À ceux qui s’inquiètent du jeu de puissance des Golden Knights, souvent blanchi pendant le calendrier préparatoire, l’entraîneur-chef Gerard Gallant répond qu’il faut « continuer de mettre un pied devant l’autre ».

Prêts pour les Golden Knights?

CHRONIQUE / Une autre fusillade qui fait des dizaines de morts et des centaines de blessés pour nous rappeler qu’on vit dans un monde dangereux. Seule différence : elle survient dans une ville qui doit vivre cette semaine un événement important.

Las Vegas jouit déjà du statut de métropole culturelle et touristique. Alors qu’une nouvelle saison débute dans la Ligue nationale de hockey, elle deviendra également une ville sportive des ligues majeures.

La tuerie survenue dimanche soir, sur la strip, viendra forcément changer certaines choses.

Les Golden Knights préparent un grand rassemblement pour leurs partisans, mardi soir, au centre-ville. La mascotte de l’équipe doit entre autres y faire sa première apparition publique.

Aux dernières nouvelles, l’événement doit toujours avoir lieu.

À plusieurs égards, Vegas est déjà une ville de hockey.

Il suffit de consulter les médias locaux pour s’en rendre compte.

Les partisans, comme partout ailleurs, cherchent des moyens de payer le moins cher possible pour le stationnement.

Les journalistes, eux, s’inquiètent du rendement des unités spéciales.

Le jeu de puissance des Knights a été blanchi en cinq opportunités, dimanche, dans le dernier match du calendrier préparatoire. En fait, les unités spéciales ont été tenues en échec à leurs 21 dernières opportunités à cinq contre quatre.

Les joueurs et les dirigeants des entraîneurs doivent répondre aux questions gênantes. Pas de pitié pour le club d’expansion.

« Il est encore tôt. Il ne sert à rien de céder à la frustration », a réagi David Perron devant un reporter du quotidien Review-Journal.

Ce dernier a reconnu qu’il faudra quand même profiter des prochains jours pour tenter d’améliorer le rendement dans cette cruciale phase du jeu. « Il ne faudra pas négliger les petits détails. »

L’entraîneur-chef Gerard Gallant, qui est allé à la bonne école durant ses années à Montréal, tente pour sa part de calmer le jeu.

« De façon générale, lors du match de dimanche, j’étais satisfait. Quelques sorties de zone n’étaient pas à point, mais nous avons quand même bien fait. Je remarque une progression. Il faut continuer de mettre un pied devant l’autre. »

Quand la poussière sera retombée, on se demandera à quel point ces Knights seront outillés pour faire face à la compétition.

On a souvent répété, dans les derniers mois, que l’homme d’affaires Bill Foley a déboursé 500 millions $ US pour obtenir cette 31e franchise. En investissant une somme aussi importante, il a donné à son directeur général George McPhee les moyens de sélectionner une formation potable.

Entre 1991 et 2000, la LNH a connu une période de croissance très rapide. Parmi les neuf équipes qui se sont ajoutées au circuit de Gary Bettman durant cette période, les Panthers de la Floride ont connu la meilleure première saison. Ils ont remporté 33 parties et inscrit 83 points en 1993-94. Ils ont raté les séries éliminatoires par un seul point.

McPhee est déjà confronté à certains défis. Lundi midi, on comptait toujours 11 défenseurs – dont neuf gauchers – au sein de sa formation. Il faudra faire des choix déchirants d’ici le match inaugural qui sera disputé vendredi soir, à Dallas.

À l’attaque, James Neal se remet d’une blessure à une main. Il représente un cas douteux. En son absence, Reilly Smith, Jonathan Audy-Marchessault et la recrue de 30 ans Vadim Shipachyov pourraient former le premier trio.

LES TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Joe Thornton

L’entraîneur-chef des Sharks de San Jose, Peter DeBoer, a lancé des fleurs à Thornton, samedi. « Il a été notre meilleur joueur contre les Oilers », a-t-il déclaré. Qu’un vétéran domine un match préparatoire n’est pas trop surprenant. Sauf que Thornton est passé sous le bistouri, à la fin du mois d’avril. Deux ligaments étaient complètement déchirés dans un de ses genoux. On se demandait alors si Thornton pourrait un jour revenir au jeu. Le joueur, lui, était bien décidé. Il était certain qu’il serait dans la formation débutante pour le match inaugural de la saison 2017-18. Cette performance dans l’avant-dernier match préparatoire nous laisse croire qu’il remportera son pari. Le barbu vétéran a connu une baisse de production importante la saison dernière, mais il jure qu’il se sent bien. « Je suis un peu rouillé, mais mes jambes et mes poumons ont bien réagi à ce premier test », a-t-il dit.

2. Artemi Panarin

Le jeune attaquant russe n’a pas mis de temps à s’acclimater à son nouvel environnement. Il a récolté cinq points en quatre matches hors-concours avec les Blue Jackets de Columbus. Un très bon départ. Il avait l’air de s’amuser, aussi, lors de sa première mêlée de presse officielle avec les journalistes de l’Ohio. Le problème, c’est que les reporters n’ont savent toujours pas trop pourquoi. Panarin a discuté longuement avec ses deux interprètes – ses coéquipiers Vitalii Abramov et Matiss Kivlenieks - lorsqu’il a été question de sa supposée relation tumultueuse avec Patrick Kane, l’an dernier, chez les Blackhawks de Chicago. « Artemi fait dire qu’il pourra contrôler la rondelle et s’exprimer davantage », a simplement répondu Abramov. Les trois Russes ont poursuivi leur discussion entre eux, en rigolant. « Bonne entrevue », a finalement dit Panarin, en anglais, aux journalistes.

3. Samuel Morin

Certains joueurs doivent être plus patients que d’autres. Samuel Morin a fait preuve de patience, à sa sortie des rangs juniors. Il a passé deux saisons complètes dans la Ligue américaine. Le défenseur format géant de Lac-Beauport a récolté 35 points tout en passant 247 minutes au banc des pénalités durant son séjour chez les Phantoms de Lehigh Valley. Il sera maintenant récompensé. On lui a dit dans les dernières heures qu’il pourra enfin entreprendre une première saison dans la LNH. À Philadelphie, les Flyers tenteront de se débrouiller avec une brigade défensive particulièrement inexpérimentée. Ivan Provorov, Robert Hagg, Brandon Manning et Shayne Gostisbehere comptent tous deux saisons ou moins d’expérience. « Nous avons un plan à long terme, mais les jeunes joueurs doivent faire les choses correctement », jure le directeur général Ron Hextall.