario français, mais surtout en supprimant le poste du commissaire aux services en français, François Boileau, le premier ministre ontarien a frappé fort. Trop fort. La neutralité bienveillante des militants franco-ontariens envers Doug Ford est maintenant terminée. À l’image de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et son slogan « Résistance », la guerre est maintenant déclarée.