Et si Ben Harpur était le partenaire tout trouvé pour Erik Karlsson ?

Quatre petites tâches toutes simples

CHRONIQUE / Durant les années où ils dominaient sans gêne l’Association Ouest, les Blackhawks de Chicago misaient sur un duo défensif de première qualité. Brent Seabrook et Duncan Keith étaient inséparables à la ligne bleue.

Seabrook, un joueur intelligent capable d’analyser et d’expliquer le jeu, avait l’habitude d’expliquer que son rôle se limitait à quatre choses.

Premièrement, il devait passer la rondelle à Duncan. Le plus souvent et le mieux possible.

Ensuite, il devait couvrir Duncan quand il décidait d’appuyer l’attaque.

En troisième lieu, il devait protéger Duncan contre des rivaux qui voulaient s’en prendre à lui.

Enfin, il devait passer la rondelle à Duncan.

Parfois, quelqu’un d’allumé pouvait remarquer un truc curieux. Dis-donc, Brent... Ne trouves-tu pas que la tâche numéro quatre ressemble drôlement à la tâche numéro un ?

Seabrook répondait alors qu’il ne s’agissait pas d’une erreur. Il avait le bonheur de jouer avec un des meilleurs défenseurs à caractère offensif sur la planète.

L’ami qui m’a raconté cette histoire, vendredi, m’a dit qu’il y avait possiblement une leçon pour Ben Harpur.

Le jeune géant des Sénateurs vient de prolonger de deux ans son association contractuelle avec les Sénateurs. Il a réussi à leur soutirer un salaire garanti de la LNH à compter de l’automne prochain, ce qui veut dire qu’il n’aura probablement pas besoin de renouveler son bail à Belleville.

Guy Boucher dit maintenant que Harpur devra trouver une façon de « voler le poste de quelqu’un d’autre ».

C’est une façon de voir les choses.

C’est peut-être juste une façon de lancer un défi à un de ses poulains.

C’est quand même curieux. Depuis mon siège, dans la tribune des journalistes, je remarque pour ma part qu’un poste est demeuré vacant toute la saison à Kanata. À peu près tous les défenseurs gauchers de l’organisation ont eu droit à une audition. Personne n’a réussi à s’accrocher.

Harpur pourrait-il saisir l’opportunité ? Pourrait-il devenir le prochain partenaire d’Erik Karlsson ?

Je sais. C’est un long shot. On parle ici d’un joueur qui a très exactement 31 matches d’expérience dans la grande ligue. Harpur, pour toutes sortes de raisons, n’a pas connu beaucoup de succès à Belleville, non plus.

Dans les séries éliminatoires du printemps dernier, il m’a néanmoins convaincu qu’il avait l’étoffe d’un joueur de la LNH. Des gens de l’organisation m’ont fait comprendre, il y a quelques mois, qu’ils continuent de croire en lui. De tous les défenseurs qui poussent dans la pépinière des Sénateurs, Harpur demeure celui qui aurait le plus de chances de finir dans le top-4.

Pour le reste, un petit retour en arrière s’impose.

Avant de vivre une véritable saison en mode « speed dating », Karlsson avait essentiellement eu deux partenaires réguliers depuis son arrivée dans la LNH.

Filip Kuba a joué le rôle pendant trois ans. Marc Méthot a pris le relais par la suite.

On parle ici de joueurs qui se ressemblent drôlement. Deux joueurs costauds, capables de bien patiner et de couvrir beaucoup de territoire. Des gars capables d’accomplir les quatre petites tâches de Brent Seabrook.

Harpur me semble capable de remplir toutes les cases. À lui de saisir l’opportunité.

Il y a quelques semaines, j’ai écrit dans cet espace que le départ de Mike Hoffman était imminent. J’en suis moins convaincu, maintenant.

Tous ces ailiers doués, sur le marché, compliquent les choses. C’est la loi de l’offre et de la demande. En plus, la complicité se développe avec Matt Duchene. Alors...