La vaccination contre les maladies infantiles est obligatoire dans les écoles de l’Ontario. Mais il est possible d’obtenir une exemption en invoquant des raisons « philosophiques ou religieuses ».

Vaccination : trop facile d’être contre !

CHRONIQUE / Quand j’étais petit, il me semble qu’on écoutait le médecin.

Le doc nous disait de prendre telle pilule ? On prenait telle pilule. Il nous disait d’aller nous faire vacciner ? On allait se faire vacciner. Même si, comme moi, on avait une peur bleue des piqûres.

Le médecin possédait la science infuse. On ne songeait pas à remettre en question ses décisions. On les trouvait même un peu chiants, ces docteurs qui savaient tout sur tout !

Les gens croyaient en la science. Cette science qui s’attarde à prouver, de manière patiente et irrévocable, que tout ce qu’elle avance est vrai. La science demeure ce qui se fait de plus rigoureux en matière de recherche de la vérité.

Mais aujourd’hui ? On la remet en doute.

La science a beau nous dire que la vaccination est ce qui se fait de mieux en santé publique pour éradiquer de graves et dangereuses maladies, il s’en trouve pour la remettre en question.

L’actualité vient de nous en donner un autre bel exemple.

Ainsi, un grand nombre d’élèves des écoles publiques « alternatives » d’Ottawa ne sont pas vaccinés en raison des croyances de leurs parents, nous apprenait le Ottawa Citizen. Il faut savoir que la vaccination contre les maladies infantiles est obligatoire dans les écoles de l’Ontario. Mais il est possible d’obtenir une exemption en invoquant des raisons « philosophiques ou religieuses ».

Or quatre des cinq écoles ayant les plus hauts taux d’exemption en 2018-2019 offraient des programmes d’éducation alternative. La palme revient à l’école Trille des Bois, dans le secteur Vanier, où l’enseignement s’inspire de la méthode Waldorf. Dans cette école primaire, 11,26 % des élèves inscrits ont obtenu des exemptions pour des motifs « philosophiques ou religieux ». C’est énorme ! À titre de comparaison, le taux d’exemption moyen se situe sous les 2 % dans les quatre conseils scolaires d’Ottawa

Pourquoi cette résistance à la vaccination dans les écoles alternatives ? On l’ignore. L’article du Citizen trace un parallèle avec les écoles Waldorf de la Californie qui affichaient des taux de vaccination parmi les plus faibles de l’État. À Toronto également, les écoles alternatives obtiennent plus d’exemptions que la moyenne.

Tout ça alors que des éclosions de rougeole, tant au Canada qu’aux États-Unis, font la manchette ces dernières années.

L’époque où notre médecin nous disait ce qui était bon pour nous est révolue. Tant mieux ! Les patients se responsabilisent. Ils ont une vision plus critique des décisions concernant leur santé ou celle de leurs enfants.

Mais quand des écoles se soustraient aux programmes de vaccination, le danger est grand de créer des « poches » propices à l’éclosion de maladies presque complètement éradiquées comme la rougeole ou la coqueluche.

Les hésitations face à la vaccination représentent d’ailleurs l’une des principales menaces à la santé mondiale, selon l’Organisation mondiale de la santé. Pour vaincre cette méfiance aux vaccins, il ne suffit plus de démontrer que les avantages sont supérieurs aux risques. Médecins et scientifiques doivent contrer la désinformation qui se répand à la vitesse de l’éclair sur les médias sociaux.

Vous savez ce que je pense ? Qu’il faudrait rappeler aux gens à quel point une maladie comme la rougeole est mortelle. Savez-vous combien de gens en mourraient avant l’arrivée massive des vaccins ?

Deux millions par année, selon l’OMS. Deux millions de morts.

C’est si facile d’être contre la vaccination quand tu n’as plus tous ces morts en pleine face.