Denise Bombardier

Pleins feux sur Denise Bombardier

CHRONIQUE / Doug Ford et Denise Bombardier ne se rencontreront probablement jamais. La romancière québécoise partage au moins un point commun avec le premier ministre ontarien : la capacité à mettre les francophones en contexte minoritaire dans tous leurs états en quelques heures. Avons-nous la peau trop sensible ? Denise Bombardier est-elle condescendante ? Faut-il encore parler d’elle ? Trop de questions.

Pendant que l’on fixe « la Bombardier », on en oublie le principal : les élections fédérales auront lieu le 21 octobre. Et alors que la campagne entre dans son dernier droit cette semaine, les enjeux pour les francophones en contexte minoritaire – un peu plus de 3 % de la population canadienne – ne font guère parler. Moins en tout cas que les déguisements de Justin Trudeau ou les passeports d’Andrew Scheer.

On peut tout de même se féliciter des cinq minutes consacrées à la modernisation de la Loi sur les langues officielles, lors du débat des chefs, jeudi dernier. Mais hormis des déclarations de bonnes intentions, nous n’avons pas appris grand-chose.

Affirmer que cette loi reste la moins respectée de la législation canadienne n’est pas une exagération. Il suffit de tenter de converser en français avec certains commerçants ou agents de sécurité de l’aéroport d’Ottawa pour en juger les manquements.

Pendant que l’on parle de Denise Bombardier, on oublie en somme qu’aucune amende, ni poursuite, ne s’appliquent contre ceux qui contreviennent aux droits des francophones. Le Sorry, I don’t speak french ne peut pas tout pardonner…

Se focaliser sur Denise Bombardier, c’est aussi ne pas évoquer l’enjeu crucial du bilinguisme des juges à la Cour suprême du Canada. Les libéraux de Justin Trudeau se cantonnent toujours à la promesse d’y nommer des juges bilingues, mais sans force de loi… Une position sur laquelle s’alignent les conservateurs. Considérant que l’élection se jouera entre ces deux partis, les choses risquent de ne pas changer.