Sébastien Pierroz
C’est dans ce contexte social inédit que se déroule un Mois de la Fierté... sans marches de la fierté.
C’est dans ce contexte social inédit que se déroule un Mois de la Fierté... sans marches de la fierté.

Réunir la francophonie avec la communauté LGBTQ+

CHRONIQUE / L’année 2020 est décidément la plus paradoxale du 21e siècle. Invités à rester chez eux, condamnés à la distanciation sociale, les citoyens de plusieurs pays du monde dénoncent depuis un mois le racisme avec une force nouvelle. C’est dans ce contexte social inédit que se déroule un Mois de la Fierté... sans marches de la fierté.

Pour l’Ontario français, le défi d’inclure les différentes orientations sexuelles et identités de genre va bien au-delà d’une marche. En 2017, un sondage de la Fondation Jasmin Roy affirmait que 13 % des Canadiens appartenaient aux communautés LGBT. Un rapide calcul démontre qu’environ 50 000 Ontariens sont à la fois francophones et LGBTQ+. Mais la combinaison de cette double identité n’est pas simple.

Le manque de représentation, d’une part. Les Franco-Ontariens LGBTQ+ ne disposent pas d’un organisme porte-parole fort. Malgré le dynamisme de ses bénévoles, FrancoQueer manque d’argent. Conséquence: les activités de l’organisme sont trop souvent limitées à des rencontres communautaires, loin d’événements unificateurs, sur le modèle du congrès de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Par ailleurs et à l’inverse des anglophones, les LGBTQ+ francophones n’ont pas accès à des lieux de rassemblements. À Toronto, le théâtre gai Buddies in Bad Times n’a pas d’équivalent dans l’autre langue officielle, tout comme le Casey House qui livre des soins du VIH/SIDA… mais seulement en anglais.

Bien que réduites, les possibilités de réseautage restent une réalité dans la Ville-Reine, et dans une moindre mesure à Ottawa. Mais dans les autres régions, le dating en français demeure très difficile.

Tous ces éléments placent bien souvent les LGBTQ+ franco-ontariens devant un choix cornélien: vivre pleinement leur identité sexuelle et de genre via les services en anglais inclusifs et stimulants, ou bien jouer coûte que coûte la carte francophone, mais dans un cercle alors beaucoup plus fermé.

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