Frédéric Laniel, du Centre régional des archives de l’Outaouais, Micheline Mongeon, du service des archives de Gatineau, et Marc St-Jacques de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Retrouver ses ancêtres

CHRONIQUE / « Votre grand-père Gratton se prénommait Salomon, n’est-ce pas ?, me demande Marc St-Jacques de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), à Gatineau.

— Oui, vous avez raison. Mon grand-père s’appelait Salomon. C’est d’ailleurs le nom que j’ai donné à mon ordi.

— Oui, je sais. (Rires). Et son père se prénommait Alfred ?

— Là, vous me l’apprenez.»

J’ignorais que mon arrière-grand-père se nommait Alfred Gratton. Mais M. St-Jacques avait fait quelques recherches en prévision de ma visite à BAnQ, mardi matin. Et grâce à lui, je connais aujourd’hui le prénom de mon arrière-grand-père. Et je sais aussi que ce dernier a acheté une terre à Lochaber près de Buckingham, le 16 avril 1885, et que, quatre mois plus tard, le 12 août 1885, Alfred Gratton annulait cet achat de terrain. Puis ce dernier a ensuite été recensé à Hull en 1901.

«Et votre grand-père Salomon Gratton a marié Victoria Auger à Hull en 1919», m’apprend de plus M. St-Jacques, documents à l’appui.

J’étais renversé. Et je me suis promis de retourner à BAnQ durant mes vacances pour en savoir plus long sur mes ancêtres québécois et réaliser mon arbre généalogique.

Tout est là. Au 855, boulevard de La Gappe, secteur Gatineau, dans le même édifice que la Maison de la culture, sont regroupés les installations (archives, voûtes, documents, cartes, etc.) de BAnQ, mais aussi les documents et collections du Centre régional des archives de l’Outaouais (CRAO), les archives de la Ville de Gatineau, ainsi que celles du Centre d’archives, de généalogie et d’histoire de l’Outaouais.

Les lieux sont ouverts au public du lundi au vendredi. Et plusieurs en profitent, puisque tout près de 7000 séances de travail ont été comptabilisées par BAnQ Gatineau au cours de la dernière année.

« Des dix BAnQ au Québec, explique M. St-Jacques, la nôtre à Gatineau arrive en troisième position, après Montréal et Québec, en ce qui a trait au nombre de visites. »

Que peut-on y voir et que peut-on consulter ? Ouf ! Par où commencer ? BAnQ Gatineau met à la disposition du public plus de 1570 mètres linéaires de documents textuels, plus de 50 600 documents cartographiques, plus de 177 000 documents iconographiques et plus de 750 documents audiovisuels. Et s’ajoutent à tout ça les archives du CRAO et de la Ville de Gatineau.

Frédéric Laniel, du Centre régional des archives de l’Outaouais, m’a montré, par exemple, une lettre écrite en 1848 par Louisa Trudeau adressée à Aurélie Papineau (fille de Louis-Joseph Papineau), et intitulée « Ma chère bonne à rien ».

« Cette Louisa Trudeau demandait à Aurélie Papineau comment celle-ci avait pu trouver un prétendant, elle qui n’était pas très belle », raconte M. Laniel en riant.

Micheline Mongeon, du service des archives de Gatineau, m’a montré une collection de 700 photos captées en 1926 lors de la construction du moulin de la C.I.P., boulevard Maloney, aujourd’hui Produits forestiers Résolu, puis une autre collection de photos prises en 1943 lors de la construction de La Fonderie, secteur Hull, par le constructeur Ed Brunet.

Puis, il y a cette photo historique prise en 1938 des allumettières, une centaine de ces travailleuses regroupées devant l’édifice de L’Allumière Canada Limitée, à Hull.

Ce ne sont que quelques exemples. Ces gens auraient pu me divertir pendant des heures. Simplement passer à travers la collection de 150 000 photos offerte par la famille de Champlain Marcil aurait demandé des journées de découvertes. (Champlain Marcil a été le photographe du Droit de 1947 à 1969).

Je me promets d’y retourner.

Journée des archives
Le samedi 9 juin est la Journée internationale des archives. À l’occasion, BAnQ et ses partenaires invitent la population à la Maison du citoyen, secteur Hull, pour une formation wiki offerte par des spécialistes de Wikimédia Canada, ainsi que pour une série d’ateliers de numérisation et d’identifications de photos.

Le tout se déroulera de 10 h à 15 h et c’est gratuit. Mais apportez votre ordinateur portable ou votre tablette électronique.