Salaam Aleité

CHRONIQUE / Vous pourriez parler des «ça l’a» entendus trop fréquemment, même chez des journalistes et animateurs chevronnés, et qui me font dresser les oreilles chaque fois que je les entends. (Jacques DeBlois, Québec)

Dans ma chronique du 16 mars 2007, j’évoquais une entrevue avec l’humoriste d’origine sénégalaise Boucar Diouf. Il me racontait notamment quelques chocs linguistiques lors de son arrivée au Québec.

Par exemple quand une collègue d’études lui a sorti que son dernier examen, «ça l’a mal été». Il était sûr qu’elle venait de parler en arabe.

Dans cette langue, «salaam aleikum» est une façon de saluer (que la paix soit avec vous).

Alors si vous êtes parmi ceux et celles qui emploient des «ça l’a» à profusion, le moment est venu de vous corriger si vous souhaitez être compris en français et non en arabe. Ce l apostrophe n’a absolument rien à faire là.

Il faut plutôt dire «ça a mal été» ou «ç’a mal été».

Précisons d’abord que, dans la langue soutenue, la contraction de «cela» en «ça» est à éviter, car elle est considérée comme familière. Dans les conversations informelles, évidemment, il n’y a aucun problème. Mais inutile d’empirer la chose avec «ça l’a».

Je sais: le français permet parfois d’améliorer l’euphonie à l’aide d’une lettre n’ayant aucune fonction grammaticale, mais qui est ajoutée simplement pour l’harmonie sonore des mots.

Le meilleur exemple est celui du t intercalé entre le verbe et un sujet commençant par une voyelle, à la forme interrogative.

 «Pierre a-t-il reçu mon message?»

«À quelle heure mange-t-on?»

En disant «ça l’a», on répond au besoin d’éviter la succession de deux a.

Mais c’est inutile, puisqu’il est accepté, selon l’Office québécois de la langue française, de contracter «ça a» en «ç’a».

De toute façon, l’euphonie n’est pas toujours heureuse non plus.

La prochaine fois que vous irez au resto et que vous vous demanderez s’il faut payer à la table ou à la caisse, essayez donc de demander sans rire : «Où paie-t-on?»

Perles de la semaine

Le Dr Dolittle savait comment parler avec les animaux, mais il n’aurait peut-être pas compris les propos de ces patients-là...

«Je ne veux plus de vaccin : j’ai eu une érection vaccinale.»

«Ce que je n’aime pas chez le gynécologue, c’est quand il utilise le spéculoos [spéculum].»

«Le gynécologue de ma fille lui a posé un stéréo [stérilet].»

«Mon mari a failli mourir : il a fait la fracture de la cocarde [infarctus du myocarde].»

«Le vaccin contre le sida, c’est possible? J’en ai marre des capotes.»

Questions ou commentaires? Steve.bergeron@latribune.qc.ca.