Sébastien Pierroz

Un nouveau coup d’épée dans l’eau

CHRONIQUE / On l’espère, d’autres la promettent. La modernisation de la Loi sur les services en français (LSF) attend toujours. Et malgré le projet de loi présenté il y a quelques jours par la députée Nathalie Des Rosiers, il y a très peu de chances que cette refonte se fasse très bientôt.

Mais qu’a proposé au juste l’élue d’Ottawa-Vanier ? 

Grosso modo, que les règles linguistiques « s’appliquent partout » dans la province, et non aux 26 régions désignées en vertu de la LSF. 

Aussi, l’Assemblée législative, les cours et les tribunaux, les municipalités fonctionneraient dans les deux langues officielles. 

L’offre active dans les bureaux de ServiceOntario deviendrait aussi obligatoire.

Sébastien Pierroz

Le pire a été évité

CHRONIQUE / Les prédictions étaient plutôt sombres au soir du « jeudi noir » le 15 novembre dernier. Les plus pessimistes pariaient sur un lent déclin des institutions francophones sur le point d’être sacrifiées sur l’autel de la rigueur budgétaire promise par Doug Ford. Six mois après, force est d’admettre que le pire a été évité.

La session parlementaire achevée jeudi dernier confirme ce constat de soulagement : les entités de planification des services de santé ont survécu à la réforme ardue du système de santé ontarien présentée en février, le Programme d’appui à la francophonie ontarienne a finalement été maintenu, tandis que Groupe Média TFO a conservé une subvention identique à l’an passé… quand son pendant anglophone TVO était amputé de 2 millions $.

Sébastien Pierroz

Inquiétude dans les conseils scolaires

CHRONIQUE / Pas un fonctionnaire coupé. En pleine campagne des élections provinciales, il y a un an, Doug Ford tentait de rassurer des employés inquiets par sa volonté d’assainir les finances publiques de la province. Le filon était gros.

Lors de la présentation de la réforme de l’éducation en mars, la ministre Lisa Thompson l’avait promis : l’augmentation du nombre d’élèves de 22 à 28 par classe ne devait pas entraîner la suppression de postes du personnel enseignant. 

Ou plutôt des coupes par attrition, comme l’a affirmé la ministre quelques semaines plus tard. 

Une estimation de 3 500 pertes de postes de cette manière était alors annoncée. Là encore, le filon était gros.

Sébastien Pierroz

L’étoile pâlissante d’Andrea Horwath

CHRONIQUE / Il y a un an jour pour jour, Andrea Horwath marchait sur l’eau. En pleine campagne d’une élection promise à Doug Ford, la chef néo-démocrate, radieuse, dynamique, maline, grimpait dans les sondages.

Bien que la victoire ne fût pas au rendez-vous, le Nouveau Parti démocratique (NPD) envoyait 40 députés à Queen’s Park, sa meilleure performance depuis les élections de 1990. 

Devenue chef de l’opposition officielle, la députée de Hamilton-Centre se posait en rempart face au nouveau premier ministre, Doug Ford. Andrea Horwath allait enfin faire parler la poudre, du moins le croyait-on.

Sébastien Pierroz

Départ de Nathalie Des Rosiers : la perte d’une alliée francophone

CHRONIQUE / En novembre 2016, Nathalie Des Rosiers avait fait une entrée fracassante en politique provinciale. Le tout à l’issue d’une élection partielle dans Ottawa-Vanier pour remplacer Madeleine Meilleur. Deux ans et demi plus tard, c’est de la même manière que la députée libérale a annoncé son intention de démissionner.

On le sentait presque venir. 

La confirmation en début de semaine du départ de sa collègue Marie-France Lalonde pour une destinée fédérale cachait le profond malaise du Parti libéral de l’Ontario.

Sébastien Pierroz

La valse-hésitation de Marie-France Lalonde

CHRONIQUE / Ira, ira pas ? Depuis plusieurs jours, les paris sont lancés sur l’avenir de Marie-France Lalonde. La députée d’Ottawa-Orléans a secoué quelque peu Queen’s Park la semaine dernière en dévoilant ses intentions de faire le saut au fédéral.

Explications : Marie-France Lalonde songe briguer l’investiture libérale dans Orléans pour les élections fédérales, l’automne prochain. Le siège sera en effet laissé vacant. Son actuel occupant, Andrew Leslie, élu en 2015, ne sera pas candidat pour un nouveau mandat.

Le tapis rouge semblait déjà déroulé pour l’ancienne ministre des Affaires francophones. Mais Mme Lalonde a nuancé le lendemain, affirmant qu’elle pourrait rester à l’Assemblée législative… pour se lancer dans la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario.

Comment comprendre ces hésitations ? Le nœud du problème est sans doute la faiblesse de ce parti. Depuis les dernières élections, la formation politique n’est plus qu’une peau de chagrin, privée de son statut de parti officiel. Réduits à sept députés incluant donc Mme Lalonde, les libéraux connaissent leur plus basse représentation depuis les années 50.

Derrière les jolies formules « aider à garder le comté fédéral rouge », il y a bien sûr l’intérêt stratégique. Marie-France Lalonde sait qu’il sera difficile pour sa formation de remonter la pente à Queen’s Park. Le pouvoir ne se présentera probablement pas à eux lors des élections de 2022. En 2026 peut-être ? C’est très loin.

Et puis, Marie-France Lalonde, 48 ans, reste une mère de famille. Pour les résidents de la région d’Ottawa, une carrière politique à la Chambre des communes demeure une meilleure conciliation vie familiale – vie professionnelle. Un argument d’autant plus pertinent dans cette période de traversée du désert pour sa formation politique.

Par ailleurs, on se doute que le Parti libéral du Canada a conscience du potentiel de Mme Lalonde. Orléans reste une circonscription tiraillée depuis des années entre les conservateurs et les libéraux, tant au provincial qu’au fédéral. Il faut donc une valeur sûre pour vaincre l’adversaire.

Sébastien Pierroz

Provinces plus à droite : mauvais pour les francophones ?

ANALYSE / Les temps changent. En moins d’un an, quatre des dix provinces canadiennes ont pris les habits progressistes-conservateurs. D’abord l’Ontario en juin dernier avec la victoire de Doug Ford, puis le Nouveau-Brunswick trois mois plus tard. Derniers épisodes en date en avril : la victoire attendue de Jason Kenney en Alberta, et celle plus surprise de Dennis King à Île-du-Prince-Édouard.

Difficile de ranger dans le même sac la Coalition avenir Québec (CAQ), aux commandes du Québec depuis cet automne. Reste que dans l’idéologie économique, le parti de François Legault tend plus à droite.

Sébastien Pierroz

Les derniers jours de François Boileau

CHRONIQUE / C’est dans deux jours que l’on va sentir les conséquences des coupures du gouvernement de Doug Ford faites l’automne dernier. Mercredi matin, il n’y aura officiellement plus de commissaire aux services en français en Ontario. Pour François Boileau, son occupant depuis plus de 11 ans, l’heure du départ a sonné.

Ce sont désormais vers les bureaux de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, que seront acheminés les dossiers du Commissariat. Des « transferts » qui concernent aussi une grande partie des employés de Me Boileau.

Sébastien Pierroz

Bien secondaire, l’environnement

CHRONIQUE / Entre Doug Ford et les partisans de la défense de l’environnement, le courant passe plutôt mal. Élu il y a bientôt un an sur la base du conservatisme fiscal, le premier ministre de l’Ontario ne brille pas par sa conscience écologique.

La semaine dernière, deux événements ont rappelé que l’intérêt du gouvernement progressiste-conservateur est avant tout celui des affaires. 

D’une, le ministre de l’Environnement, Rod Phillips, veut un processus de détermination du statut des espèces moins restrictif. 

En gros, les municipalités et les promoteurs immobiliers pourront maintenant payer pour exploiter des terrains où vivraient des espèces menacées de disparition.

Sébastien Pierroz

Les francophones épargnés?

CHRONIQUE / On l’attendait, on le redoutait surtout. Le budget provincial dévoilé jeudi n’aura pas été dans la lignée du catastrophique énoncé économique du 15 novembre dernier. Cette fois, pas de surprises fracassantes comme la fin de l’autonomie du Commissariat aux services en français et l’arrêt du projet de l’Université de l’Ontario français.

C’est le premier enseignement du document de 382 pages : les francophones sont épargnés par des coupures ciblées. 

La fronde du Canada français à la suite du « Jeudi noir » semble avoir porté ses fruits. 

Reste qu’on peut difficilement lever les mains devant un budget où les mentions à la francophonie se comptent sur les doigts d’une main.