Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Jusqu'au Centre Bell, on se préoccupe de l’avenir des Olympiques.
Jusqu'au Centre Bell, on se préoccupe de l’avenir des Olympiques.

Quand le Centre Bell parle du Vieux-Bob...

CHRONIQUE / J’étais au Centre Bell, mercredi soir. J’ai fait une petite visite éclair, dans le grand temple du hockey, pour couvrir le match opposant les Sénateurs au Canadien.

Vous ne devinerez jamais quel sujet monopolisait les conversations, mercredi soir, dans le grand temple du hockey.

Au Centre Bell, mercredi soir, on me parlait constamment de ce qui se passait au Centre Robert-Guertin.

Pour vrai.

Au moment où les Sénateurs rendaient visite au Canadien, les Olympiques de Gatineau accueillaient l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Durant l’hymne national, le collègue Jean-François Plante a partagé une photo dans les réseaux sociaux. On pouvait y voir des sections entières des gradins pratiquement vides, derrière le banc du club à domicile.

Le Vieux-Bob était vide.

Jean-François fait partie des journalistes de hockey junior les plus respectés au Québec. Les gens de hockey qui fréquentent les hauteurs du Centre Bell le connaissent et le suivent. Sa photo, frappante, a vite fait le tour.

Tout le monde sait que les Olympiques traversent une période difficile. Rien de mieux qu’une photo, parfois, pour nous ramener la réalité en pleine face.

Que se passe-t-il chez les Olympiques ? me demandait-on.

Que voulez-vous répondre à cette question ?

J’ai passé une soirée dans un Centre Guertin pratiquement vide, plus tôt, cet automne. C’était le 2 octobre. La direction du club a annoncé une foule de 1223 spectateurs.

Le journaliste Jean-François Plante a partagé une série de photos du match des Olympiques contre l'Armada.

J’ai fait une recherche, c’était la plus petite assistance des 25 dernières années.

Ce mercredi, les Olympiques ont annoncé que 1361 personnes ont assisté au match contre l’Armada.

Jean-François a partagé une série d’autres photos, jeudi matin. Il nous montre différents coins du Vieux-Bob, durant la soirée.

On ne veut surtout pas douter de l’honnêteté des gens qui comptabilisent les entrées, mais...

Les 1361 fans n’étaient pas assis dans leurs sièges, au moment où JF est passé avec sa caméra.

***

Il n’y a pas qu’à Montréal où on se préoccupe de l’avenir des Olympiques.

Depuis Toronto, où il couvre le camp de sélection d’Équipe Canada Junior, le journaliste de RDS Stéphane Leroux a senti le besoin d’intervenir.

La situation est préoccupante, dit-il, mais elle n’est pas sans précédent.

Il nous donne l’exemple d’une autre franchise qui appartient aux piliers de la LHJMQ. À Chicoutimi, vers la fin des années 1990, les Saguenéens ont affronté les Remparts de Québec devant une foule de 375 personnes, paraît-il.

Puisque Stéphane s’y connaît, je me suis permis de lui demander comment on devait s’y prendre, pour redresser la barre.

Il m’a répondu qu’à Chicoutimi, les Saguenéens ont eu besoin d’un grand ménage. L’arrivée d’un nouveau groupe de gestionnaires a été nécessaire. Ce groupe était mené par Guy Carbonneau, un ancien joueur qui n’en pouvait plus de voir son ancienne organisation couler à pic.

Faudra-t-il que l’histoire se répète ?

Peut-on trouver, quelque part, une ancienne gloire hulloise qui se soucie toujours du sort du club de hockey numéro un, en Outaouais ?

Parce que c’est bien de cela, en bout de ligne, qu’il s’agit.

Les Olympiques ont longtemps constitué une source de fierté régionale.

On comprend que les temps ont changé et qu’une organisation ne peut plus régner, sans partage, sur la LHJMQ. Les Olympiques ne devraient pas, non plus, devenir le parent pauvre du circuit. Et c’est pour ça, précisément, que le reste du Québec porte attention à leur situation actuelle.