Patrick Duquette

L’odeur insupportable du parfum

CHRONIQUE / Je venais de convenir d’un rendez-vous le lendemain matin avec Ginette Langevin quand un doute m’a saisi.

« Dites-moi, Mme Langevin, je prends une douche le matin. Je ne mets pas de parfum. Mais est-ce que l’odeur du savon et du shampoing peut vous incommoder ? » Je l’ai sentie hésiter au bout du fil. Pour le savon, ça allait. Le shampoing, elle en était moins sûre.

Patrick Duquette

Ça joue dur à Gatineau

CHRONIQUE / Alors voilà, Maxime Pedneaud-Jobin a dégommé le conseiller Jocelyn Blondin de son poste de porte-parole de la Ville de Gatineau auprès du monde de l’éducation.

Il est capable de jouer dur, le maire de Gatineau.

Patrick Duquette

La maison des sourds

CHRONIQUE / Dis-moi, Michel, ça fera une différence dans ta vie, cette nouvelle maison des sourds à Gatineau?

Dès que l’interprète lui a traduit ma question en langue des signes, Michel Portelance s’est mis à gesticuler à toute vitesse. Je n’ai pas eu besoin de l’interprète pour comprendre sa réponse. Ses gestes disaient tout. Si ça fera une différence? Mets-en.

Duquette

Commençons par devenir amis

Après l’attentat de Québec, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a convoqué la tenue d’un sommet du vivre-ensemble à Gatineau pour discuter de l’intégration des immigrants.

Je suis allé y faire un tour vendredi.

Il y a eu de bons discours, dont celui du maire. De bonnes interventions, en plein dans le mille. Un peu de pelletage de nuages aussi. Il fallait s’y attendre. En partant, ce concept du vivre-ensemble est trop lisse pour faire des vagues.

Tout le monde est pour le vivre-ensemble. Prenez le débat sur le hijab dans la police. Au nom du vivre-ensemble, on peut aussi bien être pour (au nom de la tolérance) que contre (au nom de la préservation de notre identité).

En même temps, vaut mieux aborder ces questions délicates quand le climat est paisible. Voilà quelques semaines, le maire Pedneaud-Jobin est allé à Washington pour participer à une rencontre sur la sécurité et la lutte au terrorisme. Il y avait là les maires d’Orlando, de Charleston, de Las Vegas... des villes touchées par des attentats abominables.

Quand ce fut le tour du maire Pedneaud-Jobin de prendre la parole à Washington, il s’est senti obligé de s’excuser. «Désolé de vous dire ça, mais chez nous, ça va plutôt bien.» Justement, ont rétorqué les autres maires. Parlez de ces choses-là pendant que ça va bien. Parce qu’après un attentat, le climat n’est pas trop propice au dialogue et à l’amour mutuel.

Bref, c’était l’idée derrière ce premier sommet du vivre-ensemble.

Et c’est vrai que le portrait est plutôt rose à Gatineau. Le directeur du SITO, Robert Mayrand, avait de la misère à placer 20 immigrants en stage en 2002. L’an dernier, il a trouvé 324 stages! D’ailleurs, a-t-il dit, il est temps qu’on commence à voir les immigrants comme une force économique.

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Le ton consensuel de ce premier sommet du vivre-ensemble n’avait rien à voir avec l’exutoire collectif auquel ressemblait parfois la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.  Mais ce n’est pas parce que l’hostilité face à l’étranger ne s’y est pas manifestée qu’elle n’existe plus.

Le député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, peut en témoigner. Il me racontait avoir perdu patience, l’autre jour, avec un commettant. Le gars au téléphone était crinqué contre les demandeurs d’asile. «Le monsieur m’a dit: j’ai des problèmes avec toi pis ton gouvernement, raconte M. Fergus.

«Le monsieur est arrivé avec une liste de 22 choses que notre gouvernement ne fait pas bien et une autre liste que moi je ne fais pas bien. Ses récriminations portaient sur les demandeurs d’asile au Canada. Il disait que ça n’avait pas d’allure d’accueillir ces gens-là, qu’il faudrait construire des murs. Un moment donné, en l’entendant faire porter tous les maux du monde aux étrangers qui se présentent chez nous, j’ai… raccroché.»

M. Fergus l’a regretté.

«Après réflexion, je me suis dit que je n’aurais pas dû raccrocher. Il faut trouver une façon de dialoguer. Sinon, il va se créer des vases clos dans notre société. Et ce n’est pas bon pour la démocratie.»

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Le maire Pedneaud-Jobin a livré un bon discours. Il a parlé de son père qui a travaillé en coopération internationale: «Il a toujours eu des réserves importantes quant au proverbe qui dit que si on veut aider quelqu’un, il ne faut pas lui donner de poisson, mais plutôt lui apprendre à pêcher.

«Mon père m’a toujours dit qu’il manque une étape au proverbe. Qu’avant de se mêler de la vie de l’autre, avant de prétendre lui apprendre quoi que ce soit, lui imposer quoi que ce soit, même démocratiquement, il faut d’abord et avant tout devenir son ami. En jasant aujourd’hui, prenez aussi le temps de devenir des amis. Ça ne règle pas tous les problèmes, mais c’est le moyen le plus sûr de commencer à mieux vivre ensemble.»

Devenir des amis? Pourquoi pas. L’idée a du bon, tout comme ce premier sommet du vivre-ensemble. Ne reste plus qu’à convaincre le gars aux 22 récriminations de Greg Fergus d’y participer l’an prochain, et un bon pas aura été franchi.