Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
L’apprenti-capitaine Olivier Renaud, le capitaine Maxime Poirier et sa femme Agathe Cyr ont levé le voile sur la vie de pêcheurs de homard aux Îles-de-la-Madeleine.
L’apprenti-capitaine Olivier Renaud, le capitaine Maxime Poirier et sa femme Agathe Cyr ont levé le voile sur la vie de pêcheurs de homard aux Îles-de-la-Madeleine.

TLMEP: paroles de pêcheurs

CHRONIQUE / Il soufflait un bon vent des Îles, dimanche soir, sur le plateau de «Tout le monde en parle». Comment ne pas aimer Olivier, Maxime et Agathe, tous personnages de la nouvelle série documentaire «La course folle» à Télé-Québec? Un trio attachant, qui nous faisait résolument sortir du quotidien et oublier chicanes politiques et méchants virus.

Olivier Renaud, apprenti capitaine de 25 ans, Maxime Poirier, capitaine de 33 ans, et Agathe Cyr, femme et phare du capitaine Maxime, ont tous levé le voile sur la vie de pêcheurs de homard aux Îles-de-la-Madeleine, qui se joue intensément sur une période de neuf semaines. Une manne inégalée en ce moment, où les homards se font nombreux dans les cages, mais où les permis de pêcheurs deviennent hors de prix.

En temps de tempête, les pêcheurs ont à décider s'ils partent quand même ou s'ils sacrifient un important revenu. Mais il suffit qu'un pêcheur décide de partir pour que tous les autres suivent. «Ça a pas besoin d'être le plus wise!» blague Olivier. Les femmes se font encore bien rares dans ce domaine, même si ça tend à changer. Olivier admet qu'il s'agit d'un travail physique, mais «ce qui fait la différence, c'est l'entraînement.» Et quel est le meilleur homard entre celui de la Gaspésie et celui des Îles? Vous pensez bien que celui des Îles reste imbattable, selon Olivier, qui affirme que le homard «est plus tranquille en plein milieu du golfe».

Il aura beaucoup été question de politique dimanche soir. Guy A. aurait bien aimé que Guy Nantel annonce officiellement sur le plateau sa candidature à la chefferie du Parti québécois. L'humoriste, qui n'était pas là pour faire des blagues, promet de donner sa réponse avant la Saint-Valentin, partagé entre son désir de la politique et sa passion pour l'humour. «J'ai ça dans le sang, j'aime le débat, la joute, le combat. J'aime le Québec», dit-il, questionné sur son intérêt soudain pour une carrière en politique. Tout a commencé par une blague, puis des gens engagés ont voulu le rencontrer pour en parler sérieusement. Nantel, qui n'est membre d'aucun parti politique, croit que «le PQ a besoin de se décomplexer». Avant de se lancer, il réclame des aménagements à la course à la chefferie, souhaitant que ses spectacles ne soient pas considérés comme des dépenses électorales. Va-t-il abandonner l'humour? «Je devrais revenir avec un nouveau show dans deux ans», ironise-t-il, en référence aux différents chefs du PQ, qui ont dû battre en retraite.

À entendre Martine Ouellet, beaucoup plus détendue et qui n'a jamais perdu le sourire de toute son entrevue, tout le monde a changé autour d'elle, sauf elle. Que ce soit Mario Beaulieu, Jean-François Lisée, Gilles Duceppe, qui voulait approuver ses communiqués, et même Pauline Marois, avec qui la complicité s'est dissipée au lendemain de son élection. Dans son livre intitulé Oser déranger, elle dit croire que Pierre Karl Péladeau n'a pas seulement quitté le Parti québécois pour des raisons familiales, mais aussi parce que ses conseillers l'ont éteint. Son image de femme autoritaire qui ne veut pas travailler en équipe est apparue, selon elle, lorsqu'elle a travaillé avec un sous-ministre et un chef de cabinet qu'on lui a proposés, et qu'elle accuse d'insubordination à répétition. «Ils se la sont permise parce que j'étais une femme», accuse-t-elle, qualifiant le ministère des Ressources naturelles de «boys club économique», qui n'aimait pas sa vision environnementaliste.

Il n'y a pas une journée sans que Ludovick Bourgeois se fasse parler de son père Patrick, un homme «lumineux et rassembleur», décédé en novembre 2017 à 55 ans. Loin de s'apitoyer sur son sort, il lui rend un hommage «très joyeux» dans son spectacle, et est porte-parole de la campagne de dépistage du cancer du côlon, qui a emporté son père. Le gagnant de La voix, qui s'est rarement confié autant dans une entrevue, lance l'album 2, créé durant un roadtrip d'un mois et demi dans l'Ouest américain avec Fred St-Gelais, qu'il considère comme un grand frère. Il est tombé amoureux du désert et du parc national de Joshua Tree, qui l'a poussé loin des distractions, lui permettant de se consacrer entièrement à son album.

Sérénité et virus

Très sereine conversation sur l'aide médicale à mourir avec Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux, qui est revenue sur sa décision d'ouvrir cette option aux personnes atteintes de maladies mentales. «On a écouté la population», dit la ministre, qui dit vouloir prendre le temps d'en parler et d'en discuter. «La demande anticipée fait son chemin, mais comment l'appliquer?» demande-t-elle, au sujet du cas très particulier de la maladie d'Alzheimer. Au sujet du coronavirus, pour lequel le Québec semble moins inquiet qu'ailleurs, Mme McCann insiste: il n'y a encore aucun cas chez nous. «Je veux rassurer la population. [...] Il y a plus une épidémie de peur qu'un virus», poursuit la ministre, qu'on a vue rire pour une rare fois, quand Guy A. lui a rappelé son passé de reine de la Fiesta des glaces de Verdun en 1968!

Si ce que Monique Simard, Pierre Trudel et leurs collègues recommandent dans le rapport Yale se concrétise et n'est pas déposé sur une tablette, c'est une véritable révolution du système de financement des médias qui se prépare. Mais pourquoi les Netflix, Google, Apple et compagnie accepteraient de s'y soumettre et de consacrer une partie de leurs investissements à la production canadienne? «Ne pas être en conformité avec les lois d'un pays, ce n'est pas très bien vu», répond Pierre Trudel, qui ajoute que plusieurs pays ont posé les mêmes exigences, même la Chine, et les GAFA s'y sont conformés. «On n'a jamais rien demandé ici», rappelle Monique Simard. Le rapport propose aussi l'élimination de la publicité sur les plateformes de Radio-Canada sur les cinq prochaines années, un financement stable, et donc, l'augmentation de la contribution individuelle des Canadiens. Mais qu'arriverait-il si les conservateurs prenaient le pouvoir et décidaient d'abolir Radio-Canada? «Le gouvernement ne peut pas faire ce qu'il veut lorsqu'il s'agit du financement d'un radiodiffuseur public. Les tribunaux ont rappelé ça régulièrement», répond Pierre Trudel.

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