En déroulant l’écran d’accueil de Disney+, on constate l’abondance de contenu, des premiers dessins animés de Mickey jusqu’à des séries originales, dont la plus attendue était «Le Mandalorien» («The Mandalorian»), de la franchise «Star Wars».

Disney+ et la facture qui gonfle

CHRONIQUE / Et alors, ça vaut le coup, Disney+? Est-ce que c’est meilleur qu’Apple TV+? Est-ce que je devrais conserver mon abonnement à l’Extra d’ICI Tou.tv? Au Club illico? À Netflix?

Depuis plusieurs mois, les décideurs de notre télévision me parlaient de moins en moins de Netflix, et de plus en plus de Disney+, la nouvelle plateforme de vidéo en ligne, qu’on craint comme la peste. C’est que les ICI Tou.tv et Club illico ont peur de voir leurs abonnés lorgner vers ce nouvel Eldorado de la télé jeunesse, de science-fiction et de superhéros. Déjà qu’il y avait Netflix, Amazon Prime, Crave, tout récemment Apple TV+, et HBO Max qui s’en vient en 2020.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Disney+ est arrivée comme un coup de tonnerre mardi dernier. Une fois les importants ratés techniques réglés — plusieurs n’arrivaient pas à se brancher et voyaient un message d’erreur —, le public a pu finalement y accéder. J’ai souri en lisant que Disney attribuait ses déboires techniques à une plus grande fréquentation que ce qu’il attendait. Voir que Disney, oui, Disney, n’avait pas prévu cet engouement, alors que sa venue était attendue comme le Messie.

En déroulant l’écran d’accueil de Disney+, on constate l’abondance de contenu, des premiers dessins animés de Mickey jusqu’à des séries originales, dont la plus attendue était Le Mandalorien (The Mandalorian), de la franchise Star Wars. Décevant de constater que Disney+ n’a déposé qu’un épisode de chacune de ses séries originales. C’est la même chose pour High School Musical, nouvelle génération, de la télé ultra convenue. Un peu chiche pour un géant comme Disney. Il y a un tas d’autres contenus me direz-vous? Oui, mais pour quiconque veut y ajouter une nouveauté, c’est pas fort. Après tout, on paie 8,99 $ par mois.

À moins que vous ayez l’envie irrépressible, là, tout de suite, de visionner pour la énième fois Le roi lion ou Aladin avec la voix de Joël Legendre, je vous conseillerais d’attendre au temps des Fêtes pour vous abonner à Disney+, alors que huit épisodes seront en ligne. Ça vous évitera de vous abonner pour deux mois si vous n’êtes pas satisfait.

Apple TV+ fait un peu mieux en ayant mis les trois épisodes des séries à la disposition des abonnés, avant d’en ajouter un nouveau chaque semaine, mais je n’imagine pas Netflix distribuer au compte-gouttes des séries comme The Crown ou Stranger Things. Même ICI Tou.tv et Club illico rendent disponibles les saisons entières de ses séries québécoises dès leur mise en ligne.

Plusieurs se sont réjouis de voir que l’intégrale des 30 saisons des Simpson faisait partie du catalogue Disney+. Et de constater avec plaisir qu’on y avait ajouté la version doublée au Québec, aimée même des détracteurs du doublage en général. Le distributeur avait déjà fait l’ignoble erreur d’inclure la version doublée en France sur le premier coffret DVD, pas question qu’on l’y reprenne. Bien heureusement pour nous. En passant, pour les fans qui ont attendu en vain la nouvelle saison traduite à Télétoon cet automne, comme chaque année, sachez que Corus, propriétaire de la chaîne, n’a pas encore conclu d’entente avec le distributeur pour la présente saison. Rien à voir avec l’arrivée de Disney+, mais c’est tout de même étrange.

La télé conventionnelle n’est pas morte, et ce n’est pas pour demain. Les grands rendez-vous télévisuels existent encore — District 31 a touché les 1 728 000 téléspectateurs dans la semaine du 28 octobre sur ICI Télé — et ne sont pas prêts de disparaître. Mais je comprends nos diffuseurs de craindre de perdre une génération de téléspectateurs au profit des plateformes américaines, qui, rappelons-le, ne paient toujours pas d’impôt chez nous. Ce n’est pas pour rien qu’on voit Radio-Canada envoyer une bonne part de son matériel intéressant sur l’Extra d’ICI Tou.tv et Québecor garnir aussi généreusement son Club illico : ils y misent leurs meilleures cartes pour retenir le plus de monde possible.

Plusieurs ont déjà commencé à le faire : interrompre leur abonnement à Netflix ou à un autre service pour y revenir plus tard, et tester autre chose entre-temps. Parce que débourser les 77 $ que vous coûteront tous les services de vidéo en ligne mentionnés plus haut, en plus du câble si vous le conservez, ça commence à faire un trou dans le budget.