Le miracle de Noël

CHRONIQUE / Croyez-vous aux miracles ? Personnellement, oui, mais encore faut-il s’entendre sur le sens et la portée de ce qu’est un miracle. Pour les croyants, cette notion renvoie généralement à des événements extraordinaires qui défient toute logique et qui n’ont aucune explication scientifique. Le miracle est alors attribué à une intervention divine, laquelle permet de suspendre ou de transgresser temporairement les lois de la nature.

Pour ma part, vous le savez, je ne suis pas croyant, donc il n’est pas question d’accepter une telle explication. Bien entendu, il se produit parfois des événements que la science n’arrive pas à expliquer – un renversement de diagnostic, par exemple –, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille en conclure qu’il s’agit de Dieu. Il faut continuer de chercher, tout simplement, ou alors suspendre son jugement.

Cela dit, la notion de miracle peut aussi prendre un tout autre sens. Il peut notamment s’agir d’un événement dont le caractère moral est si élevé qu’il suscite l’étonnement et l’admiration. Autrement dit, en son sens moral et métaphorique, un miracle peut se définir comme un fait extraordinaire qui se produit contre toute attente.

C’est de cette façon que je crois aux miracles. Et des miracles, force est de reconnaître que Jésus en a accompli plusieurs. Seulement, lorsqu’il est question d’un ouvrage comme la Bible, il ne faut pas se borner à une interprétation littéraliste des textes. Ceux-ci constituent plutôt des récits allégoriques, que nous devons lire et interpréter avec le plus grand soin, et ce, afin d’en extraire le sens et le message. C’est ainsi qu’au risque de choquer certaines personnes, je dirais que Jésus n’était pas un superhéros avec des superpouvoirs, mais un homme doté d’une force d’amour hors du commun.

Maintenant, laissez-moi vous parler de ce qui demeure pour moi le plus beau miracle de Jésus, celui de la guérison d’un lépreux. D’entrée de jeu, ce qu’il faut savoir, c’est qu’à cette époque, la plupart des maladies ou infirmités étaient considérées par la foule comme des châtiments de Dieu. Conséquemment, ces catégories de personnes n’étaient pas considérées comme dignes d’attention et de soins. Ils étaient des « intouchables », en quelque sorte, c’est-à-dire des exclus de la société.

Pourtant, Jésus n’a pas hésité à se tourner vers ces malheureux, au risque de soulever l’ire de la foule et le regard incrédule de ses propres fidèles. D’ailleurs, lorsque Jésus est allé vers le lépreux, certains ont réprouvé son geste. Qu’à cela ne tienne, Jésus s’est adressé à lui comme à n’importe qui d’autre. Il s’est même autorisé à le toucher de la main. Ce geste, aussi simple et banal puisse-t-il paraître à nos yeux, n’en est pas moins lourd de sens. Jésus venait de guérir le lépreux.

En quoi est-ce un miracle ? D’abord, que ce soit clair, Jésus n’a pas littéralement guéri le lépreux, pas plus qu’il n’a redonné la vue à un aveugle. Par contre, de par son geste de reconnaissance et d’affection à l’endroit du lépreux, on peut dire que Jésus l’a soulagé des maux sociaux et spirituels dont il souffrait. D’exclu de la société, il est devenu un fils aimé de Dieu. En d’autres mots, Jésus lui a fait comprendre qu’il était tout aussi digne d’amour et de considération que n’importe quel autre être humain sur cette Terre. Pour moi, ce geste audacieux – et profondément beau – mérite bien d’être qualifié de miracle !

J’aime bien réfléchir à cela lorsque la « frénésie » des Fêtes bat son plein. Cela me permet de prendre un peu de recul et de me souvenir que Noël n’est pas une fête ordinaire, et encore moins la fête du consumérisme. Noël, c’est la fête de Jésus, un homme dont nous devrions tous nous inspirer, que nous soyons croyants ou non.

Bref, oui, je crois aux miracles, mais pas n’importe comment. Je crois au miracle de Noël, qui évoque pour moi l’humanité retrouvée, exactement comme dans le cas du lépreux. Je crois qu’à Noël, tout le monde mérite d’être entouré de ses amis et de ses proches. Tout le monde mérite l’amour.