Patrick Duquette

Le ghetto syrien d’Ottawa

CHRONIQUE / Ça ressemble à un ghetto.

Quand la première vague de réfugiés syriens est arrivée au Canada, en décembre 2015, le gouvernement fédéral a logé plusieurs familles dans deux grosses barres d’immeubles de la rue Donald, à Ottawa.

Patrick Duquette

La loi du plus fort

CHRONIQUE / Tout ce qui traîne se salit. C’est ce qui s’est passé au département de radio-oncologie de l’Hôpital de Gatineau.

Quelques médecins spécialistes ont imposé leur loi aux autres membres du personnel. Au fil du temps, il s’est installé une culture de blâme et de conflit. Un « climat de peur qui paralyse », comme le rapporte avec éloquence le comité ministériel qui s’est penché sur ce conflit interne au centre de cancérologie.

Le personnel n’osait pas dénoncer certains collègues qui en menaient large et qui gueulaient plus fort que les autres. Pas évident de porter plainte contre quelqu’un avec qui tu dois travailler étroitement tous les jours !

Il aurait fallu que la direction rappelle à l’ordre les médecins et les membres du personnel qui dénigraient, intimidaient et manquaient de respect à leurs collègues.

Mais la gestion n’a pas été à la hauteur. Elle a « manqué de courage », rapportent les auteurs du rapport. Plutôt que de rappeler les « bullies » à l’ordre, la direction a toléré l’inacceptable, jour après jour, pendant des années, sans intervenir.

C’est ainsi qu’il s’est installé une culture de méfiance et de non-collaboration au service de radio-oncologie, pourtant censé être l’un des fleurons de notre système de santé en Outaouais.

Et les patients qui souffrent du cancer dans tout ça ? Ils ont écopé.

Le rapport a beau dire que la « qualité des décisions et des traitements de radiothérapie n’apparaît pas compromise par le conflit », c’est difficile de croire qu’un climat de travail aussi pourri n’a pas d’impact sur la qualité des soins.

« Le conflit influence la rapidité d’exécution des tâches quotidiennes et des services aux patients », concèdent d’ailleurs les auteurs du rapport. Or voilà quelques mois, on apprenait que des patients atteints du cancer, dont le dossier devait être traité en moins de 24 heures, ont attendu plus d’un mois avant d’être suivis.

À la lecture du rapport, il devient évident que les médecins, les gestionnaires et le reste du personnel étaient trop à couteaux tirés pour collaborer avec un maximum d’efficacité dans l’intérêt des patients. Surtout qu’en médecine, c’est le travail interdisciplinaire qui donne les meilleurs résultats.

La réaction du Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l’Outaouais aux recommandations du rapport me semble appropriée.

À partir de maintenant, c’est tolérance zéro pour ce qui est de l’intimidation, du dénigrement et du non-respect. Il était à peu près temps qu’on applique cette politique qui devrait aller de soi dans n’importe quel milieu de travail.

Il faudra voir si le CISSS de l’Outaouais agira avec toute la détermination nécessaire. Le PDG Jean Hébert a montré beaucoup de fermeté vendredi, laissant entendre qu’il est prêt à voir partir certains médecins spécialistes si c’est pour améliorer le climat de travail. « On n’a pas besoin de médecins qui sont toxiques », a-t-il tranché en point de presse.

En même temps, faut-il s’étonner de voir des médecins dénigrer leurs collègues avec un ministre de la Santé comme Gaétan Barrette ? On l’a vu lors des conflits qui l’ont opposé aux médecins, le ministre  est lui-même assez porté sur les accusations, les menaces et l’intimidation. Avec un exemple pareil à la tête du ministère, pas étonnant que certains se sentent justifiés de jouer du coude avec leurs collègues

Chroniques

Les morts climatiques

CHRONIQUE / Une trentaine de personnes sont mortes de la chaleur au Québec jusqu’à maintenant. Souvent des personnes seules, des personnes avec des problèmes de santé mentale. Des gens qui se sont déshydratés dans la solitude de leur appartement surchauffé. Triste, mais triste!

Pourtant, ce n’est pas beaucoup, 33 morts climatiques.