Sébastien Lévesque

Petit papa païen

CHRONIQUE / Comme chaque année, alors que Noël approche, je me questionne sur ce que peut bien signifier cette fête pour les gens qui, comme moi, ne sont pas chrétiens ni croyants. Évidemment, on me répondra qu’il y a des lustres que la dimension religieuse de cette fête a été sacrifiée sur l’autel du consumérisme, mais il n’en demeure pas moins pertinent de se demander ce que nous pourrions faire pour « sauver » l’esprit de Noël. C’est ce à quoi j’aimerais réfléchir avec vous dans le cadre de mes chroniques du temps des Fêtes.

Noël est souvent décrit comme la fête de l’amour et du partage, mais est-ce toujours le cas ? Est-ce bien de l’amour que de passer du temps avec nos proches ? Et est-ce bien de la générosité que de leur offrir des cadeaux ? Je ne dis pas que nous ne faisons pas tout cela par amour, mais je me questionne néanmoins sur nos autres motivations. Comprenons-nous la véritable nature de l’amour, et qui plus est le sens profond de cette fête ? Voilà le genre de question que je me pose chaque Noël.

Pour illustrer mon propos, je vais vous parler du père Noël et de ce qu’il symbolise dans la culture populaire. Je ne suis pas un spécialiste du sujet, mais en gros, je crois comprendre que le père Noël est l’incarnation moderne de l’esprit de Noël, celui-là même qui met en pratique les vertus chrétiennes qui sont à l’origine de cette fête. Le père Noël, c’est ni plus ni moins la version païenne de Dieu. Tout comme Dieu, il « descend du ciel » pour distribuer les récompenses et pour répandre la joie. Mais tout comme Dieu, il peut aussi sanctionner les méchants en les privant de cadeaux.

Mais ce qui fait du père Noël un être d’amour au même titre que Dieu, c’est qu’il s’intéresse d’abord au sort des plus démunis et des exclus de la société. Pour peu que leurs intentions soient pures, tous les enfants méritent des cadeaux. Le père Noël aime tous les enfants également, sans distinction de race, de sexe ou de richesse. Et lorsqu’il punit, ce n’est pas par méchanceté ou par vengeance, mais par souci de justice.

Ainsi, pour perpétuer l’esprit de Noël, et ce, pendant toute l’année, ne faudrait-il pas veiller à ce que les nécessiteux ne manquent de rien ? Car passer du temps avec nos proches et leur offrir des cadeaux, c’est bien, mais c’est un peu facile. Ce qui l’est moins, en revanche, c’est d’accepter de réduire nos propres besoins afin de les harmoniser avec ceux des autres.

C’est dans cet esprit qu’au fil des années, j’essaie de faire de Noël une fête moins clinquante et superficielle. J’essaie de faire preuve d’humilité et de me souvenir que tous n’ont pas la même chance que moi et mes proches. Mais, pour tout dire, je crois que j’ai encore bien du chemin à faire pour comprendre et incarner le véritable esprit de Noël.

Et vous, que faites-vous pour honorer l’esprit de Noël ? Que signifie cette fête pour vous ? Vous pouvez m’écrire pour m’en parler... et m’inspirer.

Retour sur Dieu

Dans ma chronique, la semaine dernière, j’ai affirmé que Dieu n’existe – probablement – pas. Évidemment, cette affirmation n’a pas manqué de faire réagir certaines personnes, notamment des croyants. Je maintiens ma position, mais je me rends néanmoins compte que si j’avais pris la peine de bien définir ce qu’est Dieu, mon propos aurait certainement moins porté à confusion.

Dieu est un concept complexe et polysémique. Selon les croyances et les cultures, sa signification peut passablement varier. Dans mon texte, je faisais cependant référence à la définition la plus commune de Dieu, c’est-à-dire celle qui renvoie à l’existence d’un être transcendant et personnel. Le Dieu théiste, autrement dit. Un Dieu qui a créé le monde et qui veille sur nous. Ce n’est pas un Dieu indifférent ou impersonnel, comme dans le déisme ou dans le panthéisme, mais un Dieu qui intervient dans le monde et avec lequel nous pouvons entrer en relation.

Bref, c’est le Dieu des religions monothéistes, et c’est ce Dieu qui, selon toute vraisemblance, n’existe pas. C’est ce Dieu qui, s’il existait réellement, aurait forcément laissé quelques traces de son existence. Et c’est ce Dieu que les croyants défendent, mais sans aucune preuve tangible.