À l’animation de «100 génies», Pierre-Yves Lord mène le jeu avec une parfaite aisance et mérite une grosse étoile sur son cahier.

Notre bulletin télé de mi-saison

CHRONIQUE / Les variétés et les séries documentaires font figure de premières de classe en cet automne hâtif, sous le signe de l’ouverture et de la diversité. À mi-saison, on constate que certaines fictions s’essoufflent, les bien établies comme les nouveautés, malgré la faveur populaire. Plusieurs titres augmentent les moyennes des chaînes spécialisées.

100 GÉNIES

ICI Télé

9,5/10

Oui, on peut qualifier de «génial» ce jeu, coup de cœur de l’automne. Quelle énergie dans ce studio, et surtout, quel impressionnant savoir chez ces jeunes de 14 à 17 ans, qui donnent tout pour marquer des points. À l’animation, Pierre-Yves Lord mène le jeu avec une parfaite aisance et mérite une grosse étoile sur son cahier. Longue vie à 100 génies.

RÉVOLUTION

TVA

9,5/10

C’est l’émission qui présente la plus grande diversité dans notre télé cet automne, mais aussi, les frissons les plus intenses. Toujours d’une qualité exceptionnelle, Révolution a élargi encore plus l’éventail de styles et de danseurs, ouvrant l’esprit du téléspectateur non initié. Les maîtres se complètent à merveille, trouvant toujours les mots justes.

EN DIRECT DE L’UNIVERS

ICI Télé

9,5/10

La reconstruction en quelques jours de la première de la saison — Normand Brathwaite a remplacé Patrick Bruel — tenait déjà du miracle. Mais le dernier segment avec Richard Séguin, entouré d’une chorale, a donné lieu à l’un des meilleurs moments des 11 années de l’émission. La présence de Nathalie Simard, enfin apte à revisiter son passé, allait aussi contribuer à la magie d’un concept qui ne s’essouffle pas.

AUTISTE, BIENTÔT MAJEUR

MOI ET CIE

9/10

On s’attache rapidement à ces jeunes autistes, tout autant qu’à leurs parents. On se met à leur place, on éprouve de l’admiration, de la compassion. On pleure, on sourit. Dans la catégorie de «ce qu’il faut avoir vu pour comprendre», cette série de Moi et cie arrive tout en haut.

RIRE SANS TABOUS

Z

9/10

Une émission qu’on regarde en éclatant de rire, avant de verser des larmes, puis de rire à nouveau. L’épisode avec les personnes atteintes de maladie incurable était particulièrement émouvant. Parfait dans son rôle, Jean-François Mercier parvient à la fois à nous prendre au cœur en partageant les joies et les peines de ses convives, souvent stigmatisés, et à transformer leurs drames en rires, ce qui ne serait pas donné à n’importe quel humoriste. Une des belles surprises de la rentrée.

Le personnage de Véronique Douville (Pascale Bussières), l’ex de Bernard (Benoît Gouin), a donné un nouvel élan à «L'heure bleue».

L’HEURE BLEUE

TVA

9/10

Le personnage de Véronique Douville (Pascale Bussières), l’ex de Bernard (Benoît Gouin), a donné un nouvel élan à cette série d’Anne Boyer et Michel d’Astous, déjà bien en selle la saison dernière. Cette femme, on la craint, on ne lui fait aucune confiance, et on se demande bien ce qu’elle est venue faire à Cowansville. Rarement a-t-on vu un personnage entretenir une relation aussi tordue et malsaine avec sa fille (Jade Charbonneau).

DISTRICT 31

ICI Télé

8,5/10

Une drogue dont on ne peut plus se passer, et que nous sommes plus de 1,5 million d’accros à consommer en direct ou le soir même. L’automne a peut-être été moins enlevant que l’angoissant manège de Yanick Dubeau (Patrice Godin) l’an dernier, mais la vengeresse Nancy Riopelle (Geneviève Schmidt) a beaucoup pimenté les premières semaines. Et on se demande bien comment Daniel Chiasson (Gildor Roy) et Laurent Cloutier (Patrick Labbé) se sortiront indemnes de l’affaire Gladu.

180 JOURS

TÉLÉ-QUÉBEC

8,5/10

Cette formidable série documentaire nous permet de reconnecter avec le monde scolaire et de prendre conscience de l’ampleur des défis qu’il comporte : l’intimidation, un taux d’absentéisme élevé, et une élève qui a dû fuir son pays pour éviter un mariage forcé. L’école secondaire Saint-Henri sert de laboratoire dans cette série nécessaire et captivante.

ANIMAUX À LA RETRAITE

TVA

8,5/10

Très touchant de voir ces anciens chimpanzés de laboratoire, ces chevaux de spectacle, ces chiens détecteurs, traités aux petits soins par des maîtres au très grand cœur, après avoir tout donné. L’émission de Mathieu Roy fait du bien à l’âme, au milieu des drames et des déceptions de la vie. Il faut bien s’encourager un peu. À découvrir, le mardi à 19h.

Il fait bon de revoir Patrick Huard et Macha Grenon dans «Les honorables».

LES HONORABLES

TVA

8,5/10

Kevin Houle incarne certainement le personnage le plus détestable de l’automne, celui de Tristan Rabeau. On suit avec beaucoup d’intérêt le désir de vengeance de cette famille brisée, même s’il apparaît peu probable. Il fait bon de revoir Patrick Huard et Macha Grenon dans une série télé. En espérant une suite.

LE MONSTRE

ICI TÉLÉ

8/10

Chaque épisode de cette série inspirée de faits réels bouleverse, chavire et choque. Malgré des retours dans le temps pas toujours habiles et une narration parfois larmoyante, on illustre bien l’emprise, le manège de violence exercé par M, qui explose au moment le plus inattendu. Certaines scènes sont insoutenables mais jamais gratuites. Les deux interprètes principaux, Rose-Marie Perreault et Mehdi Meskar, sont fabuleux.

RUPTURES

ICI Télé

7,5/10

A-t-on un peu précipité les choses pour pondre cette ultime saison d’une série qu’on adore? Dans Lance et compte ou Les jeunes loups, la scène de fellation dans le VUS avec Christelle Piazza (Mahée Paiement) aurait paru presque banale; dans Ruptures, ça tombait dans le burlesque. Avec cette femme explosive, de qui les autres personnages tolèrent beaucoup trop d’écarts, on s’ennuie presque de l’infâme Jean-Luc De Vries (Normand D’Amour), très peu présent cette saison. Mais on aime Ariane Beaumont (Mélissa Désormeaux-Poulin), qu’on espère voir enfin trouver la lumière au terme de cette série qui nous manquera.

LES INVISIBLES

TVA

7,5/10

Après un premier épisode qui n’était pas à la hauteur, avec Édith Cochrane et Emmanuel Bilodeau, celui de Mélissa Désormeaux-Poulin en manifestante déchaînée était délirant à souhait et tout à fait dans l’air du temps. Et Laurent Paquin était fort drôle dans sa pub de yogourt pour hommes. Toute la relation entre Gabriel (Benoît Mauffette) et Sofia (Leïla Donabelle Kaze) laisse un peu de glace, mais on se rabat sur l’adaptation de l’agence à la nouvelle patronne (Julie du Page).

Seulement pour l’interprétation des deux garçons, «Alerte Amber» vaut le détour.

ALERTE AMBER

TVA

7,5/10

Seulement pour l’interprétation des deux garçons, cette série vaut le détour; Lévi Doré, en ado suicidaire, et Élijah Patrice-Baudelot, en jeune autiste. Aussi pour le suspense, qui nous garde accroché. Mais ça masque difficilement les invraisemblances d’un scénario qui va dans tous les sens.

DISCUSSIONS AVEC MES PARENTS

ICI Télé

7/10

Beaucoup plus de rythme dans cette comédie, dont l’humour m’apparaissait vieillot l’an dernier. C’est plus efficace, et on rit davantage du fossé générationnel entre François et ses impayables parents, formidablement incarnés par Marie-Ginette Guay et Vincent Bilodeau.

BOOMERANG

TVA

6,5/10

Pas la meilleure saison de cette comédie, où la caricature prime sur le réalisme. Après un trop long séjour en Floride, l’épisode du conventum était mieux réussi.

UNE AUTRE HISTOIRE

ICI Télé

6,5/10

Un tas de bons acteurs et une superbe réalisation, mais des intrigues qui avancent à pas de tortue. On a hâte que tous ces personnages se disent enfin leurs quatre vérités, avant qu’on décide tout bonnement d’adopter «une autre série».

Les fans de bisbille restent scotchés à «Occupation double Afrique du Sud»; les autres n’y voient encore que du vide.

OCCUPATION DOUBLE AFRIQUE DU SUD

V

6,5/10

Les lieux sont toujours aussi spectaculaires, l’animateur, Jay Du Temple, efficace et drôle, et la production, d’une qualité visuelle irréprochable. On pourrait aussi dire que les candidats ne sortent pas du moule, bien qu’on ait tenté de faire entrer une candidate trans, vite expulsée. Les fans de bisbille restent scotchés; les autres n’y voient encore que du vide. 

TOUTE LA VIE

ICI Télé

6/10

J’essaie fort, mais je ne m’attache pas aux personnages de cette nouvelle série. Pas plus aux jeunes élèves de Marie-Labrecque qu’à leurs parents, pour le moins malhabiles, et qu’au personnel de l’école, complètement dépassé. Roy Dupuis hérite d’un rôle hélas ennuyant. On espérait mieux.

STUDIO G

TVA

5/10

TVA n’a hélas pas encore trouvé la bonne formule de variétés pour conclure ses dimanches soir. Parce que cet amalgame de plusieurs concepts déjà vus ne lève pas. Les surprises se dégonflent, les anecdotes ennuient, malgré Maripier Morin, qui met toute son énergie à nous faire croire le contraire.

À TABLE AVEC MON EX

V

5/10

Le concept peut susciter la curiosité, mais il n’en ressort au final que peu de choses intéressantes. Pour un ancien couple plus coloré qui se chicane à coups de «j’ai payé ton botox», tant d’autres sont ordinaires et ne méritent pas une telle tribune pour régler leurs comptes. Certains d’entre eux manquent cruellement d’orgueil.

FAITES-MOI RIRE! 

ICI Télé

5/10

L’émission de Pénélope McQuade ne tient pas ses promesses : les sketchs tombent souvent à plat, et provoquent plus de malaises que de rires, malgré l’exaltation de son animatrice. Une émission qui pourrait bien être «FMR», comme son acronyme...