Richard Therrien
<em>Meilleur avant/</em> se veut un microcosme d’une faune nocturne et bigarrée, disparate. On est complètement dans l’absurde.
<em>Meilleur avant/</em> se veut un microcosme d’une faune nocturne et bigarrée, disparate. On est complètement dans l’absurde.

Meilleur avant/: l’épicerie en folie

CHRONIQUE / Chaque visite à l’épicerie est-elle pour vous source de stress depuis le début de la pandémie? Par le plus drôle des timings, tv5unis.ca arrive avec Meilleur avant/, une série format court humoristique de sept épisodes, en ligne depuis hier, et qui a pour cadre une épicerie ouverte 24 heures.

Nico Racicot, le David de L’heure bleue, y joue Fred, un étudiant en philo sans le sou, admirateur de Nietzsche, qui déniche à son grand désespoir un emploi de concierge la nuit dans une épicerie. S’il ne s’y sent pas à l’aise, ça n’a rien à voir avec la COVID-19, mais bien à cause des habitués des lieux, tous plus étranges; du patron zélé et intense, joué par Luc Boucher, qui lui demande d’emblée «Es-tu plus Obama ou Oussama?»; des employés — la préposée au service à la clientèle ésotérique, la caissière muette, l’étalagiste mythomane, la boulangère un peu garçonne —; de même que les clients. L’une des premières scènes montre une dame prenant sur une étagère un contenant de levure, introuvable en ce moment et portant une citation de Nietzsche. Ça ne s’invente pas.

Étudiants, on a tous fait des métiers qui n’avaient absolument rien à voir avec nos compétences, avec l’impression de ne pas être à notre place. Créée par le duo composé de Laura Bergeron et Maxime Robin, issus du cinéma et du théâtre, et originaires respectivement de Saint-Nicolas et de Cap-Rouge, Meilleur avant/ se veut un microcosme d’une faune nocturne et bigarrée, disparate. On est complètement dans l’absurde.

Tout en lenteur, Meilleur avant/ dispose d’une facture très cinématographique, et c’est voulu. «Maxime et moi, on est de grands fans de cinéma, et on n’avait pas envie de tomber dans le stéréotype de websérie au montage très serré», explique Laura Bergeron. Le duo, inspiré par l’esthétique unique de L’âge adulte, a fait appel à son créateur Guillaume Lambert, qui l’a aidé à la scénarisation en plus de tenir un petit rôle. Éléonore Loiselle, qu’on a pu voir dans Cerebrum et File d’attente, joue quant à elle la boulangère, qui confrontera le personnage principal.

Chose rare: la série a été tournée de nuit dans une petite épicerie de Keswick, à une heure au nord de Toronto. «Toute l’équipe de techniciens est torontoise, de même que les comédiens qui tenaient les rôles secondaires», explique Laura Bergeron.