Le Gatinois Christian Larsen a rendu l’âme samedi dernier, à l’âge de 81 ans.

Salut Christian !

CHRONIQUE / La revue Reader’s Digest lui avait commandé un texte. Un résumé de sa carrière de compositeur et d’écrivain. De ses années à côtoyer les plus grands noms de la culture québécoise des années 1950 et 1960. De ses amitiés et de ses collaborations avec les Charlebois, Leclerc, Léveillée, Lévesque, Gauthier et tant d’autres. De sa lutte contre son ennemi juré, l’alcool. De sa glorieuse victoire contre « la bouteille » et de ses 32 années de sobriété. Un résumé de sa vie, bref.

C’était en 2013. Le Gatinois Christian Larsen était alors âgé de 77 ans. Cette demande du Reader’s Digest l’emballait, lui qui n’avait pas pris la plume depuis des lunes.

Il m’avait fait parvenir une copie de son texte avec une note en pièce jointe qui se lisait : « Si t’as le temps de lire mon texte, Denis, ce serait apprécié. J’aimerais bien obtenir ton opinion. »

J’avoue que je ne connaissais pas Christian Larsen à l’époque. Mais en lisant son magnifique texte, j’ai découvert une plume extraordinaire et un homme passionné de la vie qui avait enfin trouvé sa place dans ce monde. Cette place qu’on rêve tous de découvrir un jour. Cette place où l’on est bien. Où l’on ne fait qu’un avec la vie, dit-on. Christian Larsen semblait l’avoir trouvé, cet insaisissable paradis sur Terre.

Après la lecture de son papier, je lui ai répondu que je n’avais rien à rajouter. Que son texte était parfait et que je jalousais sa plume. Puis, je l’ai invité à prendre un café. Quelques jours plus tard, la grande entrevue du samedi était coiffée du titre « Dans l’ombre des grands poètes ».

En voici un passage qui porte sur son grand ami, Gilles Vigneault : « Je chantais parfois mes compositions au café L’Arlequin, à Québec. Beaucoup d’artistes fréquentaient assidûment cet endroit, dont Gilles Vigneault. Un jour, Gilles me chuchota à l’oreille qu’il composait lui aussi des chansons et me demanda si je voulais les entendre. Il m’invita chez lui et se mit au piano. Ses mélodies étaient belles, ses textes profonds et ses sujets originaux. Je n’avais jamais entendu rien de pareil. Pourquoi ne les chantait-il pas en public ? “Je n’ai pas de voix”, répondit-il. Je lui fis valoir qu’il avait sa propre voix, un peu enrouée comme celle d’un phare, et cette image l’enchanta. »

Quelques semaines plus tard, Christian Larsen et Gilles Vigneault composaient ensemble la musique et la chanson qui allait lancer la carrière de Gilles Vigneault : Jos Montferrand.

Christian Larsen et moi sommes devenus amis. Des « amis courriel », si on peut dire ainsi. Il a rédigé plusieurs autres textes pour la revue Reader’s Digest, dont une entrevue exclusive, il y a deux ou trois ans, avec un autre de ses grands amis : Yvon Deschamps. Encore une fois, il m’avait demandé mon opinion sur son œuvre. Encore une fois, c’était parfait.

Plus j’y pense, plus je suis convaincu que Christian me demandait mon avis pour me faire plaisir. Pour m’encourager. Pour m’enseigner aussi, à sa façon. Et peut-être pour m’aider à trouver ma place à mon tour.

Je lui en serai infiniment reconnaissant.

Christian Larsen a rendu l’âme samedi dernier à l’âge de 81 ans. Mes pensées sont avec sa famille, ses proches et ses innombrables amis. Le service religieux aura lieu le vendredi 24 août, à 13 h, en la Cathédrale St-Joseph, à Hull.

Voici un dernier passage de notre entretien de 2013 sur la raison pour laquelle il avait accepté de rédiger ce premier papier pour Reader’s Digest : « J’avais le goût depuis deux ou trois ans de faire mon testament. Il fallait que je redonne aux gens ce que j’ai reçu gratuitement. J’ai reçu gratuitement de la vie des cadeaux et des bienfaits extraordinaires. La santé physique, la santé morale, l’équilibre, l’harmonie, l’amour. Tout ça m’a été donné gratuitement. Et je me suis dit qu’à 77 ans, avant que je lève les pieds, que je devais laisser un testament. »

Repose en paix mon ami.

Précision sur les Mosaïcultures

Dans ma chronique du 2 août dernier intitulée « Le temps de la récolte », j’ai écrit qu’une famille de deux adultes et deux adolescents de l’extérieur de Gatineau doit débourser 76 $ pour visiter l’exposition florale Mosaïculture Gatineau 2018. Ce n’était pas exact.

Mosaïculture Gatineau 2018 est présenté au parc Jacques-Cartier, à Gatineau.

Le porte-parole de Mosaïcultures internationales de Montréal, Jacques Ouimette, a apporté cette précision sur les coûts d’admission : « Nous avons un forfait famille (pour les gens de l’extérieur de Gatineau) établi à 45 $ qui permet l’accessibilité de deux parents et de leurs enfants non adultes, qu’ils soient deux ou cinq (enfants de moins de 18 ans). Par ailleurs, un billet de saison se vend au coût de 40 $, soit l’équivalent de deux billets et donne l’accès illimité au site pendant toute la durée de l’événement. Ces prix incluent les taxes. »

Alors voilà. Beau, bon, pas trop cher. Maintenant, si seulement les canicules à répétition pouvaient cesser…