Mark Stone est un joueur utile, fiable et constant. Mais est-il assez bien avec les Sénateurs pour vouloir s’associer avec eux pour une très longue période ?

Que pense Stone de tout ça?

CHRONIQUE / Tout le monde veut savoir si cette transaction facilitera les négociations avec Erik Karlsson.

Je l’ignore.

En ce moment, seul Karlsson sait à quel point il désire poursuivre sa carrière à Ottawa. Et Karlsson n’est jamais du genre à partager ses états d’âme avec la masse.

De toute façon, Karlsson n’est même pas le joueur dont je me soucierais le plus, si j’étais dans les souliers de Pierre Dorion.

C’est curieux, mais je serais très curieux de savoir ce que Mark Stone pense de tout ce qui s’est passé dans son lieu de travail au cours des derniers mois.

Stone n’est pas aussi spectaculaire que Karlsson, mais il est presque aussi efficace.

Il n’est pas aussi talentueux, mais il est aussi utile.

Stone est le meilleur attaquant de l’équipe. Il est aussi le joueur le plus constant et le plus fiable. Karlsson parti, il pourrait facilement lui succéder à titre de capitaine.

On ne parle presque jamais de lui. Pourtant, il pourrait assez facilement faire faux bond aux Sénateurs, lui aussi.

Dans le court terme, il ne risque pas d’aller bien loin. Il a besoin d’un nouveau contrat, cet été, mais il est joueur autonome avec compensation.

Il pourrait essayer de soutirer un long, lucratif et – surtout – bien mérité contrat à Pierre Dorion.

À condition, bien sûr, qu’il soit assez bien, dans le contexte actuel, pour vouloir s’associer aux Sénateurs pour une très longue période.

S’il n’est pas à l’aise, il n’a qu’à passer par l’arbitrage. Il obtiendrait alors un pacte d’une seule saison. Il pourrait alors compléter sa septième campagne professionnelle, célébrer son 27e anniversaire de naissance et se prévaloir de son autonomie complète à son tour.

Stone doit forcément avoir une opinion de tout ce qui se passe en ce moment. Il est plutôt actif, depuis quelques semaines, dans les réseaux sociaux. Il commente sur Twitter les tournois de golf de la PGA qu’il regarde dans son salon. Il se plaint – avec des photos à l’appui – des automobilistes qui se garent un peu trop près de sa voiture dans les stationnements des centres commerciaux. Il a un peu l’air de se tourner les pouces. Quand tu rates les séries, la saison morte peut être longue...

On va bien finir par le croiser, quelque part. Ce serait bien de lui parler, prendre de ses nouvelles, parler de sa vision des choses pour les cinq, six, sept prochaines années de sa carrière...

Pierre Dorion s’est fait enfariner. Il s’est empressé de se débarrasser de Mike Hoffman de façon à calmer le vestiaire. Il s’est défait d’un joueur de talent et n’a presque rien obtenu de bon en retour.

C’est la théorie qui s’est rapidement répandue, mardi matin.

Il est facile de tirer cette conclusion. Mikkel Boedker n’a pas franchi le plateau des 40 points depuis 2014. Julius Bergman a passé les trois dernières saisons à jouer sous le nez des dirigeants des Sharks. Il n’a jamais été rappelé des mineures. Pour ajouter l’insulte à l’injure, Dorion a laissé partir un choix de cinquième ronde pour mettre la main sur un choix de sixième ronde.

Règle générale, les équipes qui cherchent à laisser plus de place aux jeunes cherchent à avancer, pas à reculer au repêchage !

Il est facile de tirer cette conclusion parce que Dorion n’a pas pris le temps de s’expliquer. Il a peut-être d’autres arguments. Il pourrait offrir une vision différente de la chose. Mais il n’a pas encore parlé.

On a répondu au collègue Marc Brassard qu’il serait difficile de joindre le DG, mardi, étant donné qu’il devait passer une bonne partie de la journée à voyager.

On ne veut pas douter de la sincérité des gens, mais...

En 2018, la technologie permet d’organiser, assez facilement une conférence téléphonique.

Le directeur général qui a fini par faire l’acquisition de Hoffman, Dale Tallon, a trouvé le temps de parler avec les médias. Il doit lui aussi se rendre à Dallas pour participer au repêchage.

Je vous ai déjà dit le respect immense que j’ai pour Dorion. Cet homme très honnête a rendu de précieux services aux Sénateurs au cours de la dernière décennie, particulièrement au niveau de l’évaluation des jeunes espoirs.

Je vous ai aussi dit, pas plus tard que la semaine dernière, que les Sénateurs ont besoin de lancer un message fort à leurs partisans. L’équipe a besoin de porte-parole forts, pas de gens qui se cachent en attendant que la tempête passe.