La mère de Sabryna Mongeon, Sophie Robertson, restera au chevet de sa fille jusqu’à ce qu’elle puisse enfin rentrer à la maison.

Sabryna Mongeon quitte l’hôpital

CHRONIQUE / Sabryna Mongeon recevra son congé de l’hôpital lundi matin pour poursuivre sa convalescence à l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay de Montréal.

Transportée d’urgence à l’unité des grands brûlés du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) le jour de Noël, la jeune Gatinoise de 19 ans victime d’une électrocution a été amputée des deux bras et des deux jambes et a subi une dizaine d’interventions chirurgicales durant son hospitalisation d’un mois et demi.

« Sabryna a bien hâte de sortir d’ici. On nous attend à l’Institut lundi (aujourd’hui) », a dit sa mère, Sophie Robertson, de Luskville, dans une rare sortie publique depuis cette tragique nuit de Noël où sa fille cadette l’a quittée vers 2 h du matin pour rentrer seule à Gatineau. Sabryna a perdu le contrôle de son véhicule sur une route secondaire et a percuté un poteau d’électricité. En descendant de sa voiture, elle a été projetée au sol par une foudroyante décharge électrique qui l’a laissée inconsciente dans un froid extrême pendant près de deux heures.

Sa mère est à son chevet depuis. Et elle y sera jusqu’à ce que sa fille puisse enfin rentrer à la maison.

« Moi, j’ai fait mon cheminement, de dire Mme Robertson au bout du fil. Je dirais que sur cinq étapes, je suis rendue à la troisième. Sabryna en est à la première étape. Et je suis là avec elle pour l’aider à monter les échelons. Elle en est au stade de l’acceptation et du deuil de ses membres. Elle commence à prendre conscience de l’ampleur de la situation. Elle a donc ses étapes à suivre, comme nous (sa famille) les avons vécues au début.

«Mais j’avoue que ce n’est pas facile par moments, poursuit-elle. Comme hier (samedi), Sabryna ne se sentait pas trop bien. Et Samantha (la sœur aînée de Sabryna) allait coucher avec elle dans sa chambre d’hôpital. J’avais couché toute la semaine ici (au CHUM) et j’allais passer une nuit à mon appartement. Mais on m’a appelée à 3 h du matin parce que Sabryna pleurait et elle voulait maman. Donc je suis venue à 3 h du matin en taxi. Et tout était correct après ça, maman était là. Je la sécurise bien gros.

«C’est moi qui lui donne ses médicaments, ajoute-t-elle. Je la monte et je la tasse dans son lit. Dans le fond, je suis un peu comme une infirmière. Ils (le personnel de l’hôpital) m’ont tous dit que je serais une infirmière diplômée en sortant d’ici, lance-t-elle avec un sourire dans la voix. C’est sûr que c’est plus facile pour eux quand un parent est là. Donc je nourris Sabryna matin et soir. Je la mouche, je la gratte. Et c’est ce qu’elle trouve le plus difficile; de ne pas pouvoir se gratter elle-même. Ça l’enrage. Mais malgré tout, Sabryna garde toujours son sens de l’humour. Quand mon frère ou ma mère la visite, par exemple, ou quand tout autre visiteur vient la voir, elle leur lance : ‘je te donnerais bien la main, mais je n’en ai plus. Elle nous fait rire avec ça’.»

Une campagne de sociofinancement mise en ligne par Samantha Mongeon à la fin décembre a permis d’amasser tout près de 180 000 $. Et la mère de Sabryna se dit renversée par la bonté et la générosité des gens. Mais aussi par les mots d’encouragement, d’amour et de solidarité que certains ajoutent en offrant leur don.

«Je ne m’attendais jamais à ce que cette campagne prenne une telle ampleur, dit-elle. Mais c’est merveilleux parce que Sabryna en aura besoin. C’est sûr que la SAAQ (Société de l’assurance automobile du Québec) paiera certaines choses, tout comme les Amputés de guerre. Mais Sabryna en aura besoin pour ses choses personnelles à elle. Elle veut retourner à l’école. Elle parle de faire du bénévolat. Elle pourra faire ce qu’elle veut. Et je la verrais bien comme conférencière. Je lui en ai parlé. Elle n’était pas certaine au début, mais on travaille tranquillement là-dessus. Un pas à la fois. Je tente d’apporter du positif où il y a du négatif.

«Je dis donc un énorme merci aux gens qui ont donné. Mille mercis. Et ce que le monde nous offre – cet amour et ces messages – je ramasse tout ça et c’est ce qui me donne la force de continuer. Je lis ces messages à Sabryna de temps en temps. Au début, elle ne voulait pas. Mais là, elle commence à les lire. Quand elle en a le goût, je lui en lis quelques passages. Et ça lui fait du bien. Ça nous fait du bien.»

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