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Sébastien Pierroz

Ce qui pourrait changer pour l’Ontario français

CHRONIQUE / C’est le grand jour pour les électeurs canadiens. Ce soir, on aura une meilleure idée si Justin Trudeau conservera son poste de premier ministre. Le choix des citoyens pour les 338 circonscriptions canadiennes déterminera l’avenir politique du pays pour les prochaines années.

Du côté des Franco-Ontariens, une dizaine de circonscriptions, particulièrement dans le nord et l’est, seront observées à la loupe. Les francophones constituent par endroits plus de 20 % de l’ensemble des résidents. Une proportion non négligeable.

C’est sans doute du côté du nord de la province qu’il faudra être le plus attentif. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) pourrait y faire quelques gains aux dépens des libéraux. Thunder Bay-Rainer River, Sudbury et même Nickel Belt pourraient redevenir orange. Une prédiction qui, si elle se réalise, permettrait à Stef Paquette, candidat du NPD dans Nickel Belt, d’entrer à la Chambre des communes.

Si l’on se fie aux sondages, l’artiste sudburois possède une courte avance sur le député sortant, Marc Serré. Fort d’un capital de sympathie important, Stef Paquette bénéficie pour cette campagne de la présence à ses côtés de France Gélinas, la députée provinciale de la même circonscription. Un atout important quand on sait que l’élue néo-démocrate bénéficie d’une aura dans ce comté qui s’étale entre autres sur les municipalités du Grand Sudbury et de Nipissing Ouest. À Sudbury, Paul Lefebrve, bien que toujours donné gagnant, est menacé par la néo-démocrate Beth Mairs. En cas de défaite, l’Ontario perdrait donc un représentant franco-ontarien à la Chambre des communes.

Du côté de la région d’Ottawa, les jeux semblent plus ou moins déjà faits. Les libéraux devraient sans problème conserver Ottawa-Centre, Ottawa-Vanier, Ottawa-Sud, et Orléans, autant de circonscriptions marquées par le fait francophone.

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Sébastien Pierroz

Pleins feux sur Denise Bombardier

CHRONIQUE / Doug Ford et Denise Bombardier ne se rencontreront probablement jamais. La romancière québécoise partage au moins un point commun avec le premier ministre ontarien : la capacité à mettre les francophones en contexte minoritaire dans tous leurs états en quelques heures. Avons-nous la peau trop sensible ? Denise Bombardier est-elle condescendante ? Faut-il encore parler d’elle ? Trop de questions.

Pendant que l’on fixe « la Bombardier », on en oublie le principal : les élections fédérales auront lieu le 21 octobre. Et alors que la campagne entre dans son dernier droit cette semaine, les enjeux pour les francophones en contexte minoritaire – un peu plus de 3 % de la population canadienne – ne font guère parler. Moins en tout cas que les déguisements de Justin Trudeau ou les passeports d’Andrew Scheer.

Sébastien Pierroz

Doug Ford, le grand silencieux

On avait connu Doug Ford plus loquace. Depuis le déclenchement de la campagne des élections fédérales, le premier ministre ontarien est très discret. Au mieux, quelques phrases consensuelles sur les médias sociaux, des visites plus espacées, et surtout aucune référence au scrutin du 21 octobre.

TORONTO

Sébastien Pierroz

Pourquoi l’UOF à Cornwall?

CHRONIQUE / Il y a des annonces qui surprennent plus que d’autres. La semaine dernière, le vote d’une motion par les conseillers municipaux de Cornwall en faveur d’une Université de l’Ontario français (UOF) directement sur leur territoire a de quoi étonner. Douce folie ? Blague ? Manque de réalisme ?

La motion est pourtant passée à l’unanimité, signe d’une unité de la part des élus incluant la mairesse francophone Bernadette Clément. Mais que dit cette résolution ? En gros, la Ville « demande au ministre provincial de la Formation, des Collèges et Universités de considérer la ville de Cornwall comme un site possible pour la construction de la première université de langue française de l’Ontario ».

Sébastien Pierroz

Le pouvoir de la mobilisation

CHRONIQUE / À deux jours de la Journée des Franco-Ontariens, réécrivons un peu l’histoire. Imaginons qu’au lendemain des compressions aux services en français du « jeudi noir », les réactions ne se fassent pas entendre. Que la déception de la fin du Commissariat aux services en français et du projet d’université franco-ontarienne s’exprime uniquement par la voix des députés.

En somme, pas de critiques virulentes de la part des citoyens sur les médias sociaux, aucune lettre ouverte des politologues dans les médias, et surtout pas de manifestations massives sous l’impulsion des organismes le 1er décembre. Un scénario qui aurait vraisemblablement amenuisé les réactions politiques de toutes parts, avec une autre conséquence : le premier ministre Doug Ford n’aurait jamais bougé d’un pouce. 

Ne soyons pas dupes. Sans l’approche des élections fédérales, la ministre ontarienne des Affaires francophones et son homologue à Ottawa, Mélanie Joly, n’auraient pas conclu, il y a deux semaines, une entente sur l’Université de l’Ontario français (UOF). Mais autre fait indéniable : cet accord n’aurait jamais vu le jour sans la mobilisation franco-ontarienne.

Grâce au travail en coulisses mené au cours des derniers mois, le mouvement de La Résistance, porté par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), a obtenu gain de cause en ce qui a trait à l’UOF. Le règlement politique de cette crise est la preuve éclatante que la mobilisation peut payer, surtout lorsqu’elle est bien organisée et rapide.

Mais il ne faut pas crier victoire trop vite. L’indépendance du Commissariat aux services en français, l’autre point noir des compressions du 15 novembre dernier, n’a pas été encore rétablie.

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Sébastien Pierroz

Le bilinguisme mérite mieux

CHRONIQUE / La semaine dernière, il n’y en avait décidément que pour le déclenchement des élections fédérales.

Depuis mercredi, les publications sur Justin Trudeau et les autres chefs des partis inondent les médias sociaux. Ce qui fait passer au second plan d’autres nouvelles. À commencer par la nomination d’une lieutenante-gouverneure unilingue anglophone au Nouveau-Brunswick.

Sébastien Pierroz

Université de l'Ontario français: les raisons d’une entente

CHRONIQUE / On y croyait presque plus. Samedi après-midi, les gouvernements provincial et fédéral ont enfin officialisé une entente de financement pour la création de l’Université de l’Ontario français (UOF). Un accord qui met fin au match de ping-pong que se livraient depuis plusieurs jours la ministre des Affaires francophones ontarienne, Caroline Mulroney, et son homologue fédérale, Mélanie Joly.

Depuis quelque temps, l’affaire était pourtant dans le sac. Ottawa et Queen’s Park s’étaient entendus pour payer chacun 63 millions $ pour le démarrage du projet, le tout sur huit ans. Mais les deux camps ont ergoté sur des détails.

À LIRE AUSSI: Université de l'Ontario français: l’entente est signée

Finalement, les deux parties ont obtenu les concessions voulues. L’équipe de Doug Ford a par exemple le droit de ne payer sa part qu’après 2022, tandis qu’Ottawa a la garantie d’être remboursé si le gouvernement provincial ne participe pas. Queen’s Park a aussi accepté sa responsabilité quant à l’avenir de l’institution, après les huit années de financement partagé. 

Pour les deux paliers gouvernementaux, il s’agissait d’imposer à l’autre ses conditions, et de remporter une victoire. Une bataille d’égo où l’UOF semblait dès lors bien secondaire.

Car personne n’est dupe. L’entente entre les deux paliers gouvernementaux intervient au moment où les élections fédérales s’apprêtent à être déclenchées. D’autant que les négociations entre Mmes Joly et Mulroney avaient été longtemps au point mort. Pour les deux camps, le moment était idéal pour se parer de leurs plus beaux atours, et voler à la défense des francophones.

Mais de quels francophones exactement ? Les Franco-Ontariens ? Pas certain en fait.

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Sébastien Pierroz

Rentrée scolaire: du bruit pour pas grand-chose

On annonçait une rentrée des classes 2019 en Ontario particulière, voire explosive. Il n’en sera rien. Les principaux changements annoncés par le gouvernement progressiste-conservateur affecteront peu les élèves des écoles élémentaires et secondaires.

Le premier ministre, Doug Ford, et son ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, savent qu’ils marchent sur des œufs. Quelque deux millions d’élèves – près de 110 000 dans les écoles francophones – sont concernés par la rentrée scolaire.

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Le Droit: un combat à mener pour les Franco-Ontariens

CHRONIQUE / À force de le voir dans les dépanneurs ou étalé sur les tables des cafés, on avait fini par le croire éternel. Comme tout, le quotidien Le Droit, bien que centenaire, est condamné un jour à une fin.

La semaine dernière, la faillite de Groupe Capitales Médias (GCM) conjugué au plan de sauvetage de cinq millions de dollars in extremis du gouvernement québécois est venue brusquement nous rappeler la fragilité de nos médias. Sauf que Le Droit, seul quotidien franco-ontarien, et de surcroît fondé en 1913 pour contester le sinistre Règlement XVII, n’est pas qu’un simple média. Jusqu’au 31 décembre, le voilà en tout cas sous respirateur artificiel…

Sébastien Pierroz

Commissariat et Université: une bien longue attente

CHRONIQUE / Fin de l’indépendance du Commissariat aux services en français, annulation du projet de l’Université de l’Ontario français… le 15 novembre 2018 reste une date noire pour l’histoire des Franco-Ontariens. En 2019, à défaut de rêver, il était au moins permis d’espérer.

D’une, parce que dès janvier, le gouvernement fédéral avait accepté de prendre à sa charge financièrement une partie du projet universitaire. 

Secondo, les incertitudes se dissipaient début mai lorsque l’ombudsman de la province reprenait les rênes du Commissariat aux services en français.

Sébastien Pierroz

Qui succédera à Nathalie Des Rosiers?

CHRONIQUE / Et de quatre ! La circonscription provinciale d’Ottawa-Vanier vivra sa quatrième élection en cinq ans. La démission de l’élue libérale Nathalie Des Rosiers, effective depuis le 31 juillet, oblige les électeurs à revenir aux urnes à l’automne.

Mais l’essentiel se jouera probablement le 7 septembre, date de l’investiture du candidat libéral. Château fort libéral depuis 1971, Ottawa-Vanier ne devrait pas changer de couleur, à moins d’un rebondissement exceptionnel.

Sébastien Pierroz

De jolis drapeaux, mais un statu quo politique

CHRONIQUE / Hissé pour la première fois à l’Université Laurentienne en 1975, le drapeau franco-ontarien a depuis gagné ses lettres de noblesse. Aujourd’hui, on ne compte plus les endroits où le symbole vert et blanc créé par Gaétan Gervais et Michel Dupuis flotte.

Dernier épisode en date hautement symbolique : le drapeau franco-ontarien est devenu permanent à la cour centrale de l’hôtel de ville de Sudbury, en juin dernier. 

Un événement passé inaperçu, mais qui donne le sentiment que la boucle est bouclée au chapitre de la reconnaissance et de la fierté.

Sébastien Pierroz

La nécessaire relance d’Amanda Simard

CHRONIQUE / Amanda Simard ne laisse jamais indifférent. Décriée durant la campagne des élections provinciales, l’an passé, pour son manque de communication, l’élue de Glengarry-Prescott-Russell devenait quelques mois plus tard l’égérie de La Résistance franco-ontarienne face aux coupes de Doug Ford. Aujourd’hui, la voilà qui souffle de nouveau le chaud et le froid.

Désormais étiquetée indépendante sur les bancs de Queen’s Park, Amanda Simard a vécu une première partie d’année compliquée. 

Certes, son temps de parole a été considérablement réduit, mais ses détracteurs lui reprochent à raison ses nombreuses absences à l’Assemblée législative de l’Ontario. 

À titre d’indépendante, Mme Simard n’a pris part qu’à sept votes sur une possibilité de 60. Trop peu.

Sébastien Pierroz

La voix nécessaire des verts

CHRONIQUE / Dans l’ombre de Doug Ford et des deux autres partis d’opposition, on l’oublie bien souvent. Mike Schreiner est pourtant plus qu’un simple député à l’Assemblée législative de l’Ontario. Depuis un an, c’est lui le seul et unique député du Parti vert à Queen’s Park.

Chef de la formation politique depuis dix ans, Mike Schreiner avait enfin décroché le Graal lors des dernières élections provinciales, en remportant la circonscription de Guelph. 

Une première pour le Parti vert dans l’histoire de l’Ontario.

Sébastien Pierroz

Division et confusion dans la francophonie

CHRONIQUE / Au moment de prendre son stylo le 2 juillet dernier, Carol Jolin ne se doutait pas qu’une simple signature ferait couler autant d’encre. Les interrogations sur le protocole d’entente entre son association, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), et le groupe représentant les anglophones au Québec ne se sont pas dissipées. Au contraire.

Geste courageux et nécessaire pour les uns, mauvais calcul et folie pour les autres, cette alliance de l’AFO avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) mais surtout l’organisme porte-parole des Anglo-Québécois, le Quebec Community Groups Network (QCGN), ne passe vraiment pas. 

Le but est a priori noble : l’avancement et la protection des droits linguistiques.

Sébastien Pierroz

L’AFO a raté son coup

CHRONIQUE / En règle générale, les prises de position de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) suscitent plus ou moins le consensus. Mais l’organisme peut aussi déplaire, voire recevoir plus le pot que les fleurs.

La semaine dernière, l’entente formée par l’AFO avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Quebec Community Groups Network (QCGN) pour « l’avancement et la protection des droits linguistiques » a provoqué des réactions très vives, surtout de la part de Québécois francophones.

Sébastien Pierroz

Pourquoi Mulroney donne une chance à l’UOF

CHRONIQUE / Caroline Mulroney fêtait cette fin de semaine son premier anniversaire à titre de ministre des Affaires francophones de l’Ontario. Un an, c’est aussi le temps qu’il lui aura fallu pour dire un oui plus marqué au projet d’Université de l’Ontario français (UOF).

La petite phrase est lourde de sens. 

Dans une lettre écrite à la ministre fédérale de la Francophonie Mélanie Joly, Caroline Mulroney et son homologue de la Formation et des Collèges et Universités, Ross Romano, se sont dits enfin prêts à discuter de l’éventualité d’une université franco-ontarienne.

« Nous serons heureux d’entamer un dialogue constructif avec vous. » 

En somme, une entente de principe devrait être signée, avec à la clé du financement.

Sébastien Pierroz

Objectif relance à tout prix pour Doug Ford

CHRONIQUE / Le 7 juin, Doug Ford célébrait la première année de son élection à la tête de l’Ontario. Mais l’an II du gouvernement progressiste-conservateur a véritablement commencé jeudi dernier.

On s’attendait à ce que Doug Ford change ses ministres, mais pas autant. 

Les rétrogradations de Vic Fedeli, Caroline Mulroney, ou Lisa Thompson montrent l’urgence d’une nouvelle impulsion pour le premier ministre. 

Le départ le lendemain de son chef de cabinet, le controversé Dean French, a donné un peu plus d’ampleur à ce remaniement.

Sébastien Pierroz

Un nouveau coup d’épée dans l’eau

CHRONIQUE / On l’espère, d’autres la promettent. La modernisation de la Loi sur les services en français (LSF) attend toujours. Et malgré le projet de loi présenté il y a quelques jours par la députée Nathalie Des Rosiers, il y a très peu de chances que cette refonte se fasse très bientôt.

Mais qu’a proposé au juste l’élue d’Ottawa-Vanier ? 

Grosso modo, que les règles linguistiques « s’appliquent partout » dans la province, et non aux 26 régions désignées en vertu de la LSF. 

Aussi, l’Assemblée législative, les cours et les tribunaux, les municipalités fonctionneraient dans les deux langues officielles. 

L’offre active dans les bureaux de ServiceOntario deviendrait aussi obligatoire.

Sébastien Pierroz

Le pire a été évité

CHRONIQUE / Les prédictions étaient plutôt sombres au soir du « jeudi noir » le 15 novembre dernier. Les plus pessimistes pariaient sur un lent déclin des institutions francophones sur le point d’être sacrifiées sur l’autel de la rigueur budgétaire promise par Doug Ford. Six mois après, force est d’admettre que le pire a été évité.

La session parlementaire achevée jeudi dernier confirme ce constat de soulagement : les entités de planification des services de santé ont survécu à la réforme ardue du système de santé ontarien présentée en février, le Programme d’appui à la francophonie ontarienne a finalement été maintenu, tandis que Groupe Média TFO a conservé une subvention identique à l’an passé… quand son pendant anglophone TVO était amputé de 2 millions $.

Sébastien Pierroz

Inquiétude dans les conseils scolaires

CHRONIQUE / Pas un fonctionnaire coupé. En pleine campagne des élections provinciales, il y a un an, Doug Ford tentait de rassurer des employés inquiets par sa volonté d’assainir les finances publiques de la province. Le filon était gros.

Lors de la présentation de la réforme de l’éducation en mars, la ministre Lisa Thompson l’avait promis : l’augmentation du nombre d’élèves de 22 à 28 par classe ne devait pas entraîner la suppression de postes du personnel enseignant. 

Ou plutôt des coupes par attrition, comme l’a affirmé la ministre quelques semaines plus tard. 

Une estimation de 3 500 pertes de postes de cette manière était alors annoncée. Là encore, le filon était gros.

Sébastien Pierroz

L’étoile pâlissante d’Andrea Horwath

CHRONIQUE / Il y a un an jour pour jour, Andrea Horwath marchait sur l’eau. En pleine campagne d’une élection promise à Doug Ford, la chef néo-démocrate, radieuse, dynamique, maline, grimpait dans les sondages.

Bien que la victoire ne fût pas au rendez-vous, le Nouveau Parti démocratique (NPD) envoyait 40 députés à Queen’s Park, sa meilleure performance depuis les élections de 1990. 

Devenue chef de l’opposition officielle, la députée de Hamilton-Centre se posait en rempart face au nouveau premier ministre, Doug Ford. Andrea Horwath allait enfin faire parler la poudre, du moins le croyait-on.

Sébastien Pierroz

Départ de Nathalie Des Rosiers : la perte d’une alliée francophone

CHRONIQUE / En novembre 2016, Nathalie Des Rosiers avait fait une entrée fracassante en politique provinciale. Le tout à l’issue d’une élection partielle dans Ottawa-Vanier pour remplacer Madeleine Meilleur. Deux ans et demi plus tard, c’est de la même manière que la députée libérale a annoncé son intention de démissionner.

On le sentait presque venir. 

La confirmation en début de semaine du départ de sa collègue Marie-France Lalonde pour une destinée fédérale cachait le profond malaise du Parti libéral de l’Ontario.

Sébastien Pierroz

La valse-hésitation de Marie-France Lalonde

CHRONIQUE / Ira, ira pas ? Depuis plusieurs jours, les paris sont lancés sur l’avenir de Marie-France Lalonde. La députée d’Ottawa-Orléans a secoué quelque peu Queen’s Park la semaine dernière en dévoilant ses intentions de faire le saut au fédéral.

Explications : Marie-France Lalonde songe briguer l’investiture libérale dans Orléans pour les élections fédérales, l’automne prochain. Le siège sera en effet laissé vacant. Son actuel occupant, Andrew Leslie, élu en 2015, ne sera pas candidat pour un nouveau mandat.

Le tapis rouge semblait déjà déroulé pour l’ancienne ministre des Affaires francophones. Mais Mme Lalonde a nuancé le lendemain, affirmant qu’elle pourrait rester à l’Assemblée législative… pour se lancer dans la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario.

Comment comprendre ces hésitations ? Le nœud du problème est sans doute la faiblesse de ce parti. Depuis les dernières élections, la formation politique n’est plus qu’une peau de chagrin, privée de son statut de parti officiel. Réduits à sept députés incluant donc Mme Lalonde, les libéraux connaissent leur plus basse représentation depuis les années 50.

Derrière les jolies formules « aider à garder le comté fédéral rouge », il y a bien sûr l’intérêt stratégique. Marie-France Lalonde sait qu’il sera difficile pour sa formation de remonter la pente à Queen’s Park. Le pouvoir ne se présentera probablement pas à eux lors des élections de 2022. En 2026 peut-être ? C’est très loin.

Et puis, Marie-France Lalonde, 48 ans, reste une mère de famille. Pour les résidents de la région d’Ottawa, une carrière politique à la Chambre des communes demeure une meilleure conciliation vie familiale – vie professionnelle. Un argument d’autant plus pertinent dans cette période de traversée du désert pour sa formation politique.

Par ailleurs, on se doute que le Parti libéral du Canada a conscience du potentiel de Mme Lalonde. Orléans reste une circonscription tiraillée depuis des années entre les conservateurs et les libéraux, tant au provincial qu’au fédéral. Il faut donc une valeur sûre pour vaincre l’adversaire.

Sébastien Pierroz

Provinces plus à droite : mauvais pour les francophones ?

ANALYSE / Les temps changent. En moins d’un an, quatre des dix provinces canadiennes ont pris les habits progressistes-conservateurs. D’abord l’Ontario en juin dernier avec la victoire de Doug Ford, puis le Nouveau-Brunswick trois mois plus tard. Derniers épisodes en date en avril : la victoire attendue de Jason Kenney en Alberta, et celle plus surprise de Dennis King à Île-du-Prince-Édouard.

Difficile de ranger dans le même sac la Coalition avenir Québec (CAQ), aux commandes du Québec depuis cet automne. Reste que dans l’idéologie économique, le parti de François Legault tend plus à droite.

Sébastien Pierroz

Les derniers jours de François Boileau

CHRONIQUE / C’est dans deux jours que l’on va sentir les conséquences des coupures du gouvernement de Doug Ford faites l’automne dernier. Mercredi matin, il n’y aura officiellement plus de commissaire aux services en français en Ontario. Pour François Boileau, son occupant depuis plus de 11 ans, l’heure du départ a sonné.

Ce sont désormais vers les bureaux de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, que seront acheminés les dossiers du Commissariat. Des « transferts » qui concernent aussi une grande partie des employés de Me Boileau.

Sébastien Pierroz

Bien secondaire, l’environnement

CHRONIQUE / Entre Doug Ford et les partisans de la défense de l’environnement, le courant passe plutôt mal. Élu il y a bientôt un an sur la base du conservatisme fiscal, le premier ministre de l’Ontario ne brille pas par sa conscience écologique.

La semaine dernière, deux événements ont rappelé que l’intérêt du gouvernement progressiste-conservateur est avant tout celui des affaires. 

D’une, le ministre de l’Environnement, Rod Phillips, veut un processus de détermination du statut des espèces moins restrictif. 

En gros, les municipalités et les promoteurs immobiliers pourront maintenant payer pour exploiter des terrains où vivraient des espèces menacées de disparition.

Sébastien Pierroz

Les francophones épargnés?

CHRONIQUE / On l’attendait, on le redoutait surtout. Le budget provincial dévoilé jeudi n’aura pas été dans la lignée du catastrophique énoncé économique du 15 novembre dernier. Cette fois, pas de surprises fracassantes comme la fin de l’autonomie du Commissariat aux services en français et l’arrêt du projet de l’Université de l’Ontario français.

C’est le premier enseignement du document de 382 pages : les francophones sont épargnés par des coupures ciblées. 

La fronde du Canada français à la suite du « Jeudi noir » semble avoir porté ses fruits. 

Reste qu’on peut difficilement lever les mains devant un budget où les mentions à la francophonie se comptent sur les doigts d’une main.

Sébastien Pierroz

Les vraies couleurs de Ford

CHRONIQUE / Rarement un budget provincial n’aura tant fait parler de lui. Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Ford va dévoiler ce jeudi ses priorités budgétaires dans leur ensemble. Un exercice aussi attendu que redouté, tant l’équipe progressiste-conservatrice ne cesse de parler d’économies et de sacrifices.

Car le déficit budgétaire estimé par le gouvernement reste particulièrement élevé. Depuis l’annonce d’un trou de 15 milliards $ en septembre dernier, on ne peut pas dire qu’il y ait eu une amélioration. Aux dernières nouvelles, le ministre des Finances, Vic Fedeli, annonçait un déficit ramené… à 13,5 milliards $.

Sébastien Pierroz

Les quelques bonbons de Caroline Mulroney

CHRONIQUE / Depuis le fameux « Jeudi noir », la procureure générale et ministre des Affaires francophones s’était faite discrète, pour ne pas dire invisible. En déplacement à Sudbury vendredi dernier, Caroline Mulroney a surpris. D’abord, par une étonnante disponibilité en accordant une entrevue dans les studios de Radio-Canada, mais aussi en distribuant un petit cadeau sur l’accès à la justice en français.

En annonçant le lancement d’un projet pilote pour assurer les services en français au palais de justice de Sudbury, le gouvernement répond à une revendication qui ne date pas d’hier. En gros, les services offerts pour les clients à l’entrée du palais de justice de Sudbury, comme la sécurité, les renseignements juridiques ou encore, la demande d’un avocat, seront dorénavant disponibles dans la langue de Molière.