Le clan Bertrand n’a pas dit oui d’emblée quand Stéphane, le propriétaire de l’entreprise, a proposé à sa famille ce projet fou d’abandonner la production de tomates pour celle du cannabis.

«Pot Inc.», du très bon stock

CHRONIQUE / Ils n’ont rien d’une famille de granos ou de l’image qu’on peut s’en faire. Et pourtant, les Bertrand de Mirabel, plus gros joueurs de tomates roses en Amérique du Nord, ont renoncé à leurs serres de tomates roses des 27 dernières années pour se lancer dans la culture de cannabis.

Leur histoire pas banale est joliment racontée dans l’excellente série documentaire Pot Inc., diffusée dès le mercredi 22 août à 20h30 sur la chaîne Moi et cie. Une œuvre tout à fait d’actualité, pour nous préparer à la légalisation de la marijuana, en vigueur à partir du 17 octobre prochain.

Le clan Bertrand n’a pas dit oui d’emblée quand Stéphane, le propriétaire de l’entreprise, a proposé à sa famille ce projet fou d’abandonner les tomates pour le cannabis. Très sceptique, sa fille Maryline a même menacé de démissionner. C’est l’entreprise ontarienne Canopy Growth qui a approché les Bertrand pour les convaincre de se lancer dans cette culture fort prisée dans les années à venir. Ça tombait bien, M. Bertrand craignait que les augmentations de salaires imposées par le gouvernement le forcent à réduire ses activités.

Il a fallu que les membres de la famille visitent l’usine de Canopy Growth à Smiths Falls pour se convaincre du sérieux de l’affaire, et pour éloigner les préjugés qu’ils avaient contre cette plante aussi médicinale que récréative. «On va sûrement passer pour des extraterrestres», a prévenu d’emblée Stéphane Bertrand, qui n’était pas un consommateur, bien qu’il pourrait se laisser convaincre, pour atténuer les douleurs de vilaines hernies discales. Réalisée par Arnaud Bouquet (Sexplora, Les vacances de Monsieur Bruno), la série de 10 demi-heures sera tournée jusqu’à la fin septembre, veille de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi. Une quinzaine de maisons de production à travers le pays ont approché Canopy Growth pour lui présenter un projet télé mais Déferlantes l’a emporté avec cette série sur les Bertrand.

La conversion de Moi et cie en chaîne consacrée entièrement aux histoires vraies, le printemps dernier, a été un véritable succès. L’émission la plus regardée, Les croque-morts, a récolté des parts de marché de 4,6 % chez les 25 à 54 ans, un résultat enviable pour une chaîne spécialisée, devant Face à la rue, la série de Jean-Marie Lapointe. L’automne s’annonce aussi bien avec des titres prometteurs, dont on nous a présenté des épisodes entiers au lancement de programmation de lundi.

Dans le lot, j’ai beaucoup aimé Infractions, docu-réalité sur des cas réels de personnes en voie de subir un procès pour des délits divers. Dans le premier épisode, diffusé le mercredi 22 août à 20h, une dame ayant commis un vol à l’étalage dans une boutique de vêtements tente d’obtenir une absolution inconditionnelle de la cour. On verra comment son avocate s’y prendra pour qu’elle s’en sorte sans dossier. Aussi, un homme accusé de cruauté animale voudra prouver en appel avoir voulu se défendre contre un chien qui s’est retourné contre lui.

Il y a quelque chose de très instructif dans cette série, dont les épisodes ne finissent pas toujours bien, comme dans la vie. Vous comprendrez parfois les motivations des fautifs, d’autres fois moins. Certains acceptent de montrer leur visage, d’autres préfèrent être voilés, que leur voix ou que leur look soient modifiés. C’est le cas de la dame accusée de vol, qui ne voulait pas perdre son emploi. On abordera aussi des cas de fraude, de harcèlement en milieu de travail et d’infraction routière, mais pas de crimes violents. Quatre hommes et deux femmes apparaissent parmi les avocats criminalistes, qui se relaient au cours de la série.

Autre grosse nouveauté : Liens rompus, où Étienne Boulay met en contact des gens séparés par un vieux conflit. On y aborde des situations très délicates, beaucoup plus qu’à Deuxième chance, par exemple. Au premier épisode, un père de famille souhaite revoir sa fille après huit ans loin d’elle. Il souhaite convaincre son ex-conjointe, avec qui ça s’est très mal terminé, de le laisser la revoir. À la fin de chaque émission, la personne contactée accepte ou refuse d’ouvrir la porte à l’autre personne. Et oui, il arrivera que la porte reste fermée. Première le mardi 21 août à 19h30.

Quelques autres titres plus tard en octobre : le documentaire Dave Morissette – arrêter le temps, où l’animateur fait le chemin de Compostelle avec son père et ses deux fils. Puis, dans la série Fentanyl : la menace, le rappeur et acteur Samian fait un portrait cru et troublant d’un fléau qui a déjà arraché trop de vies humaines.