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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Action Gatineau, le parti du maire Maxime Pedneaud-Jobin, a approuvé de l’étalement urbain cette semaine, au détriment de ses principes les plus sacrés.
Action Gatineau, le parti du maire Maxime Pedneaud-Jobin, a approuvé de l’étalement urbain cette semaine, au détriment de ses principes les plus sacrés.

Piler sur ses principes

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CHRONIQUE / C’est digne de mention : Action Gatineau, le parti du maire Maxime Pedneaud-Jobin, a approuvé de l’étalement urbain cette semaine, au détriment de ses principes les plus sacrés.

Je vous résume: un promoteur immobilier a dit au conseil municipal: laissez-moi construire mes maisons unifamiliales en bordure de l’autoroute 50. En échange, je vous donne deux terrains : un pour construire une école primaire, l’autre pour aménager un bassin de rétention.

Et le parti du maire a dit oui, à l’exception notable de Myriam Nadeau et de Isabelle N. Miron. Il a dit oui même si le service d’urbanisme a statué que ce projet encourage l’étalement urbain, que Gatineau n’a pas besoin de 1200 logements, dont une centaine de maisons unifamiliales à cet endroit-là, à ce moment précis de son développement…

Ahurissant.

Je trouve que ça dit quelque chose sur ce parti qui se cherche à la veille de perdre son chef, son fondateur et sans doute une partie de son âme avec le départ annoncé de Maxime Pedneaud-Jobin à la fin du présent mandat. La ligne de parti d’Action Gatineau, censée s’appliquer sur les grands principes, s’est brisée dans ce dossier comme une vague de coronavirus sur une campagne de vaccination…

Action Gatineau a l’habitude de prêcher la vertu et de faire la leçon à tout le monde sur les questions de développement du territoire et d’urbanisme. Tout ça au nom d’une vision très louable de développement durable, de protection de l’environnement et du patrimoine, de densification urbaine, de respect des terres agricoles, etc.

Pour des questions de principe, Action Gatineau a voté contre le hideux Destination Vanier, contre les tours Brigil, contre deux projets d’hôtel assortis de grands stationnements en bordure du Rapibus…

Je me souviens que le maire a même voté contre le dézonage d’une petite terre agricole de rien du tout, un lopin enclavé dans la zone urbaine, à côté du concessionnaire OB Prestige. Encore une fois par principe, pour bien souligner qu’on doit préserver les terres agricoles.

Alors de voir soudainement Action Gatineau approuver un quartier tout à l’auto, en bordure de l’autoroute 50, un quartier comme en construisait du temps de l’ancienne Ville de Gatineau, c’est digne de mention.

Un quartier qui coûtera probablement plus cher à desservir que ce qu’il rapportera en taxes municipales. Un quartier à l’opposé des grands principes défendus par Action Gatineau.

Comprenez-moi bien, je ne dis pas que c’est une mauvaise décision en soi. En échange de l’étalement urbain, la Ville de Gatineau hérite de deux terrains: un pour construire une école, un autre pour aménager un bassin de rétention qui réglera de graves problèmes de drainage dans le secteur. Dans l’ensemble, le conseil municipal a conclu que c’était un bon «deal», y compris le maire, y compris la conseillère Maude Marquis-Bissonnette habituellement très à cheval sur les principes.

Pour ma part, j’ai l’impression qu’on pellette des problèmes à venir pour régler des problèmes urgents. Comme l’a dit Isabelle N. Miron: On perpétue une façon de gérer notre ville qui nous a très peu servi dans le passé».

Toute cette histoire nous dit aussi que même Action Gatineau, au nom d’un certain «pragmatisme», est prêt à piler sur ses principes. À condition d’y mettre le prix. Dans ce cas-ci, une école primaire + un bassin de rétention = droit de construire des unifamiliales. Les promoteurs immobiliers en auront certainement pris bonne note.