Sébastien Pierroz
Pourquoi Kelly Burke ne sera pas François Boileau

Sébastien Pierroz

Pourquoi Kelly Burke ne sera pas François Boileau

CHRONIQUE / Dans quelques jours, Kelly Burke célèbrera ses six premiers mois à la tête du Commissariat aux services en français de l’Ontario. Pour le moment, ses débuts dans le poste de successeur de François Boileau ont été très discrets.

Mardi dernier, le rapport annuel dévoilé par l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, était l’occasion pour elle de sortir de l’ombre. Les 321 plaintes reçues pour les services en français — un chiffre en-dessous de 2018, mais dans la lignée des années précédentes — étaient d’ailleurs anecdotiques en comparaison aux attentes suscitées par la nouvelle commissaire dont le bureau est intégré à celui de M. Dubé.

Reconduction du PAFO: espérer des jours meilleurs

Sébastien Pierroz

Reconduction du PAFO: espérer des jours meilleurs

CHRONIQUE / Il y avait bien longtemps que les Franco-Ontariens n’avaient pas bénéficié directement d’une annonce gouvernementale. Trop longtemps peut-être. La semaine dernière, la reconduction du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO) par la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a rassuré.

Le PAFO, c’est cette enveloppe de 1 million de dollars que doivent se partager les organismes franco-ontariens pour financer leurs projets. L’an dernier, 48 d’entre eux en avaient bénéficié d’un des deux volets : le développement économique qui concerne les organismes non lucratifs, et la «communauté-culture». Dans tous les cas, la limite pour chaque subvention est fixée à 50 000 $.

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Réunir la francophonie avec la communauté LGBTQ+

Sébastien Pierroz

Réunir la francophonie avec la communauté LGBTQ+

CHRONIQUE / L’année 2020 est décidément la plus paradoxale du 21e siècle. Invités à rester chez eux, condamnés à la distanciation sociale, les citoyens de plusieurs pays du monde dénoncent depuis un mois le racisme avec une force nouvelle. C’est dans ce contexte social inédit que se déroule un Mois de la Fierté... sans marches de la fierté.

Pour l’Ontario français, le défi d’inclure les différentes orientations sexuelles et identités de genre va bien au-delà d’une marche. En 2017, un sondage de la Fondation Jasmin Roy affirmait que 13 % des Canadiens appartenaient aux communautés LGBT. Un rapide calcul démontre qu’environ 50 000 Ontariens sont à la fois francophones et LGBTQ+. Mais la combinaison de cette double identité n’est pas simple.

Le manque de représentation, d’une part. Les Franco-Ontariens LGBTQ+ ne disposent pas d’un organisme porte-parole fort. Malgré le dynamisme de ses bénévoles, FrancoQueer manque d’argent. Conséquence: les activités de l’organisme sont trop souvent limitées à des rencontres communautaires, loin d’événements unificateurs, sur le modèle du congrès de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Par ailleurs et à l’inverse des anglophones, les LGBTQ+ francophones n’ont pas accès à des lieux de rassemblements. À Toronto, le théâtre gai Buddies in Bad Times n’a pas d’équivalent dans l’autre langue officielle, tout comme le Casey House qui livre des soins du VIH/SIDA… mais seulement en anglais.

Bien que réduites, les possibilités de réseautage restent une réalité dans la Ville-Reine, et dans une moindre mesure à Ottawa. Mais dans les autres régions, le dating en français demeure très difficile.

Tous ces éléments placent bien souvent les LGBTQ+ franco-ontariens devant un choix cornélien: vivre pleinement leur identité sexuelle et de genre via les services en anglais inclusifs et stimulants, ou bien jouer coûte que coûte la carte francophone, mais dans un cercle alors beaucoup plus fermé.

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Face à la pandémie, l’Ontario dans une période de transition

Sébastien Pierroz

Face à la pandémie, l’Ontario dans une période de transition

CHRONIQUE / Enfin, l’Ontario respire. Les derniers jours, la province a enregistré quotidiennement moins de 300 nouveaux cas de COVID-19. Une diminution en comparaison des semaines précédentes où la courbe épidémique ne bougeait pas.

Autres indicateurs positifs : il y a maintenant moins de 3 000 cas actifs en Ontario, contre plus de 5 000 au plus fort de la crise, fin avril. Dans les foyers de soins de longue durée, les éclosions sont aussi à la baisse, bien que les 1 786 décès dans ces établissements constituent un bilan effroyable.

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Deux ans en dents de scie pour Doug Ford

Sébastien Pierroz

Deux ans en dents de scie pour Doug Ford

CHRONIQUE / Il y a deux ans jour pour jour, le 7 juin 2018, les progressistes-conservateurs mettaient fin à 15 ans d’hégémonie libérale à Ontario. Une large majorité obtenue avec 76 députés qui s’expliquait en partie grâce au discours pugnace de Doug Ford.

Les promesses d’un assainissement des finances publiques couplées au style volontiers populiste de la «Ford Nation» apparaissent alors comme l’alternative le plus crédible à un gouvernement libéral à bout de souffle.

Tragédies des foyers de soins de longue durée: tous responsables

Sébastien Pierroz

Tragédies des foyers de soins de longue durée: tous responsables

CHRONIQUE / Le réel, c’est quand on se cogne, disait le psychologue Jacques Lacan. L’Ontario a fait expérience de cet aphorisme. À l’hécatombe des foyers de soins de longue durée, lesquels représentent les deux tiers des décès à la maladie, se sont ajouté les conditions tragiques des résidents.

La semaine dernière, le rapport rendu public par le gouvernement fut plus qu’une sonnette d’alarme. Déployées dans cinq foyers de longues durées de la région de Toronto, les Forces armées canadiennes ont fait état d’observations «extrêmement préoccupantes».

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Doug Ford face à la COVID-19: le cœur a ses raisons

Sébastien Pierroz

Doug Ford face à la COVID-19: le cœur a ses raisons

CHRONIQUE / Il y a deux ans jour pour jour, Doug Ford multipliait les bains de foule lors de la campagne des élections provinciales. Pugnace, fort en gueule, le futur premier ministre promettait de lutter contre les élites, et d’assainir les finances publiques.

Changement d’attitude en mai 2020, alors que le coronavirus plonge le monde entier dans l’incertitude. Au ton martial et belliqueux du printemps 2018, c’est un Doug Ford à priori plus empathique qui se présente quotidiennement en conférence de presse.

Le Campus Saint-Jean, ce service essentiel pour les Francophones

Sébastien Pierroz

Le Campus Saint-Jean, ce service essentiel pour les Francophones

CHRONIQUE / Il n’y a pas que les propos de Denise Bombardier qui peuvent unir les francophones en milieu minoritaire. La semaine dernière, l’appel au secours du Campus Saint-Jean, la seule institution postsecondaire francophone en Alberta, a mobilisé les francophones d’est en ouest.

Dans une actualité ultra-dominée par la COVID-19, l’annonce soudaine de la fragilité financière du campus par l’entremise de son doyen, Pierre-Yves Mocquais, a aussitôt déclenché l’ire des francophones, dont l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) s’est fait le porte-voix.

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Est ontarien: face à la COVID-19, une réussite et une ombre

Sébastien Pierroz

Est ontarien: face à la COVID-19, une réussite et une ombre

CHRONIQUE / Jusqu’à cette semaine, l’Est ontarien résistait très bien à la pandémie de COVID-19. Mais la vague de décès incontrôlés dans le foyer de soins de longue durée Pinecrest à Plantagenet est venue ternir un bilan pourtant très satisfaisant.

L’Est ontarien, qui englobe les deux circonscriptions de Glengarry-Prescott-Russell, et Stormont-Dundas-South Glengarry, compte 225 000 résidents. Quelque 130 cas «seulement» y ont été enregistrés. C’est 130 de trop, bien sûr, mais ce chiffre reste bien en-dessous de la moyenne province.

Réouverture des écoles: la prudence de Doug Ford

Sébastien Pierroz

Réouverture des écoles: la prudence de Doug Ford

CHRONIQUE / C’est par étapes que la plupart des gouvernements doivent maintenant se déconfiner. Entre les scientifiques généralement scrupuleux de la distanciation sociale, et les milieux d’affaires favorables à une réouverture de l’économie, la «voix médiane» est bien souvent difficile à trouver.

En choisissant de ne pas rouvrir les écoles au moins avant fin mai, le premier ministre ontarien, Doug Ford, a quelque peu surpris. «Je veux protéger les enfants à tout prix. Je ne ferais pas ça ici en Ontario», a-t-il justifié dans sa conférence de presse quotidienne, non sans surjouer l’importance de cette décision.

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Pourquoi l’Ontario ne sera pas la Corée du Sud

Sébastien Pierroz

Pourquoi l’Ontario ne sera pas la Corée du Sud

CHRONIQUE / Déjà la septième semaine de confinement qui débute, et un bout du tunnel invisible dans cette crise du coronavirus. Pour espérer en sortir, les pays comparent leurs méthodes. Et une nation retient l’attention: la Corée du Sud.

Changement de ton la semaine dernière à Queen’s Park. Après les perspectives extrêmement sombres tablant sur 80 000 cas pour 1 600 morts, les experts en santé publique ont revu leurs prévisions à la baisse. Les épidémiologistes prévoient maintenant plus de 20 000 cas de COVID-19.

Chaque jour plus angoissant

Sébastien Pierroz

Chaque jour plus angoissant

CHRONIQUE / Au moment où débute la sixième semaine de confinement, la pandémie de COVID-19 continue de bousculer nos certitudes et réévaluer nos priorités. À la faillite du système de santé symbolisée par le manque de masques et de tests est venue s’ajouter une autre réalité tout aussi sombre : dans les foyers de soins de longue durée, les aînés meurent par dizaines.

En Ontario, les chiffres font l’effet d’une bombe. Le coronavirus a déjà pénétré dans une centaine des quelque 600 résidences provinciales. Pour la première fois jeudi dernier, la majorité des 514 cas recensés ce jour-là provenaient d’aînés des foyers de soins de longue durée plutôt que d’une « transmission communautaire ».

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Le Canada tousse, le bilinguisme aussi

Sébastien Pierroz

Le Canada tousse, le bilinguisme aussi

CHRONIQUE / Sur les bords de l’Atlantique, Charlottetown, 36 000 résidents, est une ville calme. Chaque jour, la médecin hygiéniste en chef, la Dre Heather Morrison, y dirige la conférence de presse sur l’état des lieux de la COVID-19 dans cette province jusqu’alors largement épargnée (25 cas). Des réponses données en anglais… mais aussi en français.

Avec un peu plus de 5 000 Acadiens, l’Île-du-Prince-Édouard ne possède pas l’historique francophone de l’Ontario. À Toronto, le français n’est pourtant guère mis de l’avant depuis le début du confinement dû à la pandémie de COVID-19.

L’Ontario est unilingue anglophone, le Québec officiellement la seule province francophone au Canada. La première province compte un peu plus de 600 000 résidents dont la première langue est celle de la minorité, la seconde, un million. Au Québec, les conférences quotidiennes sur la pandémie de COVID-19 sont bilingues. En Ontario, le premier ministre Doug Ford et le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario s’expriment exclusivement en anglais.

Tout n’est pas noir. Depuis quelques jours, la province fait même quelques efforts. Tout d’abord avec la présence parfois d’un ministre capable de répondre en français. Caroline Mulroney, de son côté, offre quotidiennement des capsules vidéos francophones.

Mais en même temps, les couacs se multiplient. Mercredi dernier, la province lançait un portail de recrutement de bénévoles… uniquement en anglais.

Deux jours plus tard, lors de sa conférence de presse quotidienne, Doug Ford était incapable de répondre à une question en français. Le Nouveau-Brunswick a pris un cran d’avance sur l’Ontario, puisque le premier ministre provincial, lui aussi unilingue, fait maintenant appel à la traduction simultanée lorsqu’une question lui est posée dans la langue de Molière.

On ose à peine imaginer le tollé si le million d’anglophones du Québec n’avaient pas accès à ces traductions essentielles destinées à se prémunir contre l’épidémie et sauver des vies. Et avec raison.

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Pas de vainqueur ni de vaincu entre l’AEFO et le gouvernement

Éducation

Pas de vainqueur ni de vaincu entre l’AEFO et le gouvernement

CHRONIQUE /  Dans un contexte mondial inédit, les enseignants francophones et le gouvernement se sont enfin entendus la semaine dernière. Une nouvelle passée sous le radar du fait de la crise de la COVID-19, mais qui a mis fin à un bras de fer de plusieurs mois.

À partir du mois de février, le conflit avait même connu son point d’incandescence avec plusieurs journées de grève incluant tous les enseignants de la province. Une situation d’ampleur exceptionnelle à laquelle le gouvernement ontarien n’avait pas été confronté depuis 1997.

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Changement de cap au milieu de la tempête pour l’Ontario

Sébastien Pierroz

Changement de cap au milieu de la tempête pour l’Ontario

TORONTO – Sous le gouvernement Ford, les énoncés économiques laissent souvent plus de traces et ont davantage d’impacts que les dépôts budgétaires. En pleine crise de la COVID-19, cette mise à jour publiée mercredi dernier va dans ce sens. À priori, elle apparaît même comme un tournant majeur.

Doug Ford et son ministre des Finances, Rod Phillips, ont mis définitivement de côté l’idée d’équilibrer le budget provincial en 2023. Des 9,1 milliards $ de déficit annoncés à l’automne, le chiffre grimpe maintenant à 20,5 milliards. La raison : les mesures exceptionnelles pour relancer une économie au ralenti depuis l’arrivée de la pandémie en Ontario.

Sébastien Pierroz
Doug Ford et la guerre contre le coronavirus

Chronique

Doug Ford et la guerre contre le coronavirus

CHRONIQUE / En janvier dernier, le monde entier apprenait l’existence du terme « coronavirus ». Il y a quelques jours, le déploiement rapide et insidieux de l’épidémie obligeait à considérer ce coronavirus comme une menace considérable. Une situation que très peu de décideurs avaient vu venir. Le gouvernement ontarien n’échappe pas à la règle.

La situation est grave. Le 15 mars, l’Ontario comptait environ 150 cas de COVID-19 sur son territoire. Une semaine plus tard, 413 personnes font face à la maladie. Ce chiffre, sensiblement le même en Colombie-Britannique, est bien supérieur à celui du Québec.

L’Ontario n’est pas sorti de l’auberge, tant le pic épidémique dont parlent les médecins est loin d’être atteint. Une étude récente publiée par des épidémiologistes de Toronto affirme que la province pourrait même manquer de lits de soins intensifs et être en pénurie de ventilateurs d’ici la fin avril.

Évidemment, l’Ontario reste la province la plus populeuse du Canada. Logique donc que le territoire soit numériquement plus exposé, d’autant que le flux des voyageurs internationaux est immense à Toronto. Il n’est pas un hasard que la majorité des ontariens infectés résident dans la Ville reine ou aux alentours.

Deux opinions sur la réaction de Ford

Au vu de cette crise sanitaire sans précédent, les projecteurs se sont braqués naturellement sur le premier ministre, Doug Ford. Deux observations à cet égard. L’une positive voulant que le chef conservateur ait réagi en temps voulu. Le 12 mars, le gouvernement annonçait la fermeture des écoles. Cinq jours plus tard, il décrétait l’état d’urgence. Des décisions en adéquation avec la gravité de la crise.

Souvent comparé au président américain Donald Trump pour son style rugueux et populiste, Doug Ford n’avait cette fois rien à voir avec le locataire de la Maison-Blanche.

À aucun moment, le premier ministre n’a eu une phrase de déni quant à l’ampleur de la crise. Le ton des dernières conférences de presse sur la COVID-19 était grave et rassembleur, bien loin des flèches et des diatribes de la campagne électorale de 2018.

Un fait : dans la forme, l’Ontario a eu du retard à l’allumage. Tandis que le Québec lançait lundi dernier une conférence quotidienne consacrée à la crise, Doug Ford tenait dans le même temps un point presse… sur l’économie.

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Lecce et les enseignants : le printemps de la réconciliation ?

Chronique

Lecce et les enseignants : le printemps de la réconciliation ?

CHRONIQUE / L’actualité hebdomadaire ultra dominée par le coronavirus a laissé au second plan le conflit entre le ministère de l’Éducation et les syndicats enseignants. Pourtant, une éclaircie, jeudi dernier : l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA) et le gouvernement ontarien sont parvenus à une entente de principe.

L’accord est loin d’être anodin. L’OECTA est le premier des quatre principaux syndicats enseignants à s’entendre avec le gouvernement. Depuis plusieurs mois, les discussions piétinaient, et rien ne laissait présager une quelconque ouverture de part et d’autre.

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Steven Del Duca, pour le meilleur ou pour le pire

Sébastien Pierroz

Steven Del Duca, pour le meilleur ou pour le pire

CHRONIQUE / Il aura fallu plus d’un an et demi pour que les libéraux ontariens trouvent un successeur à Kathleen Wynne. Et sans surprise, le favori de la course à la chefferie, Steven Del Duca, a obtenu le plus de voix de la part des délégués du parti réunis ce samedi à Mississauga.

Malgré les candidatures à priori rafraîchissantes de Brenda Hollingsworth, Kate Graham, et Alvin Tajdo, trois néophytes en politique provinciale, ainsi que celles des deux anciens ministres, Mitizie Hunter et Michael Coteau, les délégués ont fait le choix de la stabilité et de l’expérience. Deux qualités que possèdent à leurs yeux M. Del Duca pour reconstruire une formation politique en lambeaux.

Huit députés et un statut de parti non officiel, les choses vont mal depuis les élections provinciales de juin 2018. Quelques signaux encourageants pour le parti toutefois  : les difficultés du gouvernement Ford à convaincre l’opinion, et les larges succès électoraux à Ottawa-Vanier et Orléans il y a dix jours.

Pour remonter la pente, le nouveau chef doit convaincre maintenant non plus les délégués, mais les électeurs possibles. Peu charismatique et dégageant une rigidité, Steven Del Duca n’est pas celui dont les discours font lever les foules.

Face à un Doug Ford, au ton volontiers anti-élites et rugueux, et à une Andréa Horwath misant sur l’empathie et l’expérience, M. Del Duca devra dans un premier temps se trouver un style et une image publique qui le démarquent de ses adversaires.

Autre obstacle pour lui : le fait qu’il incarne la vieille garde libérale de Kathleen Wynne rejetée par les électeurs en juin 2018. Lui-même avait alors subi alors une cuisante défaite, dans sa circonscription de Vaughan-Woodbrige, face au conservateur Michael Tibollo.

Auparavant, M. Del Duca avait occupé le poste de ministre des Transports puis pendant quelques mois celui du Développement économique et de la Croissance.

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Les nouveaux venus à Queen’s Park

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Les nouveaux venus à Queen’s Park

CHRONIQUE / À l’Est, rien de nouveau. Aucune surprise n’a marqué les deux élections partielles de jeudi dernier. Les victoires de Stephen Blais et de Lucile Collard ont permis aux libéraux de conserver les circonscriptions d’Orléans et d’Ottawa-Vanier.

On attend maintenant les deux nouveaux députés au tournant. D’autant que les vainqueurs de ces scrutins spéciaux ne passent jamais inaperçus. En novembre 2016, une double élection partielle avait amené sur les bancs de l’Assemblée législative Sam Oosterhoff et Nathalie Des Rosiers.

Le premier avait fait parler de lui par sa jeunesse, et des positions jugées controversées sur l’avortement, la seconde en parvenant à arracher une officialisation provinciale du caractère bilingue d’Ottawa.

Dans un autre registre, l’arrivée du libéral Glenn Thibeault sur les bancs de Queen’s Park à l’issue d’une élection partielle en 2015 avait déclenché le Sudburygate. Une affaire qui avait fait vaciller le trône de la première ministre, Kathleen Wynne.

Qu’en sera-t-il vraiment pour Lucille Collard et Stephen Blais ? La nouvelle élue d’Ottawa-Vanier, jusqu’alors présidente du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario, possède un bagage intéressant en éducation. Dans une atmosphère électrisée par le conflit entre le gouvernement et les enseignants, le Parti libéral devrait mettre en avant Mme Collard dans les dossiers des écoles.

Mais la successeure de Nathalie Des Rosiers possède une courbe d’apprentissage. À la différence de ses nouveaux collègues libéraux Amanda Simard et Stephen Blais, anciens conseillers municipaux, Mme Collard commence sa carrière politique à l’échelle provinciale. Une marche d’un coup élevée.

Élu du quartier Cumberland à Ottawa depuis 2010, Stephen Blais est, lui, un visage familier de la politique municipale. Dans ce territoire composé d’environ 40 % de francophones – un record parmi les 23 quartiers de la ville d’Ottawa – le nouveau député d’Orléans a établi un lien privilégié avec ses concitoyens. Aux dernières élections municipales, il était même plébiscité avec 89 % des suffrages.

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Un test pour Ford

Sébastien Pierroz

Un test pour Ford

CHRONIQUE / Un parfum électoral s’empare de l’Ontario. Ce jeudi, deux élections partielles se tiendront simultanément. L’une dans le château fort libéral d’Ottawa-Vanier pour remplacer Nathalie Des Rosiers, l’autre dans la circonscription voisine d’Orléans pour trouver le successeur de Marie-France Lalonde.

C’est la première fois que des élections partielles se déroulent depuis l’arrivée de Doug Ford au pouvoir il y a 20 mois.

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Grand blocage pour la rentrée à Queen’s Park

Sébastien Pierroz

Grand blocage pour la rentrée à Queen’s Park

CHRONIQUE / Au moment de l’ajournement des travaux parlementaires en décembre, peu de députés auraient anticipé une rentrée à Queen’s Park si houleuse. Le conflit entre le gouvernement et les enseignants était alors à un stade avancé. Deux mois plus tard, le voilà à un point critique. 

Nul doute qu’à partir de mardi, les débats en chambre tourneront autour d’un conflit qui a trop duré. En toile de fond : l’incapacité des quatre syndicats enseignants et du gouvernement progressiste-conservateur à s’entendre sur le renouvellement des conventions collectives échues depuis le 31 août.

Les partis d’opposition n’ont pas attendu la rentrée pour décocher leurs flèches, le Nouveau Parti démocratique (NPD) appelant même à la démission du ministre de l’Éducation, Stephen Lecce.

De leurs côtés, les quatre syndicats dont l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) seront unis vendredi prochain pour une grève générale historique. Les quelque deux millions d’élèves que compte la province seront contraints de rester à la maison. Une situation qui devrait intensifier davantage les débats, chacun des deux camps utilisant le terme « d’irresponsabilité » pour qualifier l’autre quant à la gestion des élèves.

Adulé par certains, détesté par d’autres, le premier ministre Doug Ford ne laisse personne indifférent.

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Sébastien Pierroz
Moins de premiers ministres bilingues

Sébastien Perroz

Moins de premiers ministres bilingues

CHRONIQUE / Depuis quelques jours, les projecteurs sont braqués sur le français de Peter MacKay. Suffisant ? Insuffisant ? Mais il y a tout aussi inquiétant que le niveau linguistique du favori à la course à l’investiture conservatrice : la diminution vertigineuse du nombre de premiers ministres des provinces capables de s’exprimer en français.

Début 2016, ils étaient au moins quatre d’entre eux en dehors du Québec à pouvoir donner une entrevue en français : la libérale et première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, mais aussi son homologue manitobain Greg Selinger (NPD), ainsi que les libéraux Brian Gallant et Wade MacLachlan, respectivement au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Quatre ans plus tard, tous les quatre ont été balayés par la vague conservatrice qui a déferlé dans les provinces. Jason Kenney, devenu premier ministre de l’Alberta grâce à cette « vague bleue » justement, est aujourd’hui l’unique chef d’un gouvernement provincial en contexte minoritaire à maîtriser le français.

Et l’on s’entend que les connaissances linguistiques nécessaires sont inférieures à celles exigées en anglais pour un francophone désireux de mener une carrière au fédéral. Moqué pour son niveau d’anglais, l’ancien député Stéphane Dion serait vu parfaitement bilingue aux yeux des francophones avec un niveau semblable dans l’autre langue officielle.

On peut comprendre cette diminution par le hasard provenant des changements politiques. Moins en vogue dans les partis conservateurs, le bilinguisme ne se reflète pas toujours dans les discours des leaders.

D’autres verront peut-être le rêve brisé d’un Canada bilingue d’un océan à l’autre. À l’Ouest, le premier ministre de la Colombie-Britannique, le néo-démocrate John Horgan, tout comme son alter ego de la Nouvelle-Écosse, le libéral Stephen McNeil, ne parlent pas français. Une tradition gouvernementale dans ces provinces éloignées d’Ottawa.

Cinquante ans après la mise en place de la Loi sur les langues officielles, l’apprentissage du français chez les élus est souvent lié à l’ambition d’une carrière fédérale.

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Des élèves de deuxième classe ?

Sébastien Pierroz

Des élèves de deuxième classe ?

CHRONIQUE / L’éducation en français se porte bien en Ontario. Du moins, l’engouement pour les inscriptions dans les écoles francophones ne se tarit pas. Pour la rentrée 2019, les conseils scolaires de langue française comptaient environ 115 000 élèves. Une progression constante et un record.

La proportion d’écoles francophones avoisine aujourd’hui les 10 % de l’ensemble des établissements ontariens, contre environ 8 %, il y a 15 ans. Des données encourageantes qui cachent une ombre : le risque pour les écoles de langue française de devenir moins bien équipées que celles des conseils scolaires anglophones.

La semaine dernière, les parents d’une école torontoise en construction ont ravivé cette crainte.

Tout partait pourtant d’une bonne nouvelle : le conseil scolaire Viamonde dans la région de Toronto venait d’obtenir quelque 10,2 millions $ du gouvernement ontarien. Une somme devant lui permettre de devenir propriétaire de l’ancienne école anglaise Greenwood pour ouvrir le premier établissement secondaire de langue française dans l’est de Toronto.

Un moindre mal pour répondre au nombre de francophones toujours plus élevé dans la grande région métropolitaine de Toronto.

Sauf que pour les parents d’élèves, cette future école ne sera pas équivalente à celles des anglophones dans le même quartier. Pas la même surface, ni la même qualité des équipements. Pour l’heure, une requête constitutionnelle en ce sens, déposée en Cour supérieure à l’encontre de la province, en juin 2017, reste sans suite.

L’exemple de Toronto-Est n’est pas isolé. À Parry Sound en septembre dernier, les élèves obtenaient in extremis le droit d’intégrer de nouveaux locaux, malgré le refus initial de la municipalité. À Kingston, il faudra attendre au moins 2021 pour bénéficier du carrefour scolaire communautaire. Faute de mieux, une partie des élèves est pour le moment logée dans le bâtiment de l’école catholique anglophone St-Patrick. Comment comprendre ces manques ? L’enveloppe du ministère de l’Éducation bien qu’augmentant annuellement ne peut contenir les demandes croissantes d’inscription. Un enjeu qui se pose avec plus d’acuité pour les francophones.

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Grève des enseignants: vers un enlisement total

Sébastien Pierroz

Grève des enseignants: vers un enlisement total

ANALYSE / Plus rien ne bouge entre le gouvernement de l’Ontario et les syndicats d’enseignants. De grève en grève, et de petite phrase en petite phrase de la part du ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, le conflit s’enlise sans qu’une porte de sortie ne se dessine aujourd’hui.

Le ton s’est encore durcit tout au long de la semaine dernière. Si la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEÉSO) poursuit ses grèves par rotation, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), le principal syndicat, a commencé des grèves tournantes. Comprendre les travailleurs et grévistes se succèdent pour assurer le service.

L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a elle aussi fait lever la température en annonçant une phase 2 dans sa grève du zèle dès ce mardi. « De nouvelles consignes s’ajouteront à celles de la phase 1, qui touchaient principalement les tâches administratives », laissait entendre le syndicat francophone dans un communiqué laconique.

Voilà presque cinq mois que les conventions collectives des syndicats d’enseignants, d’une durée de deux ans, sont échues.

Augmentation des salaires des enseignants, mise en place de l’apprentissage électronique, mais surtout l’augmentation des tailles des classes, autant de points cruciaux ne permettant pas de dégager un accord. Une différence notable avec 2017 où les syndicats avaient rapidement obtenu satisfaction.

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Moment charnière pour les libéraux

Sébastien Pierroz

Moment charnière pour les libéraux

CHRONIQUE / TORONTO — Quatre années de purgatoire, c’est ce qu’avaient récolté les libéraux ontariens après l’échec aux élections de juin 2018. Avec sept députés, la formation en lambeaux perdait son statut de parti officiel à Queen’s Park. Mais les trois premiers mois de l’année 2020 offrent au Parti libéral de l’Ontario la possibilité d’une relance.

Les possibles arrivées de nouveaux députés vont apporter un peu d’oxygène. La semaine dernière, le ralliement pour les libéraux de l’élue indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, est allé dans ce sens. Nimbée d’un statut d’icône francophone depuis la crise linguistique de l’automne 2018, l’ancienne progressiste-conservatrice est un atout intéressant.

Dans les prochaines semaines, les regards seront tournés vers les élections partielles dans Ottawa-Vanier et Ottawa-Orléans. Deux scrutins pour remplacer respectivement Nathalie Des Rosiers et Marie-France Lalonde, parties vers de nouveaux défis, au courant de l’été.

Dans Ottawa-Vanier, on voit mal comment la candidate libérale Lucille Collard pourrait échapper à la tradition historique voulant depuis 1971 que les libéraux provinciaux l’emportent. Du côté d’Orléans, Stephen Blais, investi par la formation, partira avec une petite longueur d’avance sur la conservatrice Natalie Dimitra Montgomery.

Mais plus que le nombre d’élus, c’est surtout le chef choisi le 7 mars prochain qui déterminera l’avenir du parti. Ils sont six à vouloir succéder à Kathleen Wynne : un ancien ministre, Steven Del Duca, deux actuels députés, Mitzie Hunter et Michael Coteau, et trois « nouveaux », Alvin Tedjo, Brenda Hollingsworth et Kate Graham.

Et ces aspirants entrent dans le vif du sujet dès ce lundi avec un premier débat tenu à Ottawa.

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Tory francophile, vraiment ?

Sébastien Pierroz

Tory francophile, vraiment ?

CHRONIQUE / TORONTO — Il y a des choses qui passent bien mal, surtout dans une région métropolitaine comme Toronto où résident plus de 50 000 francophones. Diminution de 18 % du nombre de livres en français, et fin de ces mêmes ressources dans 25 bibliothèques publiques, la municipalité de la Ville Reine a déclenché une vive polémique, jeudi, avant d’annuler cette décision, le lendemain.

Pendant plus d’une journée, la Bibliothèque publique de Toronto, l’organisme parapluie dépendant de la municipalité, défendait ce choix, arguant la faible utilisation des livres en français. Mais ce total de 26 000 livres enlevés soulevait des questions.

Sur les réseaux sociaux, la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, et son homologue fédérale, Mélanie Joly, se sont donné le crédit de cette volte-face, faisant chacune référence à leur discussion avec le maire torontois, John Tory. 

Tout est bien qui finit bien, mais une ombre persiste. La volonté de la municipalité de centraliser l’offre de livres signifie-t-elle que les ressources seront maintenant disponibles dans un univers plus restreint ? 

Mystère. 

Ce n’était en tout cas pas la première fois que l’administration dirigée par John Tory agissait à l’encontre des Franco-Torontois. En 2017, la Ville avait par exemple modifié en catimini sa politique de communication, en ôtant l’obligation de la présence du français dans les documents municipaux lorsqu’une autre langue que l’anglais s’y trouvait. Un vrai recul.

Force est d’admettre que John Tory a donné peut-être trop d’espoirs aux Franco-Torontois.

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Sébastien Pierroz
Enfin, une Maison de la Francophonie à Ottawa

Sébastien Pierroz

Enfin, une Maison de la Francophonie à Ottawa

CHRONIQUE / Les Franco-Ontariens auront au moins un cadeau en ce début de nouvelle année. La Maison de la francophonie d’Ottawa ouvrira dans quelques jours et sera inaugurée dans trois semaines. Une concrétisation qui marque l’aboutissement d’un des projets les plus importants des dernières années.

On y croyait presque plus. Depuis dix ans, le projet de la rénovation de l’ancienne école Grant sur la rue Richmond cumulait les retards. Et dire que lors  de la Journée des Franco-Ontariens en 2011, les responsables parlaient d’une ouverture… en 2012. Des années d’obstacles au final avec la  découverte d’amiante dans l’édifice, de « problèmes de structures et d’infrastructures », du vandalisme sur le site, et surtout le manque d’argent.

L’arrivée du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) dans le jeu à partir de 2016 à titre de propriétaire de la bâtisse avait permis de relancer les demandes à la province quant au financement pour les travaux.

Conséquences : le financement provincial de 8,95 millions de dollars offert, en décembre 2017, s’est montré décisif, résistant du même coup aux nombreuses coupes du gouvernement progressiste-conservateur élu l’année suivante.

Mais à quoi servira au juste cette Maison de la francophonie ? D’abord à offrir des services aux francophones situés à l’ouest de la Ville d’Ottawa. Une mission qui devrait être assurée par La Cité, le Centre soleil d’Ottawa-Ouest, la Coopérative Ami Jeunesse, l’Hôpital Montfort ou encore l’Université d’Ottawa qui bénéficieront de bureaux au sein de l’édifice.

Au-delà d’Orléans, Vanier et du centre-ville d’Ottawa, ils sont un peu plus de 30 000, l’équivalent de 20 % des francophones d’Ottawa, à avoir choisi l’Ouest comme lieu de résidence. Reste que parcourir une vingtaine de kilomètres depuis Nepean, Kanata, ou Barrhaven, pour obtenir des services dans la langue de Champlain n’est pas une mince affaire.

Ensuite, cette Maison de la francophonie représentera un lieu de rassemblement pour les francophones d’Ottawa. Que le principal lever du drapeau franco-ontarien le 25 septembre se déroule à l’hôtel de ville n’est pas si mal en soi, mais il est temps pour les francophones d’inviter les élus chez eux plutôt que d’attendre leur invitation.

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Sébastien Pierroz
Des ponts à rebâtir

Sébastien Pierroz

Des ponts à rebâtir

CHRONIQUE / TORONTO — Sur les décombres du « jeudi noir », le gouvernement progressiste-conservateur et les militants franco-ontariens ont tenté tout au long de l’année 2019 de rebâtir leur relation. Avec des hauts et des bas.

Il fallait bien faire un effort pour mieux se parler. L’onde de choc suscitée par les compressions aux services en français le 15 novembre 2018, avec la suppression du poste du commissaire François Boileau et l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), avait laissé des traces.

Soucieux d’établir des ponts avec une communauté franco-ontarienne qu’elle connaît mal, l’équipe Ford a fait quelques pas en avant. D’abord dans la forme, avec la nomination de Marilissa Gosselin à titre de conseillère aux Affaires francophones.

Dans le fond, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, s’est finalement rangée derrière le projet de l’UOF. Le 7 septembre, le protocole d’entente sur le financement de la future université a jeté les balises. En résumé : le bâtiment devrait ouvrir en 2021 et sera financé par la province à compter de 2022.

Forts de ce succès, les militants sous l’impulsion de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) ont écarté provisoirement l’option des tribunaux face au gouvernement progressiste-conservateur. Reste que sur le dossier d’un éventuel retour à l’indépendance du commissaire aux services en français, intégré au bureau de l’ombudsman, Caroline Mulroney n’a pas modifié sa position d’un iota. C’est pour le moment un non catégorique.

Malgré la meilleure ouverture du gouvernement Ford, difficile de dire que l’année 2019 fut particulièrement bonne. Comme les autres minorités provinciales, les francophones restent tributaires d’un gouvernement qui a décidé de faire de la lutte contre le déficit budgétaire sa marotte.

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2019 compliquée pour Doug Ford

Sébastien Pierroz

2019 compliquée pour Doug Ford

CHRONIQUE / En 2018, Doug Ford avait mené tambour battant les six premiers mois de son mandat. Bière à un dollar, fin du monopole de la Régie des alcools de l’Ontario sur la vente de cannabis, retrait de l’Ontario du marché du carbone, réduction de la moitié du conseil municipal à Toronto, ou encore suppression de trois des neuf commissaires. Il s’agissait de faire vite. Trop vite peut-être.

L’année 2019 aura été un rappel que les Ontariens en majorité n’ont pas approuvé tous ces changements, ni le ton franc du collier et parfois belliqueux du premier ministre.

Quelques indicateurs à cette impopularité de Doug Ford. D’abord les sondages. L’un de la firme Mainstreet, en juin dernier, plaçait son parti en dernière place des intentions de vente. Le Parti progressiste-conservateur ne récoltait que 22,4 % des suffrages, loin derrière les libéraux à 39,9 %.

Les élections fédérales de l’automne ont confirmé ce rejet de la « Ford Nation » en Ontario. Très discret dans la campagne pour ne pas nuire à son parti, Doug Ford a assisté à la défaite des conservateurs n’obtenant que 36 sièges pour l’Ontario à la Chambre des communes, contre 79 au Parti libéral de Justin Trudeau.

À ce climat de défiance s’est aussi ajoutée la grogne sur le terrain : les francophones d’abord qui ont passé l’année à réclamer le retour à l’Université de l’Ontario français (UOF) et l’indépendance de leur commissaire, les parents d’enfants d’autistes ont exigé plus de services, les enseignants se sont opposés aux coupes dans le milieu de l’éducation...

Conséquence ? Doug Ford n’a pas eu d’autre choix que de mettre de l’eau dans son vin. Son message politique s’est déplacé vers le centre. Le premier ministre a abandonné son idée de reprendre les fusions municipales, avant de renoncer à sa promesse d’augmenter les effectifs par classe à 28 élèves. Au passage, le gouvernement s’est entendu avec Ottawa pour la création de l’UOF.

Au niveau des finances, Doug Ford a modifié sensiblement son discours très axé sur les coupes. Le gouvernement se donne maintenant cinq ans pour équilibrer un déficit estimé à 9 milliards $ d’après les derniers chiffres avancés.

Au lendemain d’une élection fédérale marquée par la déroute du chef conservateur Andrew Scheer, M. Ford n’a aussi pas eu d’autre choix que de se rabibocher avec Justin Trudeau, quitte à mettre de côté ses piques sur la taxe carbone.

Toujours est-il que ces volte-face ne semblent pas avoir convaincu totalement les Ontariens. Pour beaucoup d’observateurs, le premier ministre a trahi ses partisans d’une droite « pure et dure », tout en ne satisfaisant pas encore les red tories, ces conservateurs de tendance centriste.

Mais à deux ans et demi des prochaines élections provinciales, Doug Ford peut toujours compter sur la faiblesse de ses adversaires. À commencer par Parti libéral, réduit à cinq députés. L’élection du successeur de Kathleen Wynne le 7 mars prochain ne résoudra pas d’un bout de baguette magique les défis d’une formation en lambeaux.

Depuis quelques mois, la chef néo-démocrate Andrea Horwath semble avoir repris un peu du poil de la bête, mais sans convaincre totalement les déçus du « fordisme ».

S’il veut reconquérir l’électorat, Doug Ford devra trouver enfin un style capable de rassembler. Dans ces conditions, le premier ministre aura un adversaire redoutable 2020 : lui-même.

Sébastien Pierroz
Un « bilinguisme officiel » très embryonnaire

Sébastien Pierroz

Un « bilinguisme officiel » très embryonnaire

CHRONIQUE / 15 décembre 2017. Dans une salle de l’hôtel de ville d’Ottawa, une trentaine de militants, élus et leaders ottaviens, ont pris rendez-vous pour célébrer « le caractère bilingue d’Ottawa » reconnu par une loi omnibus 177 passée la veille à Queen’s Park. Après des années de lutte pour le bilinguisme officiel, l’affaire semble enfin réglée…

Deux ans plus tard, force est d’admettre que rien n’a vraiment changé à la Ville d’Ottawa. La formule légale n’a en fait qu’enchâsser le statu quo, sans véritables progrès, ni objectif définis pour améliorer les services bilingues.

En 2019, le réflexe « franco » n’a pas été présent dans les nominations de hauts fonctionnaires comme en témoignent les promotions de Wendy Stephanson, à titre de chef des finances de la Ville, et la confirmation de l’embauche de Dean Lett comme directeur des soins de longue durée.

Le hic, c’est que la politique sur le bilinguisme de la Ville d’Ottawa stipule pourtant que tous les candidats externes considérés pour des postes de gestion de niveau 1 à 3 doivent être bilingues. Une obligation alors contournée avec une exemption votée de la part du conseil municipal…

En août dernier, Peter Sloly devenait le premier Noir nommé à la tête du Service de police d’Ottawa. Si le bilinguisme n’entrait pas ici dans les critères d’embauche, le fait qu’un unilingue succédait au francophone Charles Bordeleau créait un léger un malaise.

À certains égards, la représentation du français a même semblé reculer à la Ville d’Ottawa en 2019. Aucune réunion du « caucus » francophone, cette rencontre réunissant les conseillers municipaux francophones et francophiles, n’a été tenue depuis octobre 2018, date de la réélection de Jim Watson comme maire.

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