Erik Karlsson

Quand Erik Karlsson veut...

CHRONIQUE / Une image me restera longtemps en tête, quand je penserai à ce désastreux voyage que les Sénateurs viennent de compléter dans le centre des États-Unis.

Je conserverai l’image du troisième but marqué par le Wild du Minnesota, lundi, à la suite d’une performance pitoyable du club visiteur.

Durant une infériorité numérique, quatre joueurs attendaient l’adversaire en formant un mur à la ligne bleue. Mark Borowiecki était là, tout comme Alexandre Burrows, Gabriel Dumont et Erik Karlsson.

Dans 99 % des cas, les attaquants du Wild se seraient contentés d’envoyer la rondelle en fond de territoire pour ensuite tenter de la récupérer en appliquant une certaine pression.

Mikael Granlund et Matt Dumba ont choisi de prendre une chance. Ils ont été largement récompensés. Ils ont réussi à traverser tous les deux le mur avec une facilité déconcertante.

Comme un couteau dans une livre de beurre mou !

Seul devant la menace, le pauvre Mike Condon n’a rien pu faire.

Ma boîte de courriels va se remplir dans les prochaines heures. Les partisans des Sénateurs n’aiment pas qu’on critique « leur » Erik Karlsson.

Pourtant, un simple coup d’œil à cette séquence nous permet de voir à quel point il est coupable. Il a été le premier à se compromettre en s’avançant, sans conviction, vers le porteur du disque en territoire neutre.

Ce n’était pas sa première gaffe de la soirée. Il était aussi sur la patinoire, complètement dépassé, quand le Wild a ouvert la marque 45 secondes après la mise en jeu initiale.

Ce n’était pas sa première soirée difficile de l’année. Il présente le deuxième pire différentiel de toute la ligue, après tout.

Il est quand même chanceux, Karlsson. Dans cette saison de grosse misère, il peut compter sur le soutien indéfectible de plein de gens qui lui cherchent des excuses.

Il n’a pas été capable de s’entraîner comme il se doit, l’été dernier, durant sa convalescence. C’est vrai.

Il n’était pas au sommet de sa forme, en octobre, lorsqu’il a recommencé à jouer. Il a passé les premières semaines de la saison à faire du rattrapage. C’est sans doute vrai, également.

Quand il ne pouvait dominer comme il domine habituellement, il s’est laissé gagner par la frustration, ce qui fut contre-productif. Ça, c’est Guy Boucher qui le dit.

Moi, quand je regarde Karlsson, j’ai de plus en plus l’impression que l’indifférence s’installe et fait des ravages.

J’ai souvent l’impression de revoir le jeune homme immature et insouciant qui me faisait tant rager en 2013, 2014, 2015...

Ça me pose deux sérieux problèmes.

Pour commencer, tout a changé, l’an dernier, quand Karlsson a décidé de se comporter comme un véritable joueur de concession.

Karlsson a prouvé au monde entier qu’il était capable de bien paraître dans toutes les zones. Dans le détail, il a surtout montré qu’il était capable de devenir le leader qui pouvait traîner une équipe au complet sur ses épaules.

Impossible de revenir en arrière.

L’autre affaire, c’est que 2018 pourrait être une année charnière pour lui. En juillet, il pourra recommencer à négocier son prochain contrat. Il a clairement affiché ses couleurs. « Je veux être payé à ma juste valeur. » Comprendre, ici, qu’il rêve d’être rémunéré à la hauteur des plus grandes vedettes de la LNH. Comme Sidney Crosby, mettons.

Crosby a gagné la coupe Stanley trois fois et le trophée Conn-Smythe à deux reprises.

Elle remonte à quand, la dernière saison où Sid a laissé tomber son équipe en se mettant au neutre ?

Selon certains médias, un « grand pas » aurait été fait, dans la bonne direction, quand le groupe RendezVous LeBreton a conclu une entente avec la CCN pour la construction d’un amphithéâtre au centre-ville.

Moi, je dirais que c’est un « petit » pas.

Les responsables du groupe RendezVous disposeraient maintenant d’une période de quelques mois pour boucler leur montage financier.

La seule fois où Eugene Melnyk a parlé de ce montage, il s’est contenté de répondre qu’il sera « complexe » à ficeler. On attendra, juste un peu, avant de réserver les camions du Clan Panneton.