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Sébastien Pierroz

Changement de cap au milieu de la tempête pour l’Ontario

TORONTO – Sous le gouvernement Ford, les énoncés économiques laissent souvent plus de traces et ont davantage d’impacts que les dépôts budgétaires. En pleine crise de la COVID-19, cette mise à jour publiée mercredi dernier va dans ce sens. À priori, elle apparaît même comme un tournant majeur.

Doug Ford et son ministre des Finances, Rod Phillips, ont mis définitivement de côté l’idée d’équilibrer le budget provincial en 2023. Des 9,1 milliards $ de déficit annoncés à l’automne, le chiffre grimpe maintenant à 20,5 milliards. La raison : les mesures exceptionnelles pour relancer une économie au ralenti depuis l’arrivée de la pandémie en Ontario.

Chronique

Doug Ford et la guerre contre le coronavirus

CHRONIQUE / En janvier dernier, le monde entier apprenait l’existence du terme « coronavirus ». Il y a quelques jours, le déploiement rapide et insidieux de l’épidémie obligeait à considérer ce coronavirus comme une menace considérable. Une situation que très peu de décideurs avaient vu venir. Le gouvernement ontarien n’échappe pas à la règle.

La situation est grave. Le 15 mars, l’Ontario comptait environ 150 cas de COVID-19 sur son territoire. Une semaine plus tard, 413 personnes font face à la maladie. Ce chiffre, sensiblement le même en Colombie-Britannique, est bien supérieur à celui du Québec.

L’Ontario n’est pas sorti de l’auberge, tant le pic épidémique dont parlent les médecins est loin d’être atteint. Une étude récente publiée par des épidémiologistes de Toronto affirme que la province pourrait même manquer de lits de soins intensifs et être en pénurie de ventilateurs d’ici la fin avril.

Évidemment, l’Ontario reste la province la plus populeuse du Canada. Logique donc que le territoire soit numériquement plus exposé, d’autant que le flux des voyageurs internationaux est immense à Toronto. Il n’est pas un hasard que la majorité des ontariens infectés résident dans la Ville reine ou aux alentours.

Deux opinions sur la réaction de Ford

Au vu de cette crise sanitaire sans précédent, les projecteurs se sont braqués naturellement sur le premier ministre, Doug Ford. Deux observations à cet égard. L’une positive voulant que le chef conservateur ait réagi en temps voulu. Le 12 mars, le gouvernement annonçait la fermeture des écoles. Cinq jours plus tard, il décrétait l’état d’urgence. Des décisions en adéquation avec la gravité de la crise.

Souvent comparé au président américain Donald Trump pour son style rugueux et populiste, Doug Ford n’avait cette fois rien à voir avec le locataire de la Maison-Blanche.

À aucun moment, le premier ministre n’a eu une phrase de déni quant à l’ampleur de la crise. Le ton des dernières conférences de presse sur la COVID-19 était grave et rassembleur, bien loin des flèches et des diatribes de la campagne électorale de 2018.

Un fait : dans la forme, l’Ontario a eu du retard à l’allumage. Tandis que le Québec lançait lundi dernier une conférence quotidienne consacrée à la crise, Doug Ford tenait dans le même temps un point presse… sur l’économie.

Chronique

Lecce et les enseignants : le printemps de la réconciliation ?

CHRONIQUE / L’actualité hebdomadaire ultra dominée par le coronavirus a laissé au second plan le conflit entre le ministère de l’Éducation et les syndicats enseignants. Pourtant, une éclaircie, jeudi dernier : l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA) et le gouvernement ontarien sont parvenus à une entente de principe.

L’accord est loin d’être anodin. L’OECTA est le premier des quatre principaux syndicats enseignants à s’entendre avec le gouvernement. Depuis plusieurs mois, les discussions piétinaient, et rien ne laissait présager une quelconque ouverture de part et d’autre.

Sébastien Pierroz

Steven Del Duca, pour le meilleur ou pour le pire

CHRONIQUE / Il aura fallu plus d’un an et demi pour que les libéraux ontariens trouvent un successeur à Kathleen Wynne. Et sans surprise, le favori de la course à la chefferie, Steven Del Duca, a obtenu le plus de voix de la part des délégués du parti réunis ce samedi à Mississauga.

Malgré les candidatures à priori rafraîchissantes de Brenda Hollingsworth, Kate Graham, et Alvin Tajdo, trois néophytes en politique provinciale, ainsi que celles des deux anciens ministres, Mitizie Hunter et Michael Coteau, les délégués ont fait le choix de la stabilité et de l’expérience. Deux qualités que possèdent à leurs yeux M. Del Duca pour reconstruire une formation politique en lambeaux.

Huit députés et un statut de parti non officiel, les choses vont mal depuis les élections provinciales de juin 2018. Quelques signaux encourageants pour le parti toutefois  : les difficultés du gouvernement Ford à convaincre l’opinion, et les larges succès électoraux à Ottawa-Vanier et Orléans il y a dix jours.

Pour remonter la pente, le nouveau chef doit convaincre maintenant non plus les délégués, mais les électeurs possibles. Peu charismatique et dégageant une rigidité, Steven Del Duca n’est pas celui dont les discours font lever les foules.

Face à un Doug Ford, au ton volontiers anti-élites et rugueux, et à une Andréa Horwath misant sur l’empathie et l’expérience, M. Del Duca devra dans un premier temps se trouver un style et une image publique qui le démarquent de ses adversaires.

Autre obstacle pour lui : le fait qu’il incarne la vieille garde libérale de Kathleen Wynne rejetée par les électeurs en juin 2018. Lui-même avait alors subi alors une cuisante défaite, dans sa circonscription de Vaughan-Woodbrige, face au conservateur Michael Tibollo.

Auparavant, M. Del Duca avait occupé le poste de ministre des Transports puis pendant quelques mois celui du Développement économique et de la Croissance.

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Sébastien Pierroz

Les nouveaux venus à Queen’s Park

CHRONIQUE / À l’Est, rien de nouveau. Aucune surprise n’a marqué les deux élections partielles de jeudi dernier. Les victoires de Stephen Blais et de Lucile Collard ont permis aux libéraux de conserver les circonscriptions d’Orléans et d’Ottawa-Vanier.

On attend maintenant les deux nouveaux députés au tournant. D’autant que les vainqueurs de ces scrutins spéciaux ne passent jamais inaperçus. En novembre 2016, une double élection partielle avait amené sur les bancs de l’Assemblée législative Sam Oosterhoff et Nathalie Des Rosiers.

Le premier avait fait parler de lui par sa jeunesse, et des positions jugées controversées sur l’avortement, la seconde en parvenant à arracher une officialisation provinciale du caractère bilingue d’Ottawa.

Dans un autre registre, l’arrivée du libéral Glenn Thibeault sur les bancs de Queen’s Park à l’issue d’une élection partielle en 2015 avait déclenché le Sudburygate. Une affaire qui avait fait vaciller le trône de la première ministre, Kathleen Wynne.

Qu’en sera-t-il vraiment pour Lucille Collard et Stephen Blais ? La nouvelle élue d’Ottawa-Vanier, jusqu’alors présidente du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario, possède un bagage intéressant en éducation. Dans une atmosphère électrisée par le conflit entre le gouvernement et les enseignants, le Parti libéral devrait mettre en avant Mme Collard dans les dossiers des écoles.

Mais la successeure de Nathalie Des Rosiers possède une courbe d’apprentissage. À la différence de ses nouveaux collègues libéraux Amanda Simard et Stephen Blais, anciens conseillers municipaux, Mme Collard commence sa carrière politique à l’échelle provinciale. Une marche d’un coup élevée.

Élu du quartier Cumberland à Ottawa depuis 2010, Stephen Blais est, lui, un visage familier de la politique municipale. Dans ce territoire composé d’environ 40 % de francophones – un record parmi les 23 quartiers de la ville d’Ottawa – le nouveau député d’Orléans a établi un lien privilégié avec ses concitoyens. Aux dernières élections municipales, il était même plébiscité avec 89 % des suffrages.

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Sébastien Pierroz

Un test pour Ford

CHRONIQUE / Un parfum électoral s’empare de l’Ontario. Ce jeudi, deux élections partielles se tiendront simultanément. L’une dans le château fort libéral d’Ottawa-Vanier pour remplacer Nathalie Des Rosiers, l’autre dans la circonscription voisine d’Orléans pour trouver le successeur de Marie-France Lalonde.

C’est la première fois que des élections partielles se déroulent depuis l’arrivée de Doug Ford au pouvoir il y a 20 mois.

Sébastien Pierroz

Grand blocage pour la rentrée à Queen’s Park

CHRONIQUE / Au moment de l’ajournement des travaux parlementaires en décembre, peu de députés auraient anticipé une rentrée à Queen’s Park si houleuse. Le conflit entre le gouvernement et les enseignants était alors à un stade avancé. Deux mois plus tard, le voilà à un point critique. 

Nul doute qu’à partir de mardi, les débats en chambre tourneront autour d’un conflit qui a trop duré. En toile de fond : l’incapacité des quatre syndicats enseignants et du gouvernement progressiste-conservateur à s’entendre sur le renouvellement des conventions collectives échues depuis le 31 août.

Les partis d’opposition n’ont pas attendu la rentrée pour décocher leurs flèches, le Nouveau Parti démocratique (NPD) appelant même à la démission du ministre de l’Éducation, Stephen Lecce.

De leurs côtés, les quatre syndicats dont l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) seront unis vendredi prochain pour une grève générale historique. Les quelque deux millions d’élèves que compte la province seront contraints de rester à la maison. Une situation qui devrait intensifier davantage les débats, chacun des deux camps utilisant le terme « d’irresponsabilité » pour qualifier l’autre quant à la gestion des élèves.

Adulé par certains, détesté par d’autres, le premier ministre Doug Ford ne laisse personne indifférent.

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Sébastien Perroz

Moins de premiers ministres bilingues

CHRONIQUE / Depuis quelques jours, les projecteurs sont braqués sur le français de Peter MacKay. Suffisant ? Insuffisant ? Mais il y a tout aussi inquiétant que le niveau linguistique du favori à la course à l’investiture conservatrice : la diminution vertigineuse du nombre de premiers ministres des provinces capables de s’exprimer en français.

Début 2016, ils étaient au moins quatre d’entre eux en dehors du Québec à pouvoir donner une entrevue en français : la libérale et première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, mais aussi son homologue manitobain Greg Selinger (NPD), ainsi que les libéraux Brian Gallant et Wade MacLachlan, respectivement au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Quatre ans plus tard, tous les quatre ont été balayés par la vague conservatrice qui a déferlé dans les provinces. Jason Kenney, devenu premier ministre de l’Alberta grâce à cette « vague bleue » justement, est aujourd’hui l’unique chef d’un gouvernement provincial en contexte minoritaire à maîtriser le français.

Et l’on s’entend que les connaissances linguistiques nécessaires sont inférieures à celles exigées en anglais pour un francophone désireux de mener une carrière au fédéral. Moqué pour son niveau d’anglais, l’ancien député Stéphane Dion serait vu parfaitement bilingue aux yeux des francophones avec un niveau semblable dans l’autre langue officielle.

On peut comprendre cette diminution par le hasard provenant des changements politiques. Moins en vogue dans les partis conservateurs, le bilinguisme ne se reflète pas toujours dans les discours des leaders.

D’autres verront peut-être le rêve brisé d’un Canada bilingue d’un océan à l’autre. À l’Ouest, le premier ministre de la Colombie-Britannique, le néo-démocrate John Horgan, tout comme son alter ego de la Nouvelle-Écosse, le libéral Stephen McNeil, ne parlent pas français. Une tradition gouvernementale dans ces provinces éloignées d’Ottawa.

Cinquante ans après la mise en place de la Loi sur les langues officielles, l’apprentissage du français chez les élus est souvent lié à l’ambition d’une carrière fédérale.

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Sébastien Pierroz

Des élèves de deuxième classe ?

CHRONIQUE / L’éducation en français se porte bien en Ontario. Du moins, l’engouement pour les inscriptions dans les écoles francophones ne se tarit pas. Pour la rentrée 2019, les conseils scolaires de langue française comptaient environ 115 000 élèves. Une progression constante et un record.

La proportion d’écoles francophones avoisine aujourd’hui les 10 % de l’ensemble des établissements ontariens, contre environ 8 %, il y a 15 ans. Des données encourageantes qui cachent une ombre : le risque pour les écoles de langue française de devenir moins bien équipées que celles des conseils scolaires anglophones.

La semaine dernière, les parents d’une école torontoise en construction ont ravivé cette crainte.

Tout partait pourtant d’une bonne nouvelle : le conseil scolaire Viamonde dans la région de Toronto venait d’obtenir quelque 10,2 millions $ du gouvernement ontarien. Une somme devant lui permettre de devenir propriétaire de l’ancienne école anglaise Greenwood pour ouvrir le premier établissement secondaire de langue française dans l’est de Toronto.

Un moindre mal pour répondre au nombre de francophones toujours plus élevé dans la grande région métropolitaine de Toronto.

Sauf que pour les parents d’élèves, cette future école ne sera pas équivalente à celles des anglophones dans le même quartier. Pas la même surface, ni la même qualité des équipements. Pour l’heure, une requête constitutionnelle en ce sens, déposée en Cour supérieure à l’encontre de la province, en juin 2017, reste sans suite.

L’exemple de Toronto-Est n’est pas isolé. À Parry Sound en septembre dernier, les élèves obtenaient in extremis le droit d’intégrer de nouveaux locaux, malgré le refus initial de la municipalité. À Kingston, il faudra attendre au moins 2021 pour bénéficier du carrefour scolaire communautaire. Faute de mieux, une partie des élèves est pour le moment logée dans le bâtiment de l’école catholique anglophone St-Patrick. Comment comprendre ces manques ? L’enveloppe du ministère de l’Éducation bien qu’augmentant annuellement ne peut contenir les demandes croissantes d’inscription. Un enjeu qui se pose avec plus d’acuité pour les francophones.

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Sébastien Pierroz

Grève des enseignants: vers un enlisement total

ANALYSE / Plus rien ne bouge entre le gouvernement de l’Ontario et les syndicats d’enseignants. De grève en grève, et de petite phrase en petite phrase de la part du ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, le conflit s’enlise sans qu’une porte de sortie ne se dessine aujourd’hui.

Le ton s’est encore durcit tout au long de la semaine dernière. Si la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEÉSO) poursuit ses grèves par rotation, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), le principal syndicat, a commencé des grèves tournantes. Comprendre les travailleurs et grévistes se succèdent pour assurer le service.

L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a elle aussi fait lever la température en annonçant une phase 2 dans sa grève du zèle dès ce mardi. « De nouvelles consignes s’ajouteront à celles de la phase 1, qui touchaient principalement les tâches administratives », laissait entendre le syndicat francophone dans un communiqué laconique.

Voilà presque cinq mois que les conventions collectives des syndicats d’enseignants, d’une durée de deux ans, sont échues.

Augmentation des salaires des enseignants, mise en place de l’apprentissage électronique, mais surtout l’augmentation des tailles des classes, autant de points cruciaux ne permettant pas de dégager un accord. Une différence notable avec 2017 où les syndicats avaient rapidement obtenu satisfaction.

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Sébastien Pierroz

Moment charnière pour les libéraux

CHRONIQUE / TORONTO — Quatre années de purgatoire, c’est ce qu’avaient récolté les libéraux ontariens après l’échec aux élections de juin 2018. Avec sept députés, la formation en lambeaux perdait son statut de parti officiel à Queen’s Park. Mais les trois premiers mois de l’année 2020 offrent au Parti libéral de l’Ontario la possibilité d’une relance.

Les possibles arrivées de nouveaux députés vont apporter un peu d’oxygène. La semaine dernière, le ralliement pour les libéraux de l’élue indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, est allé dans ce sens. Nimbée d’un statut d’icône francophone depuis la crise linguistique de l’automne 2018, l’ancienne progressiste-conservatrice est un atout intéressant.

Dans les prochaines semaines, les regards seront tournés vers les élections partielles dans Ottawa-Vanier et Ottawa-Orléans. Deux scrutins pour remplacer respectivement Nathalie Des Rosiers et Marie-France Lalonde, parties vers de nouveaux défis, au courant de l’été.

Dans Ottawa-Vanier, on voit mal comment la candidate libérale Lucille Collard pourrait échapper à la tradition historique voulant depuis 1971 que les libéraux provinciaux l’emportent. Du côté d’Orléans, Stephen Blais, investi par la formation, partira avec une petite longueur d’avance sur la conservatrice Natalie Dimitra Montgomery.

Mais plus que le nombre d’élus, c’est surtout le chef choisi le 7 mars prochain qui déterminera l’avenir du parti. Ils sont six à vouloir succéder à Kathleen Wynne : un ancien ministre, Steven Del Duca, deux actuels députés, Mitzie Hunter et Michael Coteau, et trois « nouveaux », Alvin Tedjo, Brenda Hollingsworth et Kate Graham.

Et ces aspirants entrent dans le vif du sujet dès ce lundi avec un premier débat tenu à Ottawa.

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Sébastien Pierroz

Tory francophile, vraiment ?

CHRONIQUE / TORONTO — Il y a des choses qui passent bien mal, surtout dans une région métropolitaine comme Toronto où résident plus de 50 000 francophones. Diminution de 18 % du nombre de livres en français, et fin de ces mêmes ressources dans 25 bibliothèques publiques, la municipalité de la Ville Reine a déclenché une vive polémique, jeudi, avant d’annuler cette décision, le lendemain.

Pendant plus d’une journée, la Bibliothèque publique de Toronto, l’organisme parapluie dépendant de la municipalité, défendait ce choix, arguant la faible utilisation des livres en français. Mais ce total de 26 000 livres enlevés soulevait des questions.

Sur les réseaux sociaux, la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, et son homologue fédérale, Mélanie Joly, se sont donné le crédit de cette volte-face, faisant chacune référence à leur discussion avec le maire torontois, John Tory. 

Tout est bien qui finit bien, mais une ombre persiste. La volonté de la municipalité de centraliser l’offre de livres signifie-t-elle que les ressources seront maintenant disponibles dans un univers plus restreint ? 

Mystère. 

Ce n’était en tout cas pas la première fois que l’administration dirigée par John Tory agissait à l’encontre des Franco-Torontois. En 2017, la Ville avait par exemple modifié en catimini sa politique de communication, en ôtant l’obligation de la présence du français dans les documents municipaux lorsqu’une autre langue que l’anglais s’y trouvait. Un vrai recul.

Force est d’admettre que John Tory a donné peut-être trop d’espoirs aux Franco-Torontois.

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Sébastien Pierroz

Enfin, une Maison de la Francophonie à Ottawa

CHRONIQUE / Les Franco-Ontariens auront au moins un cadeau en ce début de nouvelle année. La Maison de la francophonie d’Ottawa ouvrira dans quelques jours et sera inaugurée dans trois semaines. Une concrétisation qui marque l’aboutissement d’un des projets les plus importants des dernières années.

On y croyait presque plus. Depuis dix ans, le projet de la rénovation de l’ancienne école Grant sur la rue Richmond cumulait les retards. Et dire que lors  de la Journée des Franco-Ontariens en 2011, les responsables parlaient d’une ouverture… en 2012. Des années d’obstacles au final avec la  découverte d’amiante dans l’édifice, de « problèmes de structures et d’infrastructures », du vandalisme sur le site, et surtout le manque d’argent.

L’arrivée du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) dans le jeu à partir de 2016 à titre de propriétaire de la bâtisse avait permis de relancer les demandes à la province quant au financement pour les travaux.

Conséquences : le financement provincial de 8,95 millions de dollars offert, en décembre 2017, s’est montré décisif, résistant du même coup aux nombreuses coupes du gouvernement progressiste-conservateur élu l’année suivante.

Mais à quoi servira au juste cette Maison de la francophonie ? D’abord à offrir des services aux francophones situés à l’ouest de la Ville d’Ottawa. Une mission qui devrait être assurée par La Cité, le Centre soleil d’Ottawa-Ouest, la Coopérative Ami Jeunesse, l’Hôpital Montfort ou encore l’Université d’Ottawa qui bénéficieront de bureaux au sein de l’édifice.

Au-delà d’Orléans, Vanier et du centre-ville d’Ottawa, ils sont un peu plus de 30 000, l’équivalent de 20 % des francophones d’Ottawa, à avoir choisi l’Ouest comme lieu de résidence. Reste que parcourir une vingtaine de kilomètres depuis Nepean, Kanata, ou Barrhaven, pour obtenir des services dans la langue de Champlain n’est pas une mince affaire.

Ensuite, cette Maison de la francophonie représentera un lieu de rassemblement pour les francophones d’Ottawa. Que le principal lever du drapeau franco-ontarien le 25 septembre se déroule à l’hôtel de ville n’est pas si mal en soi, mais il est temps pour les francophones d’inviter les élus chez eux plutôt que d’attendre leur invitation.

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Sébastien Pierroz

Des ponts à rebâtir

CHRONIQUE / TORONTO — Sur les décombres du « jeudi noir », le gouvernement progressiste-conservateur et les militants franco-ontariens ont tenté tout au long de l’année 2019 de rebâtir leur relation. Avec des hauts et des bas.

Il fallait bien faire un effort pour mieux se parler. L’onde de choc suscitée par les compressions aux services en français le 15 novembre 2018, avec la suppression du poste du commissaire François Boileau et l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), avait laissé des traces.

Soucieux d’établir des ponts avec une communauté franco-ontarienne qu’elle connaît mal, l’équipe Ford a fait quelques pas en avant. D’abord dans la forme, avec la nomination de Marilissa Gosselin à titre de conseillère aux Affaires francophones.

Dans le fond, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, s’est finalement rangée derrière le projet de l’UOF. Le 7 septembre, le protocole d’entente sur le financement de la future université a jeté les balises. En résumé : le bâtiment devrait ouvrir en 2021 et sera financé par la province à compter de 2022.

Forts de ce succès, les militants sous l’impulsion de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) ont écarté provisoirement l’option des tribunaux face au gouvernement progressiste-conservateur. Reste que sur le dossier d’un éventuel retour à l’indépendance du commissaire aux services en français, intégré au bureau de l’ombudsman, Caroline Mulroney n’a pas modifié sa position d’un iota. C’est pour le moment un non catégorique.

Malgré la meilleure ouverture du gouvernement Ford, difficile de dire que l’année 2019 fut particulièrement bonne. Comme les autres minorités provinciales, les francophones restent tributaires d’un gouvernement qui a décidé de faire de la lutte contre le déficit budgétaire sa marotte.

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Sébastien Pierroz

2019 compliquée pour Doug Ford

CHRONIQUE / En 2018, Doug Ford avait mené tambour battant les six premiers mois de son mandat. Bière à un dollar, fin du monopole de la Régie des alcools de l’Ontario sur la vente de cannabis, retrait de l’Ontario du marché du carbone, réduction de la moitié du conseil municipal à Toronto, ou encore suppression de trois des neuf commissaires. Il s’agissait de faire vite. Trop vite peut-être.

L’année 2019 aura été un rappel que les Ontariens en majorité n’ont pas approuvé tous ces changements, ni le ton franc du collier et parfois belliqueux du premier ministre.

Quelques indicateurs à cette impopularité de Doug Ford. D’abord les sondages. L’un de la firme Mainstreet, en juin dernier, plaçait son parti en dernière place des intentions de vente. Le Parti progressiste-conservateur ne récoltait que 22,4 % des suffrages, loin derrière les libéraux à 39,9 %.

Les élections fédérales de l’automne ont confirmé ce rejet de la « Ford Nation » en Ontario. Très discret dans la campagne pour ne pas nuire à son parti, Doug Ford a assisté à la défaite des conservateurs n’obtenant que 36 sièges pour l’Ontario à la Chambre des communes, contre 79 au Parti libéral de Justin Trudeau.

À ce climat de défiance s’est aussi ajoutée la grogne sur le terrain : les francophones d’abord qui ont passé l’année à réclamer le retour à l’Université de l’Ontario français (UOF) et l’indépendance de leur commissaire, les parents d’enfants d’autistes ont exigé plus de services, les enseignants se sont opposés aux coupes dans le milieu de l’éducation...

Conséquence ? Doug Ford n’a pas eu d’autre choix que de mettre de l’eau dans son vin. Son message politique s’est déplacé vers le centre. Le premier ministre a abandonné son idée de reprendre les fusions municipales, avant de renoncer à sa promesse d’augmenter les effectifs par classe à 28 élèves. Au passage, le gouvernement s’est entendu avec Ottawa pour la création de l’UOF.

Au niveau des finances, Doug Ford a modifié sensiblement son discours très axé sur les coupes. Le gouvernement se donne maintenant cinq ans pour équilibrer un déficit estimé à 9 milliards $ d’après les derniers chiffres avancés.

Au lendemain d’une élection fédérale marquée par la déroute du chef conservateur Andrew Scheer, M. Ford n’a aussi pas eu d’autre choix que de se rabibocher avec Justin Trudeau, quitte à mettre de côté ses piques sur la taxe carbone.

Toujours est-il que ces volte-face ne semblent pas avoir convaincu totalement les Ontariens. Pour beaucoup d’observateurs, le premier ministre a trahi ses partisans d’une droite « pure et dure », tout en ne satisfaisant pas encore les red tories, ces conservateurs de tendance centriste.

Mais à deux ans et demi des prochaines élections provinciales, Doug Ford peut toujours compter sur la faiblesse de ses adversaires. À commencer par Parti libéral, réduit à cinq députés. L’élection du successeur de Kathleen Wynne le 7 mars prochain ne résoudra pas d’un bout de baguette magique les défis d’une formation en lambeaux.

Depuis quelques mois, la chef néo-démocrate Andrea Horwath semble avoir repris un peu du poil de la bête, mais sans convaincre totalement les déçus du « fordisme ».

S’il veut reconquérir l’électorat, Doug Ford devra trouver enfin un style capable de rassembler. Dans ces conditions, le premier ministre aura un adversaire redoutable 2020 : lui-même.

Sébastien Pierroz

Un « bilinguisme officiel » très embryonnaire

CHRONIQUE / 15 décembre 2017. Dans une salle de l’hôtel de ville d’Ottawa, une trentaine de militants, élus et leaders ottaviens, ont pris rendez-vous pour célébrer « le caractère bilingue d’Ottawa » reconnu par une loi omnibus 177 passée la veille à Queen’s Park. Après des années de lutte pour le bilinguisme officiel, l’affaire semble enfin réglée…

Deux ans plus tard, force est d’admettre que rien n’a vraiment changé à la Ville d’Ottawa. La formule légale n’a en fait qu’enchâsser le statu quo, sans véritables progrès, ni objectif définis pour améliorer les services bilingues.

En 2019, le réflexe « franco » n’a pas été présent dans les nominations de hauts fonctionnaires comme en témoignent les promotions de Wendy Stephanson, à titre de chef des finances de la Ville, et la confirmation de l’embauche de Dean Lett comme directeur des soins de longue durée.

Le hic, c’est que la politique sur le bilinguisme de la Ville d’Ottawa stipule pourtant que tous les candidats externes considérés pour des postes de gestion de niveau 1 à 3 doivent être bilingues. Une obligation alors contournée avec une exemption votée de la part du conseil municipal…

En août dernier, Peter Sloly devenait le premier Noir nommé à la tête du Service de police d’Ottawa. Si le bilinguisme n’entrait pas ici dans les critères d’embauche, le fait qu’un unilingue succédait au francophone Charles Bordeleau créait un léger un malaise.

À certains égards, la représentation du français a même semblé reculer à la Ville d’Ottawa en 2019. Aucune réunion du « caucus » francophone, cette rencontre réunissant les conseillers municipaux francophones et francophiles, n’a été tenue depuis octobre 2018, date de la réélection de Jim Watson comme maire.

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Sébastien Pierroz

Le grand blocage

CHRONIQUE / TORONTO — Le bras de fer continue entre le ministère de l’Éducation de l’Ontario et les enseignants. Mercredi de la semaine dernière, la grève déclenchée par la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEÉSO) a de nouveau démontré l’impasse des négociations entre les deux parties. Ce conflit ne concerne que les écoles anglophones… pour le moment.

À entendre le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, parlant de « moyens de pression aux dépens des élèves » de la part de la FÉÉSO, le principal syndicat provincial, on comprend que le ton s’est même durci. 

Voilà plus de cinq mois que les conventions collectives des syndicats d’enseignants, d’une durée de deux ans, sont échues. Et pour l’instant, les différentes rondes de négociations n’ont pas permis de dégager un accord. Une différence notable avec 2017 quand les syndicats avaient rapidement obtenu satisfaction.

Tout indique que les discussions coincent sur deux aspects. D’abord, la décision récente du gouvernement de limiter les augmentations de salaires annuelles de tous les travailleurs du secteur public à 1 % ne fait pas l’affaire de la FEÉSO, laquelle exige une hausse de 2 %. Une demande jugée en adéquation avec le coût de la vie toujours plus cher.

Par ailleurs, la volte-face du gouvernement, il y a quelques semaines, sur le projet d’augmenter le nombre d’élèves par classe au secondaire à 25, contre 28 initialement, n’a pas rassuré les enseignants. Beaucoup jugent cette concession insuffisante. Avant la grande réforme sur l’Éducation, lancée au printemps, on parlait d’une moyenne de 22 élèves par classe.

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Sébastien Pierroz

Les libéraux ontariens orphelins

CHRONIQUE / Rien ne va plus pour les libéraux ontariens, réduits à seulement cinq députés sur les bancs de Queen’s Park. Depuis les départs de Marie-France Lalonde et de Nathalie Des Rosiers du caucus l’été dernier, une autre donnée s’ajoute : la représentation politique francophone s’effrite au sein du parti.

En témoigne la liste des six candidats à la chefferie du Parti libéral dévoilée la semaine dernière. De cette liste émergent trois anciens ministres du précédent gouvernement, Michael Coteau, Mitizie Hunter et Steven Del Duca, deux « nouveaux arrivants » en politique, l’avocate Kate Graham et le communicant Alvin Tedjo. Tous unilingues.

En fait, seule Brenda Hollingsworth — une autre avocate, mais dont la candidature n’est pas encore validée — maîtrise assez bien le français. Ses chances de victoire lors de l’investiture le 7 mars prochain sont tout de même minces. En somme, le Parti libéral devrait compter sur un chef unilingue au moins jusqu’aux élections de 2022.

On est donc assez loin de la tradition d’un chef bilingue ou du moins, capable au de tenir une entrevue en français, comme ce fut le cas avec David Peterson, Dalton McGuinty, puis dernièrement Kathleen Wynne.

En 2015, le Parti libéral, mais aussi le Parti progressiste-conservateur avec Patrick Brown, bénéficiaient à Queen’s Park d’un chef au français avancé. On disait même que la néo-démocrate Andrea Horwath prenait des cours. Avec Doug Ford et le futur chef libéral, il y a un risque de retour à la case départ. D’autant que la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a bel et bien renoncé à apprendre la langue de Champlain.

Dans ces conditions, le Parti libéral aura-t-il la même sensibilité au français ? Rien n’est certain. En chambre, les absences de Mmes Lalonde et Des Rosiers se font sentir, laissant les néo-démocrates en pole position pour torpiller le bilan francophone du gouvernement Ford.

Depuis la rentrée parlementaire, on a vu par exemple la députée NPD France Gélinas monter de nouveau aux barricades pour les accents sur les documents administratifs provinciaux, ou encore son collègue Guy Bourgouin défendre une nouvelle version de la modernisation de la Loi sur les services en français.

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Sébastien Pierroz

La deuxième manche de Mélanie Joly

CHRONIQUE / Pour les militants franco-ontariens, il y aura toujours un avant et un après 15 novembre 2018. Même chose pour Mélanie Joly qui vient tout juste d’être reconduite ministre des Langues officielles du Canada.

Avant le fameux « jeudi noir » marqué par les compressions aux services en français de la part du gouvernement de Doug Ford, Mélanie Joly suscitait des doutes. Les francophones en contexte minoritaire regardaient d’un œil méfiant cette députée montréalaise donnant bien souvent l’impression de plus psalmodier les phrases-clés de son parti que de se porter à la défense de leurs intérêts.

Mais la crise linguistique a changé la donne. Mélanie Joly a certes tiré avantage de la situation pour réclamer des comptes au gouvernement Ford, notamment sur le dossier de l’Université de l’Ontario français (UOF), mais une transformation plus subtile s’est opérée. La ministre des Langues officielles a appris à maîtriser ses dossiers.

Qu’on aime ou non Mélanie Joly, la députée d’Ahuntsic-Cartierville a bien tenu son rôle de ministre des Langues officielles en 2019. La pression mise par l’intermédiaire de déclarations publiques sur le gouvernement progressiste-conservateur a permis de relancer l’UOF. L’entente sur le financement signée en septembre va dans ce sens.

Rétrogradée du ministère de Patrimoine canadien en juillet 2018 après sa gestion douteuse du dossier Netflix, Mélanie Joly s’est relancée politiquement grâce aux langues officielles. Logique donc que le premier ministre, Justin Trudeau, l’ait conservée dans ce poste, tout en lui donnant au passage une promotion avec le titre de ministre du Développement économique.

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Sébastien Pierroz

L’équation difficile d’Elliott

CHRONIQUE / On en sait enfin un peu plus sur la grande transformation du système de santé de l’Ontario. Faire plus simple, et plus efficace, voilà un peu le credo de la ministre de la Santé, Christine Elliott.

Le 2 décembre prochain, les réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) n’existeront officiellement plus.

Symbole de la « bureaucratie » de l’époque libérale, selon le gouvernement actuel, les voilà remplacés par cinq organismes chargés de donner directement des soins de santé : Action Cancer Ontario, Qualité des services de santé Ontario, Cybersanté Ontario, Services communs pour la santé Ontario et l’Agence de promotion et de recrutement de ProfessionsSantéOntario.

Ces cinq organismes seront directement sous la gouverne de Santé Ontario. Les hôpitaux, les centres de soins de longue durée et les centres d’accès à des soins communautaires feront ainsi partie de ce réseau.

Les 14 RLISS, qui étaient cantonnés à des tâches administratives, sont donc maintenant regroupés en cinq régions géographiques.

Christine Elliott l’affirme : les économies générées par cette nouvelle organisation seront de 250 millions $ cette année, et 350 millions $ l’année prochaine, le tout réinvesti pour les patients. Une stratégie pour mettre fin à la médecine de corridor.

Reste que cette transformation n’est pas aussi simple qu’elle n’y parait. Devant le vieillissement de la population, les investissements liés au budget du ministère de la Santé couplés à ceux des Soins de longue durée sont de plus en plus nécessaires.

Les gouvernements successifs n’ont pas vraiment la possibilité de couper le budget de ces deux ministères qui cumulent ensemble plus de 60 milliards $ de dépenses. Bien au contraire.

Dans ces conditions, les 15 000 nouveaux lits de soins de longue durée pour lesquels le gouvernement s’était récemment engagé apparaissent pour certains insuffisants. De plus, il faudra deux ans pour que toutes ces nouvelles places soient disponibles.

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Sébastien Pierroz

Des mois cruciaux pour les francophones

CHRONIQUE / À quelques jours près, l’énoncé économique présenté la semaine dernière correspondait avec le premier anniversaire du « jeudi noir ». À la lecture du document d’une centaine de pages, on a compris que pour les Franco-Ontariens, un seul et même mot dominait : le statu quo.

Les références aux francophones se sont limitées aux confirmations du protocole d’entente avec le gouvernement fédéral pour l’Université de l’Ontario français (UOF), du Programme d’appui à la francophonie ontarienne, et des déclarations de bonne volonté à la promotion de la culture. Du réchauffé ni plus ni moins.

Sébastien Pierroz

Énoncé économique: vers un second «jeudi noir»?

CHRONIQUE / Les deux derniers énoncés économiques du gouvernement ontarien avaient eu plus de répercussions que les dépôts du budget. Dans ces conditions, on attend beaucoup de celui qui sera dévoilé mercredi à Queen’s Park. Cette mise à jour des comptes du gouvernement à mi-chemin entre deux budgets parle un peu de projets, de lignes directrices, et surtout de chiffres.

En novembre 2017, le gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait sorti les bonbons en vue des élections prochaines : feu vert au projet d’université franco-ontarienne et officialisation du statut bilingue de la Ville d’Ottawa annoncés au cours de l’énoncé économique.

Sébastien Pierroz

Un congrès de l’AFO pour sortir du tunnel

CHRONIQUE / SUDBURY — En octobre 2018, au moment de clôturer son congrès annuel dans la banlieue de Toronto, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) n’imaginait sûrement pas vivre douze mois aussi agités jusqu’à son prochain événement du genre. Douze mois marqués par les compressions aux services en français par Doug Ford, le mouvement de la Résistance, et le feuilleton de la relance du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF).

Le congrès de 2019 à Sudbury aura été l’inverse de celui tenu un an plus tôt. Cette fois-ci, pas d’élection à la présidence. Le deuxième mandat de Carol Jolin s’achèvera d’ailleurs en 2020. Les six nouveaux membres ajoutés sur le conseil d’administration de l’AFO ont tous été élus par acclamation.

Alors que le choix entre Carol Jolin et Pablo Mhanna-Sandoval avait provoqué les discussions l’an passé, l’ordre du jour à Subdury était plutôt centré sur l’après-Résistance. À ce sujet, les francophones ne sont pas encore sortis de l’auberge.

À LIRE AUSSI: Congrès de l'AFO: comment réformer la Loi sur les services en français ?

> Congrès de l'AFO: Mulroney absente, Kusendova prend le relais

Le protocole d’entente signé in extremis avant le déclenchement des élections fédérales a permis certes de confirmer le lancement de l’UOF probablement à partir de 2021. Un succès dû en partie au travail en coulisses mené par l’AFO, et à l’urgence des élections qui a forcé les libéraux fédéraux et les conservateurs ontariens à sortir leurs plus beaux atours.

Mais les dégâts du « jeudi noir » n’ont pas tous été réparés. Le commissaire aux services en français reste dépendant du bureau de l’ombudsman, Paul Dubé. Pour ne rien arranger, même ce poste de commissaire non-indépendant est actuellement vacant.

Le document de modernisation de la Loi sur les services en français présenté aux membres de l’AFO lors de l’assemblée générale exige justement ce retour à l’indépendance.

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Sébastien Pierroz

Ce qui pourrait changer pour l’Ontario français

CHRONIQUE / C’est le grand jour pour les électeurs canadiens. Ce soir, on aura une meilleure idée si Justin Trudeau conservera son poste de premier ministre. Le choix des citoyens pour les 338 circonscriptions canadiennes déterminera l’avenir politique du pays pour les prochaines années.

Du côté des Franco-Ontariens, une dizaine de circonscriptions, particulièrement dans le nord et l’est, seront observées à la loupe. Les francophones constituent par endroits plus de 20 % de l’ensemble des résidents. Une proportion non négligeable.

C’est sans doute du côté du nord de la province qu’il faudra être le plus attentif. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) pourrait y faire quelques gains aux dépens des libéraux. Thunder Bay-Rainer River, Sudbury et même Nickel Belt pourraient redevenir orange. Une prédiction qui, si elle se réalise, permettrait à Stef Paquette, candidat du NPD dans Nickel Belt, d’entrer à la Chambre des communes.

Si l’on se fie aux sondages, l’artiste sudburois possède une courte avance sur le député sortant, Marc Serré. Fort d’un capital de sympathie important, Stef Paquette bénéficie pour cette campagne de la présence à ses côtés de France Gélinas, la députée provinciale de la même circonscription. Un atout important quand on sait que l’élue néo-démocrate bénéficie d’une aura dans ce comté qui s’étale entre autres sur les municipalités du Grand Sudbury et de Nipissing Ouest. À Sudbury, Paul Lefebrve, bien que toujours donné gagnant, est menacé par la néo-démocrate Beth Mairs. En cas de défaite, l’Ontario perdrait donc un représentant franco-ontarien à la Chambre des communes.

Du côté de la région d’Ottawa, les jeux semblent plus ou moins déjà faits. Les libéraux devraient sans problème conserver Ottawa-Centre, Ottawa-Vanier, Ottawa-Sud, et Orléans, autant de circonscriptions marquées par le fait francophone.

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Sébastien Pierroz

Pleins feux sur Denise Bombardier

CHRONIQUE / Doug Ford et Denise Bombardier ne se rencontreront probablement jamais. La romancière québécoise partage au moins un point commun avec le premier ministre ontarien : la capacité à mettre les francophones en contexte minoritaire dans tous leurs états en quelques heures. Avons-nous la peau trop sensible ? Denise Bombardier est-elle condescendante ? Faut-il encore parler d’elle ? Trop de questions.

Pendant que l’on fixe « la Bombardier », on en oublie le principal : les élections fédérales auront lieu le 21 octobre. Et alors que la campagne entre dans son dernier droit cette semaine, les enjeux pour les francophones en contexte minoritaire – un peu plus de 3 % de la population canadienne – ne font guère parler. Moins en tout cas que les déguisements de Justin Trudeau ou les passeports d’Andrew Scheer.

Sébastien Pierroz

Doug Ford, le grand silencieux

On avait connu Doug Ford plus loquace. Depuis le déclenchement de la campagne des élections fédérales, le premier ministre ontarien est très discret. Au mieux, quelques phrases consensuelles sur les médias sociaux, des visites plus espacées, et surtout aucune référence au scrutin du 21 octobre.

TORONTO

Sébastien Pierroz

Pourquoi l’UOF à Cornwall?

CHRONIQUE / Il y a des annonces qui surprennent plus que d’autres. La semaine dernière, le vote d’une motion par les conseillers municipaux de Cornwall en faveur d’une Université de l’Ontario français (UOF) directement sur leur territoire a de quoi étonner. Douce folie ? Blague ? Manque de réalisme ?

La motion est pourtant passée à l’unanimité, signe d’une unité de la part des élus incluant la mairesse francophone Bernadette Clément. Mais que dit cette résolution ? En gros, la Ville « demande au ministre provincial de la Formation, des Collèges et Universités de considérer la ville de Cornwall comme un site possible pour la construction de la première université de langue française de l’Ontario ».

Sébastien Pierroz

Le pouvoir de la mobilisation

CHRONIQUE / À deux jours de la Journée des Franco-Ontariens, réécrivons un peu l’histoire. Imaginons qu’au lendemain des compressions aux services en français du « jeudi noir », les réactions ne se fassent pas entendre. Que la déception de la fin du Commissariat aux services en français et du projet d’université franco-ontarienne s’exprime uniquement par la voix des députés.

En somme, pas de critiques virulentes de la part des citoyens sur les médias sociaux, aucune lettre ouverte des politologues dans les médias, et surtout pas de manifestations massives sous l’impulsion des organismes le 1er décembre. Un scénario qui aurait vraisemblablement amenuisé les réactions politiques de toutes parts, avec une autre conséquence : le premier ministre Doug Ford n’aurait jamais bougé d’un pouce. 

Ne soyons pas dupes. Sans l’approche des élections fédérales, la ministre ontarienne des Affaires francophones et son homologue à Ottawa, Mélanie Joly, n’auraient pas conclu, il y a deux semaines, une entente sur l’Université de l’Ontario français (UOF). Mais autre fait indéniable : cet accord n’aurait jamais vu le jour sans la mobilisation franco-ontarienne.

Grâce au travail en coulisses mené au cours des derniers mois, le mouvement de La Résistance, porté par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), a obtenu gain de cause en ce qui a trait à l’UOF. Le règlement politique de cette crise est la preuve éclatante que la mobilisation peut payer, surtout lorsqu’elle est bien organisée et rapide.

Mais il ne faut pas crier victoire trop vite. L’indépendance du Commissariat aux services en français, l’autre point noir des compressions du 15 novembre dernier, n’a pas été encore rétablie.

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Sébastien Pierroz

Le bilinguisme mérite mieux

CHRONIQUE / La semaine dernière, il n’y en avait décidément que pour le déclenchement des élections fédérales.

Depuis mercredi, les publications sur Justin Trudeau et les autres chefs des partis inondent les médias sociaux. Ce qui fait passer au second plan d’autres nouvelles. À commencer par la nomination d’une lieutenante-gouverneure unilingue anglophone au Nouveau-Brunswick.

Sébastien Pierroz

Université de l'Ontario français: les raisons d’une entente

CHRONIQUE / On y croyait presque plus. Samedi après-midi, les gouvernements provincial et fédéral ont enfin officialisé une entente de financement pour la création de l’Université de l’Ontario français (UOF). Un accord qui met fin au match de ping-pong que se livraient depuis plusieurs jours la ministre des Affaires francophones ontarienne, Caroline Mulroney, et son homologue fédérale, Mélanie Joly.

Depuis quelque temps, l’affaire était pourtant dans le sac. Ottawa et Queen’s Park s’étaient entendus pour payer chacun 63 millions $ pour le démarrage du projet, le tout sur huit ans. Mais les deux camps ont ergoté sur des détails.

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Finalement, les deux parties ont obtenu les concessions voulues. L’équipe de Doug Ford a par exemple le droit de ne payer sa part qu’après 2022, tandis qu’Ottawa a la garantie d’être remboursé si le gouvernement provincial ne participe pas. Queen’s Park a aussi accepté sa responsabilité quant à l’avenir de l’institution, après les huit années de financement partagé. 

Pour les deux paliers gouvernementaux, il s’agissait d’imposer à l’autre ses conditions, et de remporter une victoire. Une bataille d’égo où l’UOF semblait dès lors bien secondaire.

Car personne n’est dupe. L’entente entre les deux paliers gouvernementaux intervient au moment où les élections fédérales s’apprêtent à être déclenchées. D’autant que les négociations entre Mmes Joly et Mulroney avaient été longtemps au point mort. Pour les deux camps, le moment était idéal pour se parer de leurs plus beaux atours, et voler à la défense des francophones.

Mais de quels francophones exactement ? Les Franco-Ontariens ? Pas certain en fait.

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