Il y aura des élections provinciales au Québec l’automne prochain.

Quelques prédictions pour 2018

CHRONIQUE / En cette année qui s’achève, je vous offre quelques-unes de mes modestes prédictions pour l’année 2018. À discuter en terminant vos restes de dinde…

Les amateurs de politique en seront ravis. Les autres un peu moins. Toujours est-il qu’il y aura des élections provinciales au Québec l’automne prochain.

Quels seront les principaux enjeux de cette campagne en Outaouais ?

La santé, comme toujours, figurera en tête de liste. C’est inévitable avec ces nombreux rapports accablants du coroner sur les décès « évitables » dans les hôpitaux. Les députés libéraux de l’Outaouais auront des comptes à rendre non seulement sur l’accès, mais aussi sur la qualité des soins offerts dans la région.

Avec ses gros sabots, la réforme Barrette a fait des victimes collatérales, notamment dans des régions comme le Pontiac ou la Haute-Gatineau qui ont perdu une partie de leur pouvoir d’influence.

Les libéraux nous ont fait mille promesses pour se faire élire en 2017. Parmi celles-ci, cette fameuse faculté de médecine avec des cours en anglais qu’on attend encore. À leur décharge, ils ont livré une première « superclinique » à Gatineau. 

Comme par magie, des centaines de patients orphelins de l’Outaouais se sont fait attribuer un médecin de famille au cours des dernières semaines. Merci au ministre Gaétan Barrette qui a forcé les médecins à vider les listes d’attente. Reste à voir si ces patients pourront rapidement voir leur nouveau médecin le jour où ils tomberont malades. C’est la grande question.

Le transport est l’autre enjeu qui devrait retenir l’attention lors des élections provinciales. À commencer par l’autoroute 50 et ses nombreux accidents mortels. Le futur lien de transport en commun vers Aylmer devrait aussi faire l’objet de débats. Train léger ou service rapide par bus ? Les avis sont partagés.

Maintenant, est-ce que les sièges des députés libéraux de la région seront menacés l’automne prochain ? J’en doute. 

C’est vrai, les libéraux de Philippe Couillard semblent en perte de vitesse après presque 15 ans de pouvoir sans interruption à Québec.

Mais François Legault a beau avoir le vent dans les voiles, l’Outaouais n’a jamais été une terre fertile pour sa Coalition Avenir Québec ni pour son ancêtre, l’Action démocratique du Québec.

Quant au Parti québécois de Jean-François Lisée, troisième dans les récents sondages, il n’est pas en état de menacer l’hégémonie libérale dans une contrée aussi fédéraliste que l’Outaouais.

Espérons que les élections provinciales forceront la ministre régionale Stéphanie Vallée et son caucus à défendre leur bilan de rigueur budgétaire. Sans adversaires politiques pour les critiquer ici, dans la région, ils l’ont eu facile ces 5 dernières années.

Puisqu’on parle d’élections, il y en aura aussi en Ontario en 2018, tant au palier provincial en juin prochain qu’au municipal, le 22 octobre.

Ça sent déjà les élections à Ottawa où le maire Jim Watson a été contesté comme jamais par l’aile gauche du conseil municipal lors du débat sur le déménagement de l’Armée du Salut à Vanier et des discussions sur le budget 2018.

Est-ce que ce sera suffisant pour ébranler un maire qui semble bien en selle après 7 ans au pouvoir, et malgré une crise d’appendicite qui l’a cloué au lit en fin d’année ? L’avenir nous le dira.

Une petite prédiction cependant : le débat sur le bilinguisme officiel s’invitera lors de la campagne à la mairie d’Ottawa, gracieuseté des libéraux provinciaux de Kathleen Wynne.

En quête d’appuis pour favoriser sa réélection, la première ministre de l’Ontario a multiplié les cadeaux aux francophones en cette année préélectorale. Dans le lot, ce projet de loi provincial qui vient préciser, à défaut d’affermir, le fragile statut bilingue de la Ville d’Ottawa.

En fait, ce projet de loi ouvre toute grande la porte à une enquête du commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, sur l’offre de services en français à la Ville d’Ottawa.

Parions que le maire Watson se trouverait fort embarrassé d’avoir à commenter pareille enquête durant une campagne à la mairie, surtout si elle contredit ses prétentions comme quoi le bilinguisme actuel est satisfaisant pour la communauté francophone…