Le jeune ministre Mathieu Lacombe et son parti ont promis de grandes choses pour l’Outaouais.

Un vent d’ambition

CHRONIQUE / C’est rafraîchissant de discuter avec le nouveau ministre responsable de l’Outaouais et député de Papineau. Mathieu Lacombe a de l’ambition pour sa région. Une ambition qu’il n’hésite pas à exprimer spontanément, et sans complexe, en entrevue éditoriale avec LeDroit.

Le jeune élu caquiste et son parti ont promis de grandes choses à l’Outaouais. Un nouvel hôpital de 170 lits, une autoroute 50 plus sécuritaire et à 4 voies, de nouveaux programmes en éducation postsecondaire, un train léger dans l’ouest de Gatineau, et j’en passe.

Un gros programme. C’est à se demander s’il y aura assez d’argent dans les coffres de l’État québécois pour réaliser ces belles promesses. N’empêche, cela fait du bien d’entendre un ministre régional qui ose voir grand pour l’Outaouais. Même si ça lui vaut de se faire accuser de rêver en couleurs et de manquer de réalisme.

Bien installés dans la région depuis 40 ans, les libéraux des dernières années nous avaient habitués à un discours minimaliste et peu inspirant. Le gouvernement de Philippe Couillard niait l’existence de problèmes bien réels en Outaouais, comme le sous-financement chronique en santé et en éducation, ou encore les dommages que la réforme Barrette a causés dans les MRC les plus pauvres de l’Outaouais.

Juste d’entendre le ministre Lacombe dire que l’Outaouais a été négligée, qu’elle a du rattrapage à faire en matière de santé et de programmes d’éducation postsecondaire, c’est un vent de fraîcheur en soi. Les libéraux, par partisanerie ou par calcul politique, refusaient trop souvent d’aborder de front ces sujets controversés. Or comment régler des problèmes qu’on refuse même de nommer ?

Vous me direz que Mathieu Lacombe a beau jeu. Que c’est facile pour lui d’admettre des erreurs commises par le gouvernement précédent. C’est vrai. D’ailleurs, autant les libéraux semblaient avoir les deux pieds sur le frein, autant Mathieu Lacombe donne l’impression de sauter à pieds joints sur l’accélérateur. Au risque de foncer dans le mur !

Mathieu Lacombe admet que certains dossiers qu’ils croyaient simples à régler en campagne électorale sont plus compliqués qu’il n’y paraissait. Comme le rétablissement de l’urgence de Saint-André-Avellin ou encore la formation préparatoire en français des futurs étudiants de la faculté de médecine de l’Université McGill en Outaouais.

Mais son principal défi sera de convaincre les artisans du réseau de la santé de l’Outaouais que sa proposition de construire un troisième hôpital urbain d’ici 5 ans est pertinente et réaliste. Il n’a pas reculé là-dessus et croit toujours possible d’accoucher aussi vite d’un nouvel hôpital de quelque 325 millions. «On est persuadé que c’est la meilleure chose à faire et on veut tenir notre promesse», insiste-t-il en entrevue éditoriale.

Dans le milieu de la santé, plusieurs croient que le salut du système de santé de l’Outaouais passe plutôt par un agrandissement de l’hôpital de Hull, ainsi que des mesures extraordinaires sur le plan de la rémunération des professionnels de la santé. Le ministre Lacombe veut bien considérer l’avis des experts. Mais il y va d’un avertissement : «Ce ne sont pas les fonctionnaires qui mènent au Québec, ce sont les élus ! Si les élus décident qu’il faut un nouvel hôpital, il y en aura un.»

On verra bien, comme disait son chef, François Legault.

En attendant, on ne reprochera pas au ministre son excès d’enthousiasme. On sent que Mathieu Lacombe veut faire bouger les choses et accélérer certains dossiers. Il aura besoin de toute sa force de persuasion pour y parvenir.